ordinateur

@Song_about_summer/ stock.adobe.com

Aide au diagnostic, prescription… Une étude dévoile ce que les médecins demandent à l'IA

L’entreprise française Synapse Medicine a lancé l’année dernière MedGPT, le ChatGPT des soignants. Le 17 mars, elle a publié un baromètre inédit pour analyser les questions posées à l’outil d’IA conversationnel par les professionnels de santé. Elles concernent principalement l’aide au diagnostic et à la prescription médicamenteuse.

27/03/2026 Par Mathilde Gendron
Intelligence artificielle
ordinateur

@Song_about_summer/ stock.adobe.com

Synapse Medicine lançait, en septembre dernier, MedGPT, le ChatGPT français dédié aux professionnels de la santé. La solution d’IA conversationnelle se présente comme un moteur de recherche spécialisé en santé. Il est aujourd’hui utilisé par plus de 65 000 soignants.

Ce 17 mars, l’entreprise dévoile un baromètre qui a permis d’analyser les usages des praticiens. D’après le communiqué de presse, les chercheurs ont analysé des centaines de milliers de questions posées en situation réelle pour produire une "analyse statistique agrégée et anonymisée d’un échantillon représentatif de ces requêtes".

La première interrogation consistait à savoir qui utilisait majoritairement l’outil. Il s’agit des "professionnels de santé en première ligne", dont les médecins et plus particulièrement les généralistes (52,6%). On retrouve aussi d’autres professions de santé comme les infirmières (15,1%) et les pharmaciens (13,7%).

L’étude s’intéresse également à ce qu’attendent les utilisateurs de MedGPT. Près de la moitié attendent une réponse directe et tranchée. 33,2% posent des questions factuelles, 16,4% des questions fermées appelant un oui ou un non, 7,1% demandent une liste structurée, 4,8% une synthèse, et 1,1% une référence bibliographique.

Source : Synapse Medicine

 

Dans leurs questions, les soignants attendent avant tout une aide au diagnostic (55,4%). Pour ça, les professionnels décrivent des symptômes cliniques pour obtenir une orientation (15,8%), soumettent des résultats d’examens afin d’en affiner l’interprétation (12,7%), cherchent la définition d’une maladie (11,6%), recherchent une démarche diagnostique structurée face à un cas complexe (10,2%).

Après l’aide au diagnostic, c’est la prescription médicamenteuse qui arrive en deuxième position (47,5%). Les soignants interrogent la solution technologique pour connaître les indications arrivant en tête (15,6 %), ou encore la posologie (10,2 %).

Un appui à la décision clinique en temps réel

Ces résultats "mettent en évidence le fait [que] l’IA est mobilisée au moment précis du doute clinique, face à un patient, pour confirmer une hypothèse, vérifier une prescription et sécuriser une décision avant d’agir", indique le communiqué. Près de la moitié des demandes attendent une "réponse claire et immédiatement actionnable".

MedGPT est donc utilisé comme "un appui à la décision clinique en temps réel, dans ces moments où un professionnel de santé doit trancher rapidement". L’étude montre en revanche que la solution technologique n’est pas utilisé pour de la veille scientifique ni de la formation continue.

