@Sophie Animes/ Stock.adobe.com
Près d'un Français sur cinq prend des antibiotiques sans consulter son médecin : l'Assurance maladie lance une nouvelle campagne
Afin de lutter contre le mésusage des antibiotiques, l'Assurance maladie annonce lancer une nouvelle campagne à destination des Français. Les médecins généralistes sont invités à relayer le message auprès de leurs patients pour déconstruire les idées reçues et combattre les mauvaises habitudes, notamment en matière d'automédication.
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En 2002, l'Assurance maladie lançait le slogan "Les antibiotiques, c'est pas automatique", gravé dans l'esprit de bon nombre d'entre nous. Mais force est de constater que cela n'a pas été suffisant. Les mauvaises habitudes en matière de consommation d'antibiotiques semblent, en effet, avoir la vie dure. Selon un sondage Ipso/BVA*, un Français sur deux pense encore que les antibiotiques soignent la grippe et 4 sur 10 qu'ils traitent une rhinopharyngite. Ainsi, 18 % des sondés prennent des antibiotiques qu'ils ont chez eux sans consulter de médecin, et 11% les partagent avec un proche. Et ce, malgré les risques que cela comporte pour leur santé.
Alors que l'antibiorésistance est régulièrement qualifiée de "pandémie silencieuse" – l'OCDE estime que près de 238 000 Français pourraient en mourir entre 2015 et 2050 si rien n'est fait –, à peine plus de deux Français sur 10 se sentent concernés par ce phénomène. Six personnes sur 10 estiment que cet enjeu de santé affecte uniquement ceux qui en consomment beaucoup. Or, "chacun peut héberger une bactérie résistante, quel que soit son âge ou son état de santé et la transmettre à ses proches", rappelle la Dre Catherine Grenier, médecin-conseil nationale de l'Assurance maladie.
"C'est la consommation d'antibiotiques qui favorise la sélection de bactéries résistantes […]. Lorsqu'une infection bactérienne devient difficile à traiter, les options thérapeutiques se réduisent. Il faut alors parfois recourir à des antibiotiques de deuxième intention, susceptibles d'entraîner davantage d’effets indésirables. Dans certains cas, aucun des antibiotiques disponibles n'est efficace contre l'infection, qui aurait pu être simple à traiter avant l'apparition de cette résistance. À terme, c'est un pan entier de la médecine moderne que nous risquons de fragiliser", alerte-t-elle.
Selon l'Assurance maladie, on estime qu'entre 5 500 et 12 500 décès par an en France sont dus à des bactéries résistantes. Un nombre qui pourrait bien exploser à l'avenir.
Pour tenter de freiner le phénomène, l'Assurance maladie a décidé de recycler son slogan historique dans le cadre d'une nouvelle campagne intitulée "Les antibiotiques, c'est vraiment pas automatique". Réutiliser ce slogan, "c'est ancrer le message chez les plus jeunes tout en remobilisant celles et ceux qui le connaissent déjà, mais le perçoivent comme un principe d'un autre temps alors qu'il demeure permanent", explique la caisse dans un communiqué de presse.
Cette nouvelle campagne sera lancée ce vendredi 6 novembre et sera diffusée à partir du 8 novembre à la télévision, à la radio et sur Internet. "En amont du lancement, un courrier a été adressé à tous les médecins généralistes pour leur annoncer ce temps de sensibilisation et les équiper d'outils (affiche, sticker) afin d'informer leurs patients", précise l'Assurance maladie.
Après une hausse des prescriptions en ville en 2024, l'Assurance maladie constate une récente évolution "plus favorable". "La part de personnes dans la population ayant reçu au moins une prescription d’antibiotiques est passée de 41% à 38% entre 2024 et 2025", lit-on dans son communiqué.
*réalisé du 3 au 14 septembre 2026 auprès de 1 000 personnes âgées de 18 ans et plus.
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