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Les dépenses de santé représentent 14% des revenus, selon la Drees
Les Français ont un reste à charge moyen de 150 euros par an après remboursement par l'assurance maladie obligatoire et les complémentaires santé, selon une étude de la Drees, qui relève que les restes à charge pèsent davantage sur les personnes âgées et les ménages modestes.
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D'après des estimations de la Drees*, les dépenses de santé individualisables et présentées au remboursement de l'assurance maladie obligatoire représentent en moyenne 3 150 euros par personne. Après remboursement de l'assurance maladie obligatoire (AMO), le reste à charge atteint 610 euros. Les complémentaires santé en prennent en charge une grande partie, ramenant le reste à charge moyen à 150 euros par personne.
Sur ce montant, 120 euros sont liés à la liberté tarifaire, 20 euros aux franchises et participations forfaitaires et les 10 euros restants au ticket modérateur et au forfait journalier hospitalier, notamment pour les personnes non couvertes ou disposant de garanties insuffisantes.
Ces chiffres ne sont pas directement comparables aux estimations des comptes de la santé, qui évaluent le reste à charge moyen après complémentaire à 280 euros en 2023. En effet, le modèle de calcul de la Drees ne comptabilise que les dépenses de santé individualisables (ce qui exclut par exemple la rémunération des médecins sur des objectifs de santé publique) et présentées au remboursement de l’assurance maladie obligatoire (AMO).
Le niveau de vie joue un rôle important dans le montant des restes à charge. Après remboursement de l'AMO, celui-ci passe de 502 euros pour les 10 % des personnes les plus modestes à 799 euros pour les 10 % les plus aisées. Cet écart s'explique principalement par le recours plus fréquent aux soins soumis à la liberté tarifaire chez les ménages disposant des revenus les plus élevés.
Les remboursements des complémentaires réduisent ces différences, sans les faire disparaître, pointe la Drees. Le reste à charge final atteint ainsi 80 euros pour les 10 % les plus modestes, contre 250 euros pour les 10 % les plus aisés.
L'âge constitue un autre facteur déterminant. Après 70 ans, le reste à charge après remboursement de la complémentaire atteint 290 euros en moyenne, contre 80 euros chez les 20-39 ans. Il s'élève à 220 euros chez les 60-69 ans et à 150 euros chez les 40-59 ans.
Cette évolution s'explique notamment par des garanties moins avantageuses chez les seniors, qui perdent fréquemment les bénéfices de leur contrat collectif lorsqu'ils partent à la retraite et doivent souscrire une complémentaire individuelle. Les dépassements d'honoraires pratiqués dans certaines spécialités davantage consultées par les personnes âgées contribuent également à cette situation.
Les équipements dentaires, optiques et audiologiques représentent toujours près de la moitié du reste à charge après complémentaire, malgré la mise en place du 100 % santé. Pour les personnes de 70 ans ou plus, ces dépenses représentent notamment 50 euros pour les prothèses dentaires, 40 euros pour les prothèses auditives et 50 euros pour les équipements optiques, sur un reste à charge total de 290 euros.
La qualité de la couverture complémentaire joue également un rôle majeur. À tranche d'âge comparable, les personnes disposant d'un contrat privé parmi les moins couvrants supportent un reste à charge trois fois supérieur à celui des assurés bénéficiant des contrats les plus protecteurs. Les bénéficiaires de la complémentaire santé solidaire (C2S) sont, quant à eux, mieux protégés, avec un reste à charge moyen de 30 euros, qui n'est toutefois pas nul.
Si 80 % des personnes ne déboursent en moyenne que 40 euros après remboursement de leur complémentaire, 20 % supportent 580 euros et les 10 % les plus exposés, 910 euros. Les personnes atteintes d'une affection de longue durée (ALD) ne sont pas épargnées : malgré l'exonération du ticket modérateur, leur reste à charge moyen après complémentaire atteint 240 euros et grimpe à 870 euros pour les 20 % les plus concernés.
Au-delà des restes à charge, la Drees s'est aussi intéressée au poids global du financement des dépenses de santé dans le budget des ménages. En prenant en compte les prélèvements qui financent l'AMO, les primes versées aux complémentaires et les restes à charge après remboursement, l'effort financier atteint en moyenne 14 % des revenus en 2023.
En moyenne, les ménages consacrent 1 270 euros par an aux primes de complémentaire santé. Ce montant passe de 530 euros pour les 10 % les plus modestes à 1 630 euros pour les 10 % les plus aisés. Le reste à charge après complémentaire progresse également avec le niveau de vie, de 170 à 540 euros entre ces deux catégories.
Les ménages de moins de 65 ans contribuent ainsi de façon globale au financement de la santé à la hauteur de 16 % de leurs revenus, pour moitié via les cotisations sociales maladie et la contribution sociale généralisée (CSG). Les ménages de 65 ans ou plus, qui sont moins mis à contribution par les cotisations maladie et la CSG, contribuent à hauteur de 11 % de leurs revenus. Ils doivent, en revanche, s'acquitter de restes à charge et de primes d'assurance auprès des complémentaires santé, qui peuvent peser lourdement dans le revenu des plus modestes.
Les complémentaires santé augmentent généralement leurs tarifs avec l’âge des patients (pour financer les remboursements accrus dont ceux-ci bénéficient) et pratiquent rarement une tarification croissante avec le revenu. Peu de ménages âgés bénéficient en outre de la complémentaire santé solidaire (4 %). Le taux d'effort est ainsi de 15 % pour les ménages âgés les plus modestes, dont 7 % au titre des cotisations à une complémentaire santé, contre 10 % pour les ménages âgés les plus aisés.
Avant les transferts liés à l'assurance maladie, les ménages les plus aisés disposent d'un niveau de vie sept fois supérieur à celui des ménages les plus modestes. Après prise en compte des prélèvements et des prestations de l'AMO et de l'AMC, cet écart est ramené à un rapport de 1 à 5, calcule la Drees.
La complémentaire santé solidaire constitue toutefois une exception. Ce dispositif public bénéficie principalement aux ménages les plus modestes et participe à la redistribution des revenus. Les ménages appartenant aux deux premiers dixièmes de niveau de vie concentrent ainsi l'essentiel des prestations versées au titre de la C2S.
*réalisées à partir du modèle de microsimulation Ines-Omar 2023
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