Thomas Fatôme au Sénat

Capture d'écran de l'audition de Thomas Fatôme devant la commission des Affaires sociales du Sénat, ce mercredi 14 janvier.

Baisses de tarifs par décret : "Le plus tôt ces articles seront supprimés, le mieux ce sera", estime le directeur de la Cnam

Auditionné ce mercredi 14 janvier par la commission des Affaires sociales du Sénat, le directeur général de la Cnam a tendu la main aux médecins libéraux en grève. Il s'est engagé à ne pas "utiliser" les articles 77 et 78 de la loi de financement de la Sécurité sociale (LFSS) pour 2026, qui lui permettent de demander au Gouvernement de baisser les tarifs de certains actes par décret. "Ça n'a aucun sens", a-t-il lancé. 

14/01/2026 Par Aveline Marques
PLFSS 2026 Assurance maladie / Mutuelles
Thomas Fatôme au Sénat

Capture d'écran de l'audition de Thomas Fatôme devant la commission des Affaires sociales du Sénat, ce mercredi 14 janvier.

"Je n'ai jamais sollicité, imaginé, pensé un dispositif qui permettrait au directeur général de l'Assurance maladie de faire des baisses de tarifs de manière générale. Ça n'a aucun sens, a martelé ce mercredi, devant les sénateurs de la commission des Affaires sociales, Thomas Fatôme. On ne peut pas dire à la fois qu'on veut négocier avec les médecins, y passer beaucoup de temps, et le faire aussi avec d'autres professions de santé. […] Et ensuite se dire, finalement, je vais pouvoir baisser les tarifs pour n'importe qui, n'importe comment."

Et le directeur général de la Cnam de s'engager : "Je n'entends pas, de quelque manière que ce soit, utiliser les articles 77 et 78 qui ont été votés dans la loi de financement [de la Sécurité sociale pour 2026], qui ont d'ailleurs été votés contre l'avis du Gouvernement. Et, pour dire le fond de ma pensée, le plus tôt ces articles seront supprimés, le mieux ce sera, ce n'est pas la politique de l'Assurance maladie, ni de près, ni de loin."

Thomas Fatôme est par ailleurs revenu sur les baisses unilatérales de tarifs de l'imagerie décidées en novembre dernier, suite à l'échec des négociations avec les radiologues autour sur un protocole d'accord. "On avait honnêtement beaucoup travaillé. On avait défini un cadre de pertinence intéressant, je pense, potentiellement fructueux. Et donc, on peut tout à fait reprendre ces travaux. Je suis totalement disponible pour le faire", a-t-il lancé.

Je n'ai jamais qualifié les médecins de rentiers, et je ne le ferai jamais

Le directeur de la Cnam s'est dit "très attentif, à l'écoute" du mouvement de grève des médecins libéraux. "Le message principal me semble être l'attachement au cadre conventionnel", "je les rejoins", a-t-il déclaré. "Je suis extrêmement attaché à ce que l'ensemble des mesures de la convention médicale se déploient", a-t-il assuré, appelant les syndicats à renouer le dialogue pour avancer sur plusieurs chantiers, parmi lesquels les équipes de soins spécialisés, la mutualisation des assistants médicaux, le forfait médecin traitant ou encore la refonte de la CCAM.

Thomas Fatôme a tenu, en outre, à redire qu'il n'avait "jamais qualifié les médecins de rentiers, jamais". "Et je ne le ferai jamais", a-t-il lancé. "Les médecins sont là pour soigner." Ce qui ne doit pas empêcher pas l'Assurance maladie de travailler sur le sujet des rentes économiques en santé. "Je ne renie pas les analyses économiques que nous avons faites. Je considère que notre responsabilité, c'est d'avoir, avec les professionnels de santé, un dialogue qui permet ce juste soin au juste prix."

Le patron de la caisse nationale a, enfin, tenu à réaffirmer que dans la LFSS 2026, "il n'y a pas de taxation des dépassements d'honoraires, il n'y a pas de remise en cause du secteur 2, il n'y a pas de quotas d'arrêts de travail, il n'y a pas de quotas de prescriptions de médicaments ou je ne sais pas quoi d'autre".

