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Deux chirurgiens condamnés pour la mort d'un enfant de 11 ans opéré par erreur d'une appendicite

Corentin Jeras, 11 ans, est décédé en 2024 des suites d'une opération qui a mal tourné. Les deux chirurgiens mis en cause ont été condamnés à de la prison avec sursis.

02/06/2026 Par Alexis Vignais
Faits divers / Justice
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Ils ont été reconnus coupables d'homicide involontaire. Des peines de 24 et 30 mois de prison avec sursis ont été prononcées ce mardi 2 juin à l'encontre de deux chirurgiens dans l'affaire Corentin Jeras, un enfant de 11 ans mort des suites d'une opération ratée de l'appendicite. 

Les faits remontent au 31 octobre 2014. Corentin Jeras, alors âgé de 11 ans, est pris en charge à la clinique Claude-Bernard de Metz pour des douleurs abdominales, diagnostiquées comme une appendicite aiguë. Mais ce diagnostic est erroné, des expertises médicales ayant démontré par la suite que l'enfant souffrait en réalité d'une colopathie fonctionnelle. 

L’appendicectomie, pratiquée le lendemain, tourne mal : l'aorte du jeune patient est incisée par erreur, provoquant un choc hémorragique, décelé trop tard. Après neuf heures passées dans le bloc opératoire à Metz, Corentin meurt le lendemain au CHU de Nancy, où il avait été transféré en urgence. 

"J’ai ma part de responsabilité" 

Fin avril, lors des réquisitions, le procureur avait souligné un ensemble de "fautes et négligences" et un "entêtement irrationnel" des deux chirurgiens, aujourd'hui tous deux âgés de 72 ans. "C'est un accident. J'ai ma part de responsabilité", avait reconnu à la barre le chirurgien qui a incisé l'aorte par erreur. "Je regrette en toute sincérité, je pense à Corentin et à [ses parents, NDLR] chaque jour", avait-il lâché à la fin de l'audience. Interdit d'exercer par l'Ordre des médecins pendant trois ans après ce drame, il a continué à pratiquer par la suite au Maroc. 

L'autre prévenu avait, lui, reconnu s'être "entêté" à vouloir sauver la situation en aidant son confrère, et estimé que "Corentin aurait pu être sauvé" si le chirurgien cardio-vasculaire de garde avait été appelé "plus tôt”

Dans le détail, le tribunal correctionnel de Reims a condamné le premier chirurgien à 30 mois de prison avec sursis, assortis d'une interdiction définitive d'exercer la médecine. Le second a été condamné à 24 mois avec sursis assortis d'une interdiction d'exercer la médecine pendant cinq ans. Des peines d'amende, de 15.000 euros pour le premier, et 8.000 euros pour le second, ont également été prononcées.  

[Avec AFP]  

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