Alerte

Nouvelle baisse de leurs tarifs : les biologistes dénoncent la "surdité" de la Cnam

Les syndicats de biologie médicale privés et publics continuent de protester contre la baisse de leurs tarifs envisagée dès septembre par l'Assurance maladie. Sans ouverture de nouvelles discussions, les représentants du secteur menacent d'engager des "actions dures et pérennes".  

 

20/08/2024 Par Chloé Subileau
Biologistes
Alerte

Leur "cri" est resté sans réponse. Alors qu'ils s'inquiétaient fin juillet d'une nouvelle baisse de leurs tarifs imposée par la Cnam, les syndicats des biologistes médicaux privés et publics semblent ne pas avoir été écoutés. "L'Assurance maladie reste sourde [à notre] cri d'alerte […] en affirmant que le protocole d'accord signé le 23 juillet 2023 doit être appliqué brutalement, sans recourir à des ajustement ou clauses de sauvegarde présente[s] dans le protocole, et alors que les estimations données par la CNAM elle-même lors de la signature étaient gravement faussées […] pour les années 2022-2023", écrivent les syndicats de biologistes* dans un communiqué, diffusé lundi 19 août.

Le 31 juillet déjà, ces syndicats dénonçaient la décision de la Cnam de réduire leurs tarifs de 9,4% en septembre 2024 – soit 360 millions d'euros de baisses supplémentaires par an. Selon les syndicats, l'Assurance maladie leur aurait annoncé en juin que l’accord triennal 2024-2026 signé l’année dernière, avait été construit sur des données erronées pour les dépenses 2023 et les prévisions de croissance 2024.

Des erreurs qui ont poussé la Cnam à vouloir réviser les tarifs des biologistes. Or, les syndicats du secteur ont déjà accepté une baisse des tarifs de 7% en 2023, puis de 4% au 1er janvier 2024. Une nouvelle réduction est, pour eux, inacceptable. "En ville comme à l’hôpital, la situation financière est déjà fortement dégradée, et cette baisse aura un impact majeur sur l’organisation des soins et la prise en charge des patients. En moins de deux années, cela va être 20% de baisses de cotations d’actes", insistent-ils.

 

Un recours en justice déposé

"Aujourd’hui, les liens de confiance avec la Cnam sont rompus et les relations conventionnelles plongées dans un abîme incertain", affirment les syndicats. "La biologie médicale ne peut pas financer seule l’accroissement des examens biologiques qui sont prescrits, et qui est en lien avec le vieillissement de la population et les progrès médicaux", poursuivent-ils, pointant par ailleurs la progression "constante" des charges auxquelles la profession doit faire face (coûts énergétiques, inflation des coûts salariaux, investissements matériels et numériques…).

Sans demander "de financement supplémentaire", les syndicats de la biologie médicale privés et publics souhaitent un "partage juste et équitable de l'accroissement des volumes avec l'Assurance maladie". Mais sans ouverture de nouvelles discussions avec la Cnam, prenant "en compte la réalité des chiffres", "des actions dures et pérennes seront engagées", préviennent-ils. Fin juillet, les syndicats menaçaient notamment de fermer les sites plus fragiles, notamment ceux situés dans les déserts médicaux, ou de réduire leurs temps et jours d'ouverture.

Les syndicats ont, par ailleurs, annoncé avoir déposé un recours au tribunal administratif de Paris.

 

*Syndicat national des médecins biologistes (SNMB), Les Biologistes médicaux (Les BIOMED), Fédération nationale des syndicats de praticiens biologistes hospitaliers et hospitalo-universitaires (FNSPBHU), Syndicat national des biologistes des hôpitaux (SNBH), Syndicat des biologistes (SDBIO), Syndicat des laboratoires de biologie clinique (SLBC) - Syndicat national des médecins biologistes des CHU (SNMB-CHU).

Faut-il supprimer les ARS ?

Marie GILARDI

Marie GILARDI

Oui

Leur communication est opaque Ils ne comprennent rien au terrain Ils ont une logique comptable Ils ont et ont participé à la... Lire plus

10 débatteurs en ligne10 en ligne
Photo de profil de Dominique Chapuis
Dominique Chapuis
299 points
Incontournable
Médecine générale
il y a 2 ans
Du fait de la sclérose des cerveaux des la cnam est depuis les dernières années en longue maladie / elle est sourde effectivement, aveugle, a une communication stalienne, radine, voir méchante/ Personne jusqu'a présent à personne songe à la guérir car il n’y a pas de médecin à la cnam (également pour elle ) tous le monde a sa petite idée mais ça ne fonctionne pas sauf qu'il y a de beaux projets dont un tout petit pourcentage permet de passe le cap de la rentabilité ' ca c'est un gros mot( je suis un peu en colère) bonne lecture)
Photo de profil de HENRI BASPEYRE
HENRI BASPEYRE
15,4 k points
Résistant
Chirurgie générale
il y a 2 ans
les labos survivants seront rachetés par de gros consortiums cf les cliniques privées
 
Vignette
Vignette

La sélection de la rédaction

Témoignage
"Ma concentration ne dépassait pas les 30 minutes" : médecin généraliste, elle raconte "l'enfer" de son burn...
15/04/2026
21
Enquête Gynécologie-Obstétrique
Mal payés, épuisés, trop exposés : les gynécologues désertent les maternités
02/04/2026
15
Psychiatrie
"La caisse me réclame plus de 40.000 euros" : le combat d'un psychiatre pour des prescriptions basées sur les...
08/04/2026
20
Maladies rares
Qu’est-ce que le syndrome de Moersch-Woltman, dont est atteinte Céline Dion ?
01/04/2026
14
Déontologie
"On m'a sali alors que je n'ai fait que rendre service" : un médecin retraité jugé pour avoir continué à...
10/03/2026
0
Chirurgie
Grands brûlés : les défis de la reconstruction cutanée
06/03/2026
3
La Revue du Praticien
Diabétologie
HbA1c : attention aux pièges !
06/12/2024
2