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"Peut-on accepter d'être reconnu un jour… puis désavoué après plusieurs années d'exercice ?" : la colère d'un kiné français diplômé à Malte

En décembre, le Conseil d'Etat a suspendu l'autorisation préfectorale d'exercice à deux kinésithérapeutes diplômés d'une école privée maltaise, l'UCM. Pour ceux qui exercent en France, parfois depuis plusieurs années, l'inquiétude plane. "Derrière ces décisions, il y a des vies : cabinets installés, engagements financiers, familles et patients qui comptent sur nous chaque jour", alerte un kiné formé à Malte et installé dans l'Hexagone, dans un courrier transmis à Egora.

Kiné
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"Depuis plusieurs semaines, certains articles affirment que le diplôme de kinésithérapie délivré par l'UCM Malte ne serait pas reconnu. Cette affirmation mérite une mise au point à partir d'un témoignage concret, loin d'être isolé.

Diplômé de l'UCM Malte depuis 2020, je rappelle que ce diplôme est reconnu par la MFHEA [Malta Further and Higher Education Authority, NDLR], seule autorité compétente à Malte pour accréditer les formations. Sa valeur académique est donc pleinement établie.

Je n'ai pas obtenu d'autorisation d'exercer à Malte, mais cela ne remet pas en cause mon diplôme. Depuis 2023, je travaille au Luxembourg (pays de l'Union européenne), où il a été reconnu sans difficulté.

Par la suite, j'ai engagé une procédure en France auprès de la DREETS [Direction régionale de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités, NDLR]. Cette démarche s'inscrivait dans un cadre institutionnel, la DGOS ayant encouragé et accompagné les démarches de reconnaissance et l’instruction des dossiers.

Après examen de mon dossier, j'ai obtenu une autorisation d'exercer en novembre 2024, puis mon inscription au tableau de l'Ordre des masseurs-kinésithérapeutes.

Depuis, j’exerce en France. Je me suis installé, j'ai développé une patientèle et j'exerce chaque jour avec engagement. Ce métier, je l'ai choisi, j’ai étudié pendant quatre ans pour cela. Mes stages ont été réalisés en France, dans des hôpitaux agréés par l'ARS, sous supervision de professionnels expérimentés.

Mais je ne suis pas un cas isolé. Nous sommes plusieurs diplômés de l'UCM Malte à avoir suivi ce parcours, obtenu des autorisations officielles et exercé légalement, avant d'être aujourd’hui remis en cause.

Après plusieurs mois, années d'exercice, une requête a été déposée devant le tribunal administratif : l'Ordre national des masseurs-kinésithérapeutes demande l'annulation de nos autorisations d’exercer.

Comment comprendre une telle situation ? Toutes les démarches ont été validées par les autorités compétentes, et ces mêmes parcours sont désormais contestés.

Au-delà des cas individuels, c'est une insécurité juridique majeure. Que deviennent les patients suivis depuis des mois ? Que leur dire ? Que l'administration s'est trompée ?

Derrière ces décisions, il y a des vies : cabinets installés, engagements financiers, familles et patients qui comptent sur nous chaque jour.

La solution proposée interroge : réintégrer une école française, repasser des tests d'admission et reprendre des études, pour ensuite repartir en stage, alors même que nous exerçons déjà ce métier avec compétence et responsabilité.

Ce que nous demandons est simple : cohérence, stabilité et respect de parcours validés et encouragés par les institutions elles-mêmes.

Peut-on accepter qu'un professionnel soit reconnu un jour… puis désavoué après plusieurs années d'exercice ?

Il est urgent d'apporter des réponses claires. Car au-delà des textes, c'est la crédibilité du système, la sécurité des patients et la confiance dans les institutions qui sont en jeu."

 
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