Le pictogramme "grossesse" trop utilisé sur les médicaments d’après l’Académie de pharmacie

01/10/2019 Par Marion Jort
Médicaments
L’Académie nationale de pharmacie a estimé lundi 29 septembre que le pictogramme sur les boîtes de médicaments signalant un risque ou une contre-indication pendant la grossesse était trop utilisé, le rendant “contre-productif”. 

  C’est un pictogramme bien connu que l’on retrouve sur les boîtes de médicaments, celui de “grossesse”, signalant un risque ou une contre-indication pour les femmes enceintes. L’Académie nationale de pharmacie a estimé, lundi 29 septembre, qu’il était “trop utilisé”, ce qui le rend, “contre-productif”.  Ce pictogramme représentant une femme enceinte, accompagné d'un message de mise en garde, a été mis en place fin 2017 après le scandale de la Dépakine, antiépileptique dont les dangers pour le foetus en cas de prise pendant la grossesse ont tardé à être signalés dans la notice. "A ce jour, 60% à 70% des spécialités sont dotées de l'un de ces pictogrammes, alors que seules 10% des spécialités disponibles sur le marché français devraient être concernées par une telle mesure en raison d'un risque embryonnaire ou foetal avéré chez l'humain", juge l'académie dans un communiqué. "Etant donné l'absence de liste officielle de médicaments relevant de cette disposition, les fabricants sont incités à élargir le champ d'application de ces pictogrammes dans un souci médico-légal", pour protéger leur responsabilité, ajoute l'institution. Le danger d'un médicament pour le foetus (malformations ou toxicité) est généralement estimé sur la base d'études précliniques (in vitro et chez l'animal) ou après des études épidémiologiques suite à des signalements de cas. En effet, les essais cliniques chez la femme enceinte sont quasi inexistants du fait des risques et des problèmes éthiques qu'ils poseraient.  L'Académie de pharmacie, "en accord avec le CRAT" (Centre de référence sur les agents tératogènes), recommande de ne garder que le premier des deux, "l'usage de ces médicaments pendant la grossesse devant faire l'objet d'un dialogue singulier entre le médecin et la patiente". Il juge par ailleurs "impératif" que le Gouvernement modifie le décret de 2017 créant ce pictogramme, "dont les modalités d'application le rendent actuellement contre-productif".

Faut-il supprimer les ARS ?

Marie GILARDI

Marie GILARDI

Oui

Leur communication est opaque Ils ne comprennent rien au terrain Ils ont une logique comptable Ils ont et ont participé à la... Lire plus

 
Vignette
Vignette

La sélection de la rédaction

Témoignage
"Ma concentration ne dépassait pas les 30 minutes" : médecin généraliste, elle raconte "l'enfer" de son burn...
15/04/2026
21
Enquête Gynécologie-Obstétrique
Mal payés, épuisés, trop exposés : les gynécologues désertent les maternités
02/04/2026
15
Psychiatrie
"La caisse me réclame plus de 40.000 euros" : le combat d'un psychiatre pour des prescriptions basées sur les...
08/04/2026
20
Maladies rares
Qu’est-ce que le syndrome de Moersch-Woltman, dont est atteinte Céline Dion ?
01/04/2026
14
Déontologie
"On m'a sali alors que je n'ai fait que rendre service" : un médecin retraité jugé pour avoir continué à...
10/03/2026
0
Chirurgie
Grands brûlés : les défis de la reconstruction cutanée
06/03/2026
3
La Revue du Praticien
Diabétologie
HbA1c : attention aux pièges !
06/12/2024
2