L'aide médicale d'Etat aux migrants est "incompressible", selon Véran 

27/05/2021 Par Marion Jort
En réponse à une députée dénonçant une politique de santé “trop généreuse” concernant l’aide médicale d’Etat aux migrants, le ministre de la Santé a affirmé que cette dernière était une dépense “incompressible”.  
 

Objet de polémiques récurrentes, l'aide médicale d'Etat (AME) aux étrangers en situation irrégulière est une dépense "incompressible", a affirmé le ministre de la Santé Olivier Véran, en réponse à une députée de droite dénonçant une politique "trop généreuse" en commission des finances de l'Assemblée nationale, dans le cadre du "printemps  de l'évaluation des politiques publiques". 

Rapporteure sur les crédits "santé" du budget de l'Etat, Véronique Louwagie (LR) a d'abord jugé que "l'offre de soins proposée en France aux étrangers en situation irrégulière est très généreuse, et même trop généreuse". Additionnant l'AME et une dizaine d'autres dispositifs, principalement financés par la Sécu, la députée en a estimé le coût total à au moins 1,5 milliard d'euros en 2020. Trop cher pour la députée, qui a repris les revendications habituelles de la droite en faveur d'une AME "recentrée sur les soins urgents" et d'un tour de vis général afin de "dissuader une immigration irrégulière pour soins" dont elle n'a pas précisé l'ampleur. 

 

 

"De toute façon ces gens vont être soignés" car "le gros de l'AME, ce sont des situations de détresse", lui a répliqué Olivier Véran. Plus de 383.000 étrangers en ont bénéficié l'an dernier, pour un coût d'environ 900 millions d'euros, a-t-il précisé. "Ce n'est que la reconnaissance par l'Etat du fait que des soins sont accordés à des gens qui (en) ont besoin, c'est le principe de réalité", a-t-il insisté. “Il faut bien que quelqu'un paie, d'ailleurs à chaque fois qu'on rogne sur l'AME (...) ça alourdit considérablement la dette des hôpitaux, qui soignent à l'œil", a aussi estimé le ministre.  

Toutefois, selon le ministre, "il y a sans doute des abus de droit" et "des problèmes avec certains pays, notamment d'Europe de l'Est", qu'il "faut regarder avec lucidité". "Mais ce n'est pas la règle", a-t-il assuré. "On ne traverse pas la Méditerranée sur un barque de fortune parce qu'il y a l'AME et que les soins pour le diabète ne coûteront pas cher", a conclu Olivier Véran.  

[avec AFP]  

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