Les Trod Covid désormais autorisés dans les pharmacies et les cabinets

15/07/2020 Par Aveline Marques
Santé publique

Un arrêté publié au Journal officiel du 11 juillet autorise "à titre exceptionnel" les médecins de ville et les pharmaciens d'officine à réaliser des tests rapides d'orientation diagnostique (Trod). L'Ordre, le Collège de médecine générale et les syndicats de médecins libéraux ont fait part de leur opposition à cette mesure. "A titre exceptionnel et dans l'intérêt de la protection de la santé (…) les médecins ou sous leur responsabilité un autre professionnel de santé d'une part et, les pharmaciens d'officine d'autre part, peuvent réaliser les tests rapides d'orientation diagnostique sur sang capillaire de détection des anticorps dirigés contre le SARS-CoV-2 selon les recommandations de la Haute Autorité de santé", stipule cet arrêté. Jusque-là, seuls les laboratoires d'analyse médicale étaient habilités à pratiquer ces tests, qui détectent les anticorps dirigés contre le SARS-CoV-2, mais dont le résultat doit être confirmé par un test "conventionnel".

La liste des 51 Trod autorisés par les autorités sanitaires est disponible ici. Ils ne font pas l'objet d'une prise en charge par l'Assurance maladie, précise l'Union des syndicats de pharmaciens d'officine (Uspo), qui a milité pour cette mesure au nom de la mission de prévention du pharmacien. Après avoir consulté les organisations médicales concernées, le Conseil national de l'Ordre des médecins (Cnom) a, en revanche, émis un avis négatif sur l'arrêté. "Les Trod Covid-19 ne s’inscrivent pas dans le parcours individuel de prise en charge des patients par les médecins", estime le Cnom, dans un communiqué du 13 juillet cosigné par le Collège de la médecine générale, les CNP d'infectiologie et de biologie médicale, les syndicats représentatifs des médecins libéraux et des biologistes médicaux. "L’information devant accompagner le résultat du TROD est particulièrement délicate ; sa compréhension insuffisante pourrait être la cause d’une sensation de sécurité infondée pouvant conduire à une baisse 'd’autoprotection' en cas de positivité qui ne garantit aucune immunité, ou à une baisse de protection de l’entourage en cas de négativité qui ne garantit pas l’absence de contagiosité", souligne l'instance. Pour le Cnom, les Trod ne permettent pas non plus d'améliorer la "connaissance épidémiologique" de la maladie, car les résultats des tests réalisés par le médecin en ambulatoire ou le pharmacien en officine ne sont pas "colligés". Cette autorisation exceptionnelle n'est pas "justifiée par une difficulté d’accès aux tests diagnostiques biologiques de la Covid-19", insiste enfin le Cnom.

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