Photo de profil de Michel Rivoal
Michel Rivoal
12,4 k points
Débatteur Passionné
Anesthésie-réanimation
il y a 2 mois
C’est assez curieux quand même! Bien sûr c’est une facilité. Pour autant les évènements récents montrent que META° a été condamné parce que son IA était addictive et avait trop tendance à vouloir faire plaisir à son interlocuteur. Je rappelle aussi à chaque fois l’étude de Michael Gerlich (Royaume Uni, 2025) sur les effets délétères sur la mémoire, la créativité et le sens critique. Alors on a tous utilisé les manuels de prescription ou de diagnostic quand on était interne. On a mémorisé et on a confronté à notre expérience et à l’expertise de nos maîtres puis celle des sociétés savantes au fur du temps et des congrès et conférences de consensus. Tout cela pour dire les controverses, les certitudes, les réserves et sans doute aussi les questions/réponses à ceux qui devenaient nos correspondants. Je me souviens encore avec une certaine émotion, d’un coup de fil passé à une collègue infectiologue à propos d’un problème complexe sur une patiente atteinte d'une rhombencéphalite listérienne qui me dit ne pas avoir de réponse immédiate mais va réunir son équipe et faire une séance de bibliographie. Elle m’a rappelé deux heures plus tard et son conseil m’a été précieux et sa disponibilité impressionnante. Alors, je reste prudent. Ce qui peut manquer à l’IA, ce n’est pas le fond de connaissances bibliographiques ni le traitement statistique des données. C’est la pertinence des choix dans les cas complexes (capacité à éliminer les fake) et l’avis empathique plutôt qu’éthique dans les cas difficiles. C’est aussi le coût du service rendu ("quand c’est gratuit, c’est toi le produit") et sa confidentialité. On peut compter sur « sa » mémoire des questions posées. Et pour les données du médecin et du malade, l’anonymisation n’est pas dans son programme: je crains les «captures du cloud». La lecture critique de ses réponses risque de prendre un temps fou et sans ce temps passé, on risque fort la «recette de cuisine». Autant lire la question sur le net, au moins, on saura ce que le malade aura déjà lu. C’est un peu réducteur, je le conçois mais l’utilisation de l’IA sans les garde-fous est pour moi encore prématuré, surtout dans le domaine de la santé comme aide au diagnostic et/ou à la prescription.
Photo de profil de Michel Rivoal
Michel Rivoal
12,4 k points
Débatteur Passionné
Anesthésie-réanimation
il y a 2 mois
C’est assez curieux quand même! Bien sûr c’est une facilité. Pour autant les évènements récents montrent que META° a été condamné parce que son IA était addictive et avait trop tendance à vouloir faire plaisir à son interlocuteur. Je rappelle aussi à chaque fois l’étude de Michael Gerlich (Royaume Uni, 2025) sur les effets délétères sur la mémoire, la créativité et le sens critique. Alors on a tous utilisé les manuels de prescription ou de diagnostic quand on était interne. On a mémorisé et on a confronté à notre expérience et à l’expertise de nos maîtres puis celle des sociétés savantes au fur du temps et des congrès et conférences de consensus. Tout cela pour dire les controverses, les certitudes, les réserves et sans doute aussi les questions/réponses à ceux qui devenaient nos correspondants. Je me souviens encore avec une certaine émotion, d’un coup de fil passé à une collègue infectiologue à propos d’un problème complexe sur une atteinte rhombencéphalique d’une listériose qui me dit ne pas avoir de réponse immédiate mais va réunir son équipe et faire une séance de bibliographie. Elle m’a rappelé deux heures plus tard et son conseil m’a été précieux et sa disponibilité impressionnante. Alors, je reste prudent. Ce qui peut manquer à l’IA, ce n’est pas le fond de connaissances bibliographiques ni le traitement statistique des données. C’est la pertinence des choix dans les cas complexes (capacité à éliminer les fake) et l’avis empathique plutôt qu’éthique dans les cas difficiles. C’est aussi le coût du service rendu (quand c’est gratuit, c’est toi le produit) et sa confidentialité. On peut compter sur « sa » mémoire des questions posées. Et pour les données du médecin et du malade, l’anonymisation n’est pas dans son programme: je crains les « captures du cloud ». La lecture critique de ses réponses risque de prendre un temps fou et sans ce temps passé, on risque fort la « recette de cuisine ». Autant lire la question sur le net, au moins, on saura ce que le malade aura déjà lu. C’est un peu réducteur, je le conçois mais l’utilisation de l’IA sans les garde-fous est pour moi encore prématuré, surtout dans le domaine de la santé.
Photo de profil de B M
B M
7,4 k points
Débatteur Passionné
Médecine générale
il y a 1 mois
Franchement c'est bizarre. Quand on essaie l'IA, c'est dans des situations très compliquées. Et franchement, l'IA donne systématiquement des réponses très basiques auxquelles on a déjà pensées sans même réfléchir. Ca vole pas haut.
 
Vignette
Vignette

La sélection de la rédaction

Histoire
De jeune médecin inconnu à bourreau… Un historien retrace le parcours de Mengele, "l'Ange de la mort"
07/05/2026
0
Témoignage
Après la leucémie de son fils, elle se lance dans des études de médecine : "J'ai voulu redonner ce qu’on m...
05/05/2026
3
Témoignage
"Ma concentration ne dépassait pas les 30 minutes" : médecin généraliste, elle raconte "l'enfer" de son burn...
15/04/2026
22
Enquête Gynécologie-Obstétrique
Mal payés, épuisés, trop exposés : les gynécologues désertent les maternités
02/04/2026
16
Maladies rares
Qu’est-ce que le syndrome de Moersch-Woltman, dont est atteinte Céline Dion ?
01/04/2026
14
Chirurgie
Grands brûlés : les défis de la reconstruction cutanée
06/03/2026
3
La Revue du Praticien
Diabétologie
HbA1c : attention aux pièges !
06/12/2024
2