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"Le père est une personne à part entière dans la grossesse" : une consultation dédiée encore méconnue par les généralistes

Elle existe depuis plus de 20 ans et pourtant, l'examen parental de grossesse dédié aux futurs pères n'a reçu une cotation spécifique (EPG) qu'en juin 2024. C'est dans ce cadre que les Dres Clémentine Wargnier et Flore Malrieu, médecins généralistes à Toulouse, ont présenté leurs travaux de recherche au congrès Wonca Europe. 

 

29/07/2026 Par Pauline Bluteau
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"Enfin, on s'occupe du papa, ça fait plaisir", s'avance une généraliste au micro disposé dans la salle du Palais des congrès Porte Maillot, à Paris. Les Dres Clémentine Wargnier et Flore Malrieu ont en effet présenté des travaux "complémentaires" qu'elles ont menés dans "le cadre du mémoire de DES de médecine générale" autour de la consultation dédiée aux primipères (futurs pères pour la première fois). L'une a recueilli les réactions des patients et la seconde, celle des médecins généralistes. Car même si cette consultation n’est pas nouvelle, elle reste confondue avec l'entretien prénatal précoce qui permet de recevoir les deux parents. L'examen parental de grossesse peut, lui, permettre de recevoir le père seul, pour "une prise en charge à 100 % au titre de la maternité, précise Flore Malrieu. Mais cette consultation est encore méconnue des médecins généralistes et son contenu reste assez flou".  

Pour leur travail de recherche, les deux praticiennes ont donc élaboré un guide à l'attention des médecins généralistes afin de les accompagner sur les thématiques à aborder pendant l'entretien. Elles proposent également un dépliant à remettre au patient pour lui fournir les informations nécessaires concernant la grossesse.  

La santé mentale, une thématique "pertinente" pour les futurs pères 

"Les pères présentent des besoins spécifiques et sont en demande d'une implication plus importante. La grossesse est un moment privilégié pour la prévention et le médecin généraliste a un rôle central, grâce à son rôle transversal au sein du couple pour faire bénéficier le père d’un accompagnement personnalisé et individuel", récapitule Flore Malrieu. Or, les résultats montrent que la thématique la plus plébiscitée lors de cette consultation reste la santé mentale. C'est en tout cas ce qu'indiquent les médecins interrogés. Pour les patients, elle reste tout de même au second plan puisqu'ils jugent plus important de se concentrer sur la santé mentale de la mère. "L'un d'entre eux a dit qu'il n'aurait pas osé aborder ce thème malgré la pertinence. […] Ce qui montre les difficultés pour les pères à trouver leur place pendant la grossesse notamment d'un point de vue psychique", souligne Clémentine Wargnier.  

Viennent ensuite les questions liées à l'accouchement, la santé physique et la sexualité. "Malgré l'implication croissante des futurs pères dans le parcours périnatal, peu de dispositifs leur sont destinés", poursuit la médecin généraliste. D'autres thèmes "moins familiers" aux médecins généralistes ont ainsi été abordés comme les droits du père ou les modifications physiologiques du corps de la femme. Mais les deux tiers des médecins interrogés se sont sentis à l'aise pour aborder au moins la moitié des thèmes, un tiers pour l'ensemble des sujets. "Cette consultation dédiée aux primipères en médecine générale est faisable et pertinente pour les futurs pères, elle met en avant des attentes fortes centrées sur la conjointe et l'enfant à naître", assure le Dre Wargnier.  

Un examen encore peu plébiscité 

Reste qu'une seule consultation semble insuffisante aux yeux des patients qui, pour la plupart, envisageraient une seconde consultation et ce, dès le premier trimestre de grossesse. "Tous les médecins généralistes ont jugé la consultation réalisable dans la pratique courante, mais 85 % estiment nécessaire un format de consultation longue, nuance Flore Malrieu. Aujourd'hui, la cotation EPG est à hauteur de 30 euros, c'est peu cohérent avec le temps nécessaire pour la consultation." 

Car pour les médecins généralistes comme les patients, le médecin traitant reste le plus à même de réaliser cet entretien pourtant encore assez méconnu. "L'entretien prénatal précoce est proposé au couple, le père est perçu comme un accompagnant or, cette consultation dédiée au père est intéressante pour avoir ce temps seul pour le père, où il est une personne à part entière dans la grossesse", pointe Clémentine Wargnier. Dans la salle, un participant évoque les initiatives des MSP vis-à-vis des groupes de pères. "On s'est rendu compte qu'il y avait beaucoup d'anxiété et de dépression chez le père, on voulait l'analyser, le mettre en perspective d’un point de vue individuel et non collectif", se défend Flore Malrieu.  

