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Fin des frais "coupe-file" en téléconsultation : les plateformes disent ne pas avoir été averties
Dans un communiqué diffusé ce lundi, Les Entreprises de télésanté (LET) réagissent à l'ultimatum du ministère de la Santé sur les frais "coupe-file". La fédération, qui regroupe de nombreuses plateformes dont Qare et Livi, assure ne pas avoir été informée de la demande du ministère.
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Ultimatum. Dans un courrier daté du 31 juillet, rendu public jeudi dernier, la ministre de la Santé exhorte les plateformes de téléconsultation à mettre fin à la facturation de certains frais jugés "incompatibles" avec "les principes gouvernant l'accès aux soins de premier recours". Sont notamment ciblés les frais "coupe-file" permettant aux patients d'accéder à un médecin plus rapidement. Cette mise en conformité devra être effective au plus tard le 1er octobre 2026, sous peine de voir leur agrément retiré.
Dans un communiqué de presse diffusé ce lundi, Les Entreprises de télésanté dénoncent une "décision découverte par voie de presse, à quinze jours de son application". "A ce jour, et contrairement à ce qui a été rapporté dans la presse, aucun courrier officiel n'a été adressé aux entreprises concernées pour les informer de cette décision, de son fondement ou de ses modalités d'application", affirme la fédération, qui regroupe de nombreuses plateformes, dont Qare et Livi, récemment mises en cause par 60 Millions de consommateurs.
"Nous avons la confirmation que le courrier de la ministre nous informant de conditions exigées en date du 31 juillet ne nous a jamais été communiqué", poursuit le LET, pour qui il est "matériellement impossible" de répondre aux exigences de la ministre dans le délai imposé.
Des échanges débutées en 2025
Les Entreprises de télésanté assurent, pourtant, avoir sollicité les pouvoirs publics "depuis plusieurs mois". La fédération indique avoir notamment alerté la ministre de la Santé, le 23 juillet dernier, par courrier à propos d'une "nouvelle doctrine" de la DGOS. "Ce courrier est resté sans réponse, de même que les demandes de rendez-vous avec la ministre", écrit le LET dans son communiqué, déplorant une absence de dialogue.
Le ministère avance, lui, une tout autre version. "Les échanges entre le ministère et le LET sur les frais 'coupe-file' ont démarré à l'automne 2025. La position du ministère sur l'arrêt [de ces frais] a été communiquée aux acteurs en juillet, position dont le LET a pris acte dans un courrier adressé à la ministre le 23 juillet", indique le cabinet de la ministre dans une communication à la presse. Selon l'avenue de Ségur, la position du ministère a été confirmée aux plateformes "fin juillet" par un "échange direct" entre le président du LET, Jean-Pascal Piermé, et le cabinet de la ministre.
"Si le courrier de réponse de la ministre a été effectivement envoyé avec retard, l'information avait déjà été transmise aux acteurs", souligne le cabinet. Et d'insister : "Le LET a bien été averti à la fin du mois de juillet."
De son côté, le LET demande à être reçu "dans les plus brefs délais" par Stéphanie Rist, "afin de rétablir les conditions d'un dialogue normal et de définir un cadre clair, équitable et applicable à tous fondé sur la raison et non sur le calendrier des polémiques". "Cette décision intervient alors que la priorité devrait rester l'accès effectif des Français aux soins", déplore en effet la fédération.
"L'accès à la téléconsultation demeure une solution utile et pratique là où les vraies difficultés d’accès aux soins sont ailleurs et non optionnelles : difficultés de trouver un médecin traitant, présence médicale dans les territoires, montant des dépassements d’honoraires et des franchises", estime le LET, qui rappelle qu'"une permanence des soins le jour même est complexe et coûteuse", en témoignent "les majorations" accordées aux médecins libéraux, avance la fédération.
"La téléconsultation apporte une réponse concrète à ces difficultés. La ministre elle-même reconnaissait en janvier dernier son rôle dans l'amélioration de l'accès aux soins, rappelle le LET. On ne peut reconnaître la télésanté comme une partie de la solution et, dans le même temps, fragiliser brutalement les entreprises qui la rendent accessible aux patients."
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