Au-delà de la LFSS, "cette grève traduit une forme de ras-le-bol continu et qui s'empile", a relevé la sénatrice LR Corinne Imbert. "Cette mobilisation des médecins, ça vient de loin, ça ne date pas du dernier PLFSS", a appuyé la sénatrice centriste Elisabeth Doineau, qui a évoqué la "pression" exercée sur les médecins, par les "particuliers" comme les parlementaires. "Il y a une logorrhée législative concernant la régulation, la façon dont les médecins devraient faire ceci, devraient faire cela. Et je pense très franchement qu'il faut que nous admettions ça et que nous cessions." 

Si vous étiez maire, que feriez-vous pour la santé ?

A l'approche des élections municipales, Egora lance une grande consultation auprès de ses lecteurs. Accès aux soins, conditions d'exercice, prévention, étudiants... Sélectionnez une thématique et déposez vos propositions !

64 votes 24 participants 30 propositions
Photo de profil de FRANCOIS CORDIER
3,5 k points
Débatteur Passionné
Médecine générale
il y a 2 mois
"Ce qui ne doit pas empêcher pas l'Assurance maladie de travailler sur le sujet des rentes économiques en santé. " Discours schizophrénique du gamin pris la main dans le pot de confiture . Et à propos de "rentes", quid de celles de nos "hauts" fonctionnaires ? RENTES , puisqu'en évaluant l'évolution économique de l'assurance- maladie (si, si ! ! !) depuis 50 ans, force est de constater que ses hauts dignitaires et leurs directions ministérielles n'auront réussi qu'à nuire gravement à la santé de la "santé". Au lieu de supprimer "des articles obscènes", il serait plus simple de supprimer les postes de ceux qui les pondent .
Photo de profil de lor 42
616 points
Incontournable
Neurologie
il y a 2 mois
sur la question du secteur 3, que va-t-il se passer ? le patient qui a trouvé un medecin secteur 3 à sa mesure va continuer à le consulter. Le medecin secteur 3 va préconiser à un confrère secteur 1 soit un bilan soit un traitement qui sera prescrit par le secteur 1, donc remboursé ! C'est aterrant de bêtise, celà va décupler les délais de consultation et doubler les coûts, et bien em... le citoyen, et le soignant... Une fois de plus, la hollando-macronie se surpasse, elle a emm... le citoyen depuis le début de leur accession au pouvoir, avec le résultat comptable que l'on sait. Sur l'échiquier politique, seul Lisnard a un raisonnement visionnaire.
Photo de profil de Radiologue Lambda
495 points
Débatteur Passionné
Radiodiagnostic et imagerie médicale
il y a 2 mois
Cela fait plus de 30 ans que la radiologie subit chaque année des baisses tarifaires en tout genre (acte, forfait technique, associations d’acte minorés, interdiction de dépassements sur tout un tas d’acte, déremboursements des produits de contraste et des examens de haute valeur type cônes beam/osteodensitometrie …). Maintenant qu’il n’y a plus de marges de manœuvres en Imagerie ; l'ensemble des spécialités est désormais concerné par les baisses à venir...

Si vous étiez maire, que feriez-vous pour la santé ?

A l'approche des élections municipales, Egora lance une grande consultation auprès de ses lecteurs. Accès aux soins, conditions d'exercice, prévention, étudiants... Sélectionnez une thématique et déposez vos propositions !

64 votes 24 participants 30 propositions
Vignette
Vignette

La sélection de la rédaction

Décryptage Déontologie
Dépassements d’honoraires des médecins : "le tact et la mesure" à l’épreuve des abus
05/02/2026
26
Insolite
Pas d'adresse ni de téléphone... A Angers, ce cabinet qui accueille les patients sans médecin traitant est un...
22/01/2026
7
Concours pluripro
Maisons de santé
Arrêt brutal d'une expérimentation finançant 26 maisons et centres de santé qui luttent contre les inégalités...
04/02/2026
2
Enquête
"Ne plus en faire, c'est un deuil" : pourquoi les médecins renoncent aux visites à domicile
14/01/2026
29
Histoire
"Mort sur table" : retour sur l'affaire des "médecins de Poitiers", qui a divisé le monde hospitalier
15/12/2025
7
La Revue du Praticien
Diabétologie
HbA1c : attention aux pièges !
06/12/2024
2