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Tabac, sommeil, santé mentale… Ce que révèle le dernier baromètre sur la santé des Français

L'édition 2024 du baromètre de Santé publique France (SPF) a été publiée jeudi 11 décembre. Cette vaste enquête, réalisée depuis plus de 30 ans, offre de nombreux apprentissages sur la santé des Français.  

12/12/2025 Par Chloé Subileau
Santé publique
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Tabagisme, santé mentale, sédentarité, climat… L'édition 2024 du baromètre de Santé publique France (SPF), publiée jeudi 11 décembre, offre de nombreux apports sur la santé des Français. Actualisée tous les deux ans, cette vaste enquête s'intéresse à 20 grandes thématiques et permet d'éclairer "les enjeux de santé publique", précise l'agence, dans un communiqué. Pour établir ces résultats, 35 000 personnes de 18 à 79 ans ont été interrogées partout en France entre février et mai 2024. 

Ce baromètre "offre une photographie des comportements, connaissances et opinions de la population en lien avec la santé", déclare Caroline Semaille, directrice générale de SPF, citée dans le communiqué. Ces nouveaux résultats "vont permettre de guider les politiques publiques notamment en matière de prévention, éclairer les professionnels de santé, et informer chaque citoyen. Ces indicateurs vont également aider à identifier les populations les plus vulnérables, pour ainsi contribuer à réduire les inégalités sociales de santé", ajoute-t-elle.

Parmi les principaux enseignements de ce baromètre : la baisse du tabagisme. En effet, en 2024, seulement 25 % des 18-75 ans déclarent fumer dans l'Hexagone contre 32 % en 2021 ; 18 % fument quotidiennement (25 % en 2021). "Ces baisses s’inscrivent dans une tendance initiée en 2016", peut-on lire dans le baromètre, qui précise toutefois que "les inégalités sociales en matière de tabagisme restent très marquées".

Ainsi, "la proportion de fumeurs quotidiens est nettement plus élevée parmi les populations les plus défavorisées, elle est par exemple 2,1 fois plus élevée parmi les ouvriers que parmi les cadres (25,1 % vs 11,8 %)". 

Autre apprentissage : en 2024, 22,2% des adultes déclarent consommer de l'alcool "au-dessus des repères de consommation à moindre risque au cours des sept derniers jours" (30,3% des hommes et 14,6% des femmes). Cette proportion est stable par rapport à 2021. Les plus concernés sont, cette fois, "les personnes les plus favorisées en termes de diplôme et de situation financière perçue", précise le document.

Un tiers des adultes victimes d'insomnies

La question de la santé mentale a également été analysée dans cette étude. Il en ressort qu'en 2024, 15,6% des adultes de 18 à 79 ans ont vécu un épisode dépressif caractérisé (EDC) ; 6,3% ont été concernés par un trouble anxieux généralisé (TAG) au cours des 12 derniers mois. Enfin, un adulte sur 20 déclare avoir eu des pensées suicidaires au cours des douze derniers mois.

Dans ces différents cas, "les femmes, les jeunes adultes et les personnes précaires ou isolées sont les plus exposés". De plus, la gravité des EDC est plus forte chez les femmes et les adultes de 18 à 59 ans, avec un pic chez les 40-49 ans (7,1 % d’épisodes sévères), est-il détaillé.

D'autres thématiques, comme le sommeil, ont également été abordées dans ce baromètre. Il apparaît ainsi que le temps moyen de sommeil sur 24 heures déclaré par les adultes (18 à 79 ans) est de 7h32. Au total, "un tiers des adultes est en situation de plainte d’insomnie (difficultés à s’endormir ou réveils nocturnes) avec une proportion particulièrement élevée chez les femmes âgées de 70 à 79 ans (43,4 %)", précise l'enquête. 

La sédentarité a aussi été étudiée : en 2024, 28 % des adultes déclarent ainsi passer plus de 7 heures par jour en position assise. Une proportion qui excède 40 % chez les 18-29 ans, les personnes les plus diplômées et les cadres et professions intellectuelles supérieures. 

Par ailleurs, cet observatoire montre que les Français restent insuffisamment informés sur certains sujets de santé. Certes, un grand nombre - environ 80 % - des personnes interrogées se disent favorables à la vaccination. Or, ces chiffres montrent une forte baisse par rapport au début des années 2000 (91 %). 

La vaccination contre le Covid reste celle qui suscite le plus de réticences de la population française (25 %), suivie par celle contre la grippe (7 %) et contre les hépatites (2 %).  Là encore, "l'adhésion vaccinale [est] plus élevée parmi les personnes présentant un niveau d’éducation plus élevé et une meilleure situation financière", note le baromètre. 

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