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Leur diplôme ne valait rien : une solution trouvée pour les étudiants kinés formés à Malte
Le diplôme des étudiants formés dans une école privée de Malte, l'UCM, n'étant pas reconnu par les autorités de l'île, ces derniers ne pouvaient le faire valoir dans aucun autre pays européen, y compris la France. L'Ordre s'était engagé à trouver une solution pour ces jeunes, c'est chose faite.
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En décembre 2025, deux kinésithérapeutes français s'étaient vus retirer leur autorisation préfectorale d'exercice sur décision du Conseil d'Etat. Leur diplôme maltais, délivré par l'UCM ("United Campus of Malta"), ne leur permettant pas d'exercer "légalement" à Malte, rien ne justifiait que leur exercice professionnel soit autorisé en France, avait ainsi tranché la plus haute juridiction administrative.
"Le préalable pour qu'un diplôme puisse bénéficier de la reconnaissance mutuelle entre les Etats membres de l'Union européenne, c'est déjà que le diplôme soit reconnu dans le pays émetteur du diplôme pour permettre d'exercer la profession", explique Pascale Mathieu, présidente du Conseil national de l'Ordre des masseurs-kinésithérapeutes (CNOMK).
A l'origine de ces procédures en référé, l'instance dénonce depuis 2014 "l'essor de formations privées opaques, souvent délocalisées à l'étranger, portées par des logiques lucratives, et ne répondant pas aux exigences de qualité requises pour l'exercice des professions de santé". Ces écoles, qui s'adressent principalement aux Français, contournent "les règles nationales et européennes encadrant la formation initiale".
"Les enseignements peuvent s'y faire entièrement à distance", comme c'était le cas à Malte, "les diplômes ne pas être reconnus localement et les étudiants engagés dans des cursus coûteux dont ils découvrent trop tard, lorsqu'ils tentent d'exercer la profession pour laquelle ils se sont investis, qu'ils ne pourront pas être reconnus", rappelait l'Ordre dans un communiqué, saluant les décisions du Conseil d'Etat, "un signal fort face aux dérives".
La présidente du CNOMK appelait toutefois à "une concertation rapide avec les différents acteurs publics pour trouver une solution qui permette aux diplômés d'entrevoir l'avenir de manière plus apaisée, tout en assurant la sécurité des patients". Une solution d'autant plus urgente que, depuis, "huit autres" agréments ont été suspendus. "Il y a potentiellement entre 60 et 80 cas", indique Pascale Mathieu à Egora.
Un arrêté publié le 9 avril au Journal officiel vient offrir un peu d'espoir à ces diplômés "dans l'impasse".
Le texte stipule que "les titulaires d'un diplôme de masseur-kinésithérapeute ou autre titre ou certificat dans les différents champs d'exercice de la kinésithérapie* […] délivré dans un Etat membre de l'Union européenne ou partie à l'Espace économique européen ne permettant pas l'exercice de la profession de masseur-kinésithérapeute dans l'Etat de délivrance du diplôme" peuvent désormais être "admis en institut de formation en masso-kinésithérapie et bénéficier d'une dispense partielle de scolarité pour l'obtention du diplôme d'Etat de masseur-kinésithérapeute, sous réserve de la réussite à des épreuves de sélection".
Concrètement, il ne sera pas obligatoire de recommencer entièrement le cursus.
Un principe qui se calque sur celui des "passerelles pour les extracommunautaires, explique Pascale Mathieu. On a un quota de 2 % par an de la capacité d'accueil des instituts de formation" pour ces étudiants. "Comme ils ne peuvent pas bénéficier de la libre circulation, une évaluation de leur niveau est faite avec une admissibilité et une admission et, à l'issue de ces épreuves, l'évaluation dit 'il faut les mettre en 3e année de formation en France ou en 4e année', par exemple."
Les nouvelles dispositions destinées aux jeunes formés dans l'UE mais dont le diplôme n'est pas reconnu par le pays de délivrance, comme ceux de l'UCM, seront applicables aux procédures d'admission en institut de formation de masseur-kinésithérapeute organisées en 2026, 2027 et 2028, précise l'arrêté. Il "répond à une situation particulière, qu'on aurait pu laisser pourrir […] mais on a préféré une voie plus humaine", conclut la présidente du CNOMK.
*(musculo-squelettique ; neuromusculaire ; cardiorespiratoire, vasculaire et interne)
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