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"A peine plus de 7 euros qu'une consultation de psychologue" : les psychiatres libéraux se sentent "déconsidérés" par la Cnam

Alors que la Cnam propose de revaloriser la consultation du psychiatre de secteur 1 à 57 euros, contre 50 euros pour les psychologues du dispositif MonSoutienPsy, le Syndicat national des psychiatres privés (SNPP) s'interroge : "est-ce là le choc d'attractivité promis?"

15/05/2024 Par Aveline Marques
Psychiatrie
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"Depuis le début des négociations conventionnelles, la psychiatrie a systématiquement été citée comme une priorité des revalorisations à mettre en place" rappelle le SNPP dans un communiqué diffusé ce mercredi 15 mai, à la veille d'une séance décisive de négociations à la Cnam. Mais le résultat, traduit par le projet de convention adressé la semaine dernière aux syndicats, déçoit les psychiatres libéraux. Non seulement l'accès direct, promis par Gabriel Attal début avril (sur le mode de l'expérimentation) n'y figure pas, mais la consultation psychiatrique ne serait revalorisée que de 7 euros en secteur 1 et Optam, pour atteindre 57 euros. "Rien n'est chiffré pour l'acte de secteur 2" mais le syndicat redoute un tarif de 47.80 euros.

Une proposition d'autant plus inacceptable pour le SNPP que dans le même temps, les psychologues participant au dispositif MonSoutienPsy se voient octroyer un tarif de 50 euros (soit +66% d'augmentation), en accès direct, pour des "souffrances mentales légères non pathologiques". "A peine 7 euros de plus qu’une consultation de psychologue pour faire la psychothérapie des cas pathologiques sévères, avec comorbidités, responsabilité médicale, diagnostic, diagnostic différentiel, prescription médicamenteuses, arrêts de travail, courriers administratifs et de liaison, etc. Est-ce là le choc d’attractivité promis ?", interpellent les psychiatres libéraux.

Le syndicat déplore par ailleurs la faiblesse de la rémunération proposée pour la psychiatrie pédiatrique. En secteur 1 et Optam, le total CNP+MCS+MPF+MP atteint 97 euros "pour des consultations en moyenne d’une heure", ce qui "reste inférieur à deux consultations de psychiatrie adulte (en moyenne 30 minutes". "La tarification incite donc à privilégier la psychiatrie adulte… alors qu’on ne cesse de parler de l’aggravation de l’état de santé mentale des jeunes", dénonce le SNPP. Quant à la psychiatrie du sujet âgé, elle est "encore oubliée", pointe-t-il.

Se sentant "déconsidérés" par la Cnam, les psychiatres du SNPP exigent que la "promesse du choc d'attractivité en psychiatrie soit tenue" avec des honoraires pour tous "significativement plus élevés pour les psychiatres" que pour les psychologues, une consultation de pédopsychiatrie et psychiatrie du sujet âgé "au prorata de la moyenne réelle des durées de consultation" et un "accès direct spécifique à tout âge".

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Adélaïde Fellet
50 points
Psychologue
il y a 2 ans
Bonjour. Je suis psychologue conventionnée. Parlons chiffres maintenant puisque ce sont les chiffres qui nous intéressent. Je consacre en moyenne 45 minutes par patient (30 minutes et 15 minutes administratives consacrées à la transmission des documents et tenue du dossier). La consultation est à 30 euros. Durant ce temps je dois rédiger une feuille de soins car la CPAM ne nous permet pas de télétransmettre. Nous, psychologues conventionnés, nous ne nous en sortons pas en étant 100% en libéral, en ne recevant que des patients remboursés. La plupart vous diront qu'ils sont obligés d'être salariés à mi-temps, de ne recevoir que 30 à 50% de patients remboursés, qu'ils doivent faire des listes d'attente pour les patients remboursés car s'ils ne recevaient que cette patientele ils ne s'en sortiraient pas. Nombreux sont ceux qui exercent à leur domicile pour réduire leurs charges. Parlons également des situations de tiers payant avec les feuilles de soins, qu'il faut envoyer à la Sécurité sociale, des erreurs constantes, qui font qu'en réalité je ne suis payée que 18 euros pour une consultation tiers payant, que je dois passer 20 minutes au téléphone avec la CPAM pour qu'on me verse ce qui manque, que je n'ai aucun moyen de savoir si le patient en tiers payant a déjà bénéficié des séances qui lui ont été prescrites, je travaille donc à l'aveugle, sans jamais savoir si je vais pouvoir être payée. STOP A LA DESINFORMATION ARRETEZ DE FAIRE CROIRE QUE LES PSYCHOLOGUES SONT PRIVILEGIES. Merci d'aider les psychologues à améliorer leurs conditions. MG France s'oppose également à l'amélioration de notre situation.
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Fabien BRAY
8 k points
Débatteur Passionné
Médecins (CNOM)
il y a 2 ans
On se sent tous déconsidérés par ces consultations à 50€ remboursées. Et à titre personnel je connais beaucoup de consœurs et confrères qui seraient ravi(e)s de passer 30min avec leurs patients pour 6€ bruts de moins par heure. La sécu est directement pilotée par le politique, je doute de plus en plus de la pertinence de discuter avec elle.
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Suzanne 42
961 points
Débatteur Passionné
Médecine du travail
il y a 2 ans
Certains psychologues bénéficieraient-ils en cette affaire de la prime à la suffisance, pendant d’ignorance, que semblent cultiver nos minuscules puissants ?
 
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