Le DMP répondra-t-il (enfin) à ses promesses en 2026 ?
[DOSSIER ENJEUX 2026] Les médecins ont l'obligation, depuis le 1er janvier 2024, de reporter dans le dossier médical partagé (DMP), à l'occasion de chaque acte ou consultation, les éléments diagnostiques et thérapeutiques nécessaires à la coordination des soins de la personne prise en charge. Face aux réticences, l'exécutif a tenté d'instaurer un régime de pénalité financière dans la LFSS 2026. Une mesure finalement censurée par le Conseil constitutionnel.
"Sur le papier, c’est une bonne idée d’avoir un dossier unique, complet, lisible et accessible tout au long de la vie d’un patient, observe le Dr Frédéric Villeneuve, président de la branche généralistes de la Fédération des médecins de France (FMF). Le problème, c’est qu’il s’agit d’un outil relativement lent et adapté de façon très hétérogène à nos logiciels métiers. Résultat : il est très peu utilisé." Pour preuve, la FMF a adressé un questionnaire aux médecins en octobre dernier en réaction aux articles 30 et 31 du PLFSS pour 2026, qui prévoyaient de pénaliser les manquements à l'obligation d'alimentation du DMP. Plus de 3000 réponses ont été reçues dont deux tiers déclaraient l’utiliser "rarement" ou "jamais".
Du côté des autorités sanitaires, on a évidemment une autre vision des choses. "97% des Français ont un DMP, et un tiers l’ont activé, fait valoir Claire Vigier, responsable du pôle Plateformes et usages numériques à la Délégation du numérique en santé (DNS). On y envoie 43 millions de documents chaque mois, l’hôpital envoie 73% des lettres de liaison…" Si elle reconnaît qu’il y a une "marge de progression", notamment en matière d’interopérabilité, elle assure que "tous les secteurs qui sont d’importants producteurs de documents sont pleinement engagés" dans le déploiement du DMP.
Par ailleurs, elle tient à relativiser l’impact de l’obligation de consultation et d’alimentation du DMP. "Ce n’est pas une sanction qui prévoirait d’envoyer une facture à tout médecin qui n’enverrait pas un document, mais plutôt une démarche d’analyse globale qui prévoirait d’agir si on n’atteint pas 70% de documents envoyés sur une période de trois mois, par exemple", indique-t-elle. Quant à l’obligation de consultation, il s’agit surtout, précise-t-elle, de mettre en place des alertes au sein des logiciels métiers pour signifier à un médecin qui envisagerait de prescrire une IRM, par exemple, qu’un tel examen a déjà été réalisé récemment. Ce régime de pénalité a finalement été supprimé du texte à la dernière minute, suite à la censure du Conseil constitutionnel.
Dans le cadre de la deuxième vague du Ségur du numérique en santé, vaste plan d’investissement de 2 milliards d’euros, l’année 2026 devrait s’accompagner d’importantes améliorations pour le DMP. "C’est une vague d’évolutions des logiciels qui va faire en sorte que le DMP soit plus facilement consultable depuis le logiciel métier", promet Claire Vigier en annonçant les premiers déploiements pour le deuxième trimestre 2026. Frédéric Villeneuve, de son côté, confirme que les espoirs sont importants par rapport à cette deuxième vague du Ségur numérique. "Si les attentes du terrain sont prises en compte, on peut avoir un outil utile, voire très utile", prédit-il.
Au sommaire de ce dossier :
-Les médecins généralistes auront-ils des docteurs juniors pour Noël 2026 ?
-Les ARS passeront-elles l'année ?
-Le lancement du Réseau France santé va-t-il relancer les négociations MSP et CPTS ?
-Logiciels utilisés par les médecins : le risque de cyberattaque ne faiblit pas
La sélection de la rédaction
Etes-vous prêt à stocker des vaccins au cabinet?
Fabien BRAY
Non
Je tiens à rappeler aux collègues que logiquement tout produit de santé destiné au public stocké dans un frigo, implique une traça... Lire plus