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@Aveline Marques/ Egora

Urgences : Stéphanie Rist dévoile un plan d'action pour réduire les tensions dès cet été

En marge d'un déplacement au CH de Saint-Denis, ce vendredi 5 juin, la ministre de la Santé a présenté son plan d'action pour désengorger durablement les services d'urgences.

Urgences
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@Aveline Marques/ Egora

“Depuis le pacte de refondation des urgences de 2019, nous avons, vous avez réussi à mettre fin à la hausse continue du nombre de passages aux urgences, a salué la ministre de la Santé Stéphanie Rist, intervenant ce vendredi matin au congrès Urgences (Paris, porte Maillot). Mais il nous reste encore de nombreux progrès à faire. Les services d'urgence connaissent chaque été et chaque hiver de fortes tensions, pouvant conduire à des fermetures sèches temporaires. On ne peut pas s'y résoudre”, a-t-elle lancé.

Pour “aller plus loin”, la ministre a annoncé un plan d’action en quatre volets. Premier objectif : réduire le nombre de passages aux urgences évitables. "30 à 40% des patients accueillis aux urgences pourraient et devraient être pris en charge ailleurs”, a lancé Stéphanie Rist, qui ambitionne de réduire cette proportion de moitié, ce “qui représenterait 4 millions de passages en moins”.

Pour changer les habitudes des Français, le Gouvernement mise d'abord sur la "pédagogie" par le biais d'une nouvelle campagne intitulée "Les urgences, c'est pas une évidence", incitant les patients à joindre le 15 avant de se rendre aux urgences. Un message qui ne date pas d'hier, mais que l'exécutif souhaite marteler. 

Passer d'une régulation "subie" à une régulation "anticipée"

La ministre entend, par ailleurs, amplifier l'effort de régulation de l'accès aux urgences. Là où elle a été mise en place, elle permet de réduire le nombre de passages de 20 %a a souligné Stéphanie Rist. "L'enjeu, désormais, est que l'on passe d'une régulation subie, par à-coups, à une régulation anticipée, programmée. Et de manière concertée sur les territoires.”

La ministre de la Santé a réuni l'ensemble des acteurs des urgences mercredi 3 juin afin de repérer les établissements les plus à risque de fermeture durant l'été pour qu'une régulation à l'entrée des urgences soit mise en place, lorsque nécessaire. Une “centaine d’établissements” déclencheront une régulation à l'entrée de l'urgence “dès l'automne, avant le pic épidémique hivernale et l'augmentation des tensions et la souffrance des équipes”, a annoncé Stéphanie Rist. “Là où cette régulation pourra être maintenue, organisée après le prochain hiver, il me paraît utile qu'elle le soit, car elle permet de stabiliser les organisations hospitalières sans dégrader, encore une fois, l'accès aux soins.”

Le ministère mise également sur la réorientation des patients admis aux urgences. "Je veux ici fixer un objectif ambitieux que 100% des services d'urgence pratiquent la réorientation à l'entrée aux urgences d'ici deux ans.”

En complément, la ministre prévoit un renforcement de la permanence des soins en ville. La ministre a ainsi demandé aux ARS, aux ordres et aux syndicats de professionnels de veiller à ce que toutes les lignes de régulation du SAS et de PDSA soient complètes, en journée comme en soirée, en particulier lors de la période estivale et hivernale. 

Un SAS consolidé et homogène

“Le SAS couvre aujourd'hui 100 % du territoire hexagonal et cela grâce à la mobilisation de plus de 12 000 professionnels de santé, mais il reste du travail”, a-t-elle déclaré. “Je souhaite que les travaux soient engagés avec les urgentistes, les médecins libéraux, afin de définir un modèle cible des SAS”, d’“homogénéiser” et de “consolider les fonctionnements”.

L'avenue de Ségur prévoit de poursuivre le déploiement des filières SAS "spécifiques", notamment des SAS psychiatriques présents dans une soixantaine de départements.

Stéphanie Rist mise aussi sur les docteurs juniors de médecine générale, qui pourront être “formés à la régulation médicale”, et sur les infirmières libérales, désormais mobilisables dans le cadre de la permanence des soins. 

La ministre entend par ailleurs renforcer le pool d'assistants de régulation médicale (ARM). L'objectif est de renforcer leur formation et d'augmenter les effectifs. A ce jour, environ 3600 ARM répondent aux appels.

La ministre toujours opposée à la PDSA obligatoire

Faut-il aller plus loin en rétablissant l’obligation de participation à la permanence des soins, comme le prévoit la PPL Garot qui sera examinée la semaine prochaine en séance plénière au Sénat ? Stéphanie Rist n’y est pas favorable. “J’ai pu m’exprimer à de nombreuses reprises, sur le sujet, en tant que députée, je n’ai pas l’habitude de changer d’avis”, a-t-elle répondu à une question d’Egora.

Troisième volet d'action : améliorer l'aval des urgences. Faute de places en aval, de nombreux patients attendent aujourd'hui des heures, voire des jours, aux urgences, parfois sur des brancards et dans des conditions précaires. L'an dernier, les ministres Catherine Vautrin et Yannick Neuder avaient missionné six personnalités en vue de bâtir une feuille de route stratégique sur l'aval et les alternatives aux passages par les urgences. Leur rapport sera rendu le 15 juillet prochain.

Plusieurs actions ont toutefois d'ores et déjà été identifiées par la ministre. D'abord, renforcer les admissions directes en services d'hospitalisation sans passer par les urgences. Une mesure qui s'impose notamment pour les patients âgés polypathologiques. Les services de gériatrie et de médecine polyvalente à l'hôpital doivent être renforcés, de même que les soins de réadaptation. 

Il convient aussi de repérer et de prendre en charge les "usagers fréquents" des urgences. "On sait que 7 % de patients représentent 25 % des passages", a pointé Stéphanie Rist.

Autres mesures avancées : la généralisation des salons d'attente d’entrée et de sortie d’hospitalisation, et la généralisation de la fonction de bed management qui existe dans 73 % des établissements de santé.

Faut-il instaurer une attestation d'honorabilité pour tous les médecins ?

FRANCOIS CORDIER

FRANCOIS CORDIER

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La prestation de serment par chaque médecin devant le conseil de l'Ordre et son honorable aréopage ne suffirait-elle plus désormai... Lire plus

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