@david-franklin/stock.adobe.com.
Un ancien kiné réputé, spécialiste du périnée, mis en examen pour viols sur des patientes
Ancien kinésithérapeute réputé pour son expertise du périnée, Alain Bourcier a été mis en examen pour viols et agressions sexuelles. Il a également été mis en examen pour exercice illégal de la médecine et de la profession de kinésithérapeute.
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Il est considéré comme l"un des spécialistes du périnée. Alain Bourcier, ancien kinésithérapeute, a été mis en examen en juin à Paris pour viols et agressions sexuelles par personne ayant autorité sur huit patientes "au prétexte de gestes médicaux qui lui étaient interdits", indique l'AFP.
Considéré comme l'un de ceux qui ont introduit la rééducation du périnée en France, il a également été mis en examen pour exercice illégal de la médecine et de la profession de kinésithérapeute et placé sous contrôle judiciaire.
Visé par huit plaintes pour des faits commis entre 2017 et 2023, et par une information judiciaire depuis septembre 2024, il réfute les accusations. L'homme, qui a exercé pendant 40 ans, a notamment travaillé au centre de radiologie parisien Imagerie Cardinet. Retraité depuis 2012 et devenu "assistant médical", il y pratiquait des "bilans urodynamiques", qui nécessitent l'introduction d'une sonde et de demander à la patiente d'uriner, censés se dérouler sous la responsabilité d'un médecin radiologue.
Bilans urodynamiques
La justice lui reproche d'avoir "continué à exercer" la profession de kiné alors qu'il n'était plus inscrit à l'Ordre, ainsi que la pratique de ces bilans urodynamiques "qu'il n'aurait de toute façon pas été autorisé à faire en tant que masseur-kinésithérapeute même exerçant selon les règles", souligne l'AFP en citant le parquet de Paris.
"M. Bourcier est un spécialiste reconnu du bilan urodynamique, étape essentielle de la rééducation du périnée. Pendant de nombreuses années, il a participé, au sein de l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris (AP-HP) comme dans de nombreuses structures hospitalières privées, à la prise en charge d'hommes et de femmes aux côtés de médecins urologues et gynécologues", indique à l'AFP son avocat, Me Antoine Beauquier. "Mon client conteste toute connotation sexuelle aux actes qu'il pratique depuis 40 ans. Associer le bilan urodynamique à un viol n'est pas sérieux", ajoute-t-il.
Les plaintes et signalements ont toutefois convaincu la chambre disciplinaire de l'Ordre des masseurs-kinésithérapeutes de le radier, après une brève réinscription. Dans une décision mi-avril, que l'AFP a pu consulter, elle s'appuie sur des témoignages d'examens brutaux, sans consentement, ni information du fait qu'il n'était pas médecin.
"Pris plaisir à la torturer"
L'une des patientes a raconté son calvaire. Elle décrit des "vives douleurs" lors de l'introduction d'une sonde, ainsi que des "hurlements" dont le kiné n'aurait pas tenu compte "jusqu'à ce qu'elle lui crie d'arrêter". Selon elle, Alain Bourcier "lui a fait mal volontairement, en s'acharnant violemment sur elle, et a pris plaisir à la torturer". Une autre explique qu'Alain Bourcier ne l'a pas démenti lorsqu'elle l'a appelée "docteur", lui a imposé un toucher pelvien "par surprise", et l'aurait regardée uriner et se rhabiller.
Une troisième patiente affirme qu’il aurait "introduit deux doigts dans son vagin, sans demande ni recueil du consentement, pour évaluer son prolapsus".
Alain Bourcier a répondu à son ex-Ordre que le bilan urodynamique pouvait "être vécu comme humiliant", désagréable voire douloureux