Les deux généralistes le constatent, cet examen reste anecdotique en pratique. Sur les 800-900 médecins contactés, seuls 14, majoritairement des femmes, ont répondu à l'appel. Miser sur la pluriprofessionnalité pourrait être un atout. "Souvent, le médecin généraliste arrive en troisième lieu après le gynécologue ou la sage-femme donc ça serait intéressant que les professionnels de santé puissent échanger entre eux pour orienter les patients."

Quant à la question du coparent plutôt que celui du père uniquement, les deux médecins se justifient en affirmant que leurs travaux sont censés "ouvrir la voie". Reste aussi à savoir comment accueillir et accompagner tous les patients venant de milieux socio-économiques différents. Ici, une grande majorité de cadres ont participé à l’étude. "Il y a une adhésion, maintenant il faut poursuivre les recherches à travers des études à plus grande échelle", tentent de convaincre les généralistes.  

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3 débatteurs en ligne3 en ligne
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Jean-Stéphane HOUOT
568 points
Débatteur Passionné
Psychiatrie
il y a 9 jours
si c'est important, même en étant medecin, j'ai vu il y a 30 ans mon épouse devenir tres agressive à partir du premier mois de grossesse et j'en ai beaucoup souffert. Elle avait peur ++ de sa grossesse (bien désirée par nous deux !) jusqu'au terme. Nous "les hommes", on ne nous dit RIEN sur le vécu, la fatigue, l'anxieté, la prise de poids, les vomissements le mauvais sommeil... de nos épouses et compagnes. idem pour les regles et aussi la ménopause !!! On ne nous explique RIEN (ni à l'ecole ni aprés) puisque le regard masculin est de ne PAS ETRE une femme. Etre un médecin(selon l'enseignement), c'est prendre une femme pour des bilans cliniques ( tailel, poids, ou biolgique (glycémie, fer et vitamine, vitalité du foetus), pas pour un être vivant différent et vivant différemment. La grossesse n'est pas une maladie, dit-on souvent, alors pour les hommes... c'est même un non-sujet devant "l'évidence" supposée et construite socialement. C'est un vrai scotome social. l' Education ratée, non agie, des hommes face aux variations et et l'expérience fondmentale des femmes en matiere de vie génitale et sexuelle. cela eviterait en grande partie le MEPRIS social et médical de symptomes féminins : migraines, douleurs pelviennes, insomnie, anxieté, variations de poids, et celui des enfants par procuration en prenant les mères pour des potiches décébrées à qui l'on confie en fait le soin de se taire ( et de calmer les gosses) car elles ne sont pas des hommes. Le privilège masculin est un désatre pour tout le monde : les femmes & les hommes adultes et leurs enfants
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PETIT BOBO
3 k points
Débatteur Passionné
Autre spécialité médicale
il y a 9 jours
Le carabin-primipère... ? Fin des années 60. J'étais alors externe en gynéco obstétrique, faisant fonction d'interne depuis plusieurs semestres . C'est mon chef de clinique qui suivait ma jeune épouse. Il me faisait confiance. Pour me valoriser aux yeux du Patron, il m'avait confié l'essentiel du suivi. L'ambiance du service n'était pas facile car le grand patron était un célèbre tenant du "Laissez les vivre". Il se méfiait de son personnel. Suspecté d'être de la graine des avorteurs. (mai 68 arrivait) Là où je sens que je me suis loupé, c'est que j'étais obnubilé par les difficultés de la grossesse (un placenta praevia). Ca se passait mal. Ca a duré. Ca c'est mal terminé. J'ai vécu ça en médecin investit par sa fonction. J'ai perdu de vu que j'étais le père du bébé qu'une JF allait perdre. Faut croire que mon attention, et ma présence auprès d'elle lui avaient suffit.car bien plus tard ma femme m'a dit que j'avais été "très bien" pendant sa première grossesse; mais je sais que je me suis loupé, (comme futur père). Et après ? 3 autres enfants. pas vraiment mieux car libéral surbooké (mais pas gynéco) arrivé quand c'était fait. Je me suis bien amélioré comme primi grand père.
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ROMAIN L
19,6 k points
Débatteur Passionné
Médecins (CNOM)
il y a 9 jours
N'est-il pas normal d'être stressé lorsqu'on est sur le point de devenir père ? Y a-t-il réellement beaucoup d'évolution vers un trouble anxiodépressif significatif ? Y a-t-il un intérêt démontré à faire du dépistage précoce ? Personnellement, je doute profondément de l'utilité de tout cela. Le temps des généralistes est précieux et devrait être utilisé à meilleur escient.
 
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