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Rendez-vous avec un psychiatre en 48 heures pour les élèves en détresse : un "coupe-file" vers le vide?
Dans un billet d'humeur, le Dr Alexis Bourla, psychiatre et président de Générations médecins Ile-de-France, réagit à l'annonce d'un accès à un rendez-vous psychiatrique sous 48 heures pour les élèves repérés en souffrance psychique. Une promesse qu'il juge déconnectée de la réalité des ressources disponibles en pédopsychiatrie.
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"Il suffisait d’y penser.
Alors que les CMP [centres médico-psychologiques,NDLR] débordent, que les délais explosent, que les pédopsychiatres disparaissent, que les urgences psychiatriques sont en grève, que les lits ferment, que les équipes s’épuisent, que les familles errent pendant des mois avec des adolescents en détresse, que les associations de patients désespèrent qu'on puisse accéder à des soins accessibles dans les autres pays mais pas en France, la solution vient enfin d’être trouvée : un coupe-file.
Un jeune "repéré" par "l’Éducation nationale" pourra obtenir un rendez-vous en 24 à 48 heures.
C'est for-mi-dable !
Dans un territoire où il n'y a plus de médecins scolaires, ou il n'y a plus d'infirmières scolaires, ou les prof / enseignants / instit, etc. vont tellement mal qu'il existe des filières de soins dédiés et qu'ils ont même leur propre mutuelle (la fameuse MGEN), on va nous faire croire qu'on va pouvoir faire du repérage de qualité ?
Et qu'ils vont envoyer les jeunes "repérés" à des pédopsychiatres dont on rappelle ...
... qu'ils sont moins de 500 sur tout le territoire. Bordel !
Je répète : il y a moins de 500 pédopsychiatres pour TOUTE LA FRANCE. Lol.
Mais on sait tous parfaitement vers ou ça va aller : le rendez-vous aura lieu avec un chatbot empathique certifié "Grande cause nationale", ou avec un "référent santé mentale" recruté en urgence après deux webinaires et une formation PowerPoint intitulée "Repérer la souffrance quand personne n'est dispo".
On annonce un accès rapide à des soins qui n’existent pas...
On promet une porte d’entrée alors que derrière la porte, il n’y a plus de couloir, plus de bureaux, plus de soignants, plus d’hôpital.
Détecter sans capacité de prise en charge derrière, ce n’est pas une politique de santé mentale. C’est une politique de signalement de la détresse.
C'est un peu comme si on était sur un grand bateau, qu'on avait plein de gens tombés à l'eau et que le capitaine disait "pas d'inquiétude, on va distribuer des jumelles a tous les hommes sur le pont !" Heu ... et des bouées ? des canots de sauvetage ? des cordes ? non ?
La psychiatrie n’a pas besoin d’un coupe-file.
Elle a besoin de psychiatres, de pédopsychiatres, d’infirmiers, de lits, d'innovation, de recherche, de coordination, de financement, de stabilité, et ... d’un peu moins d’annonces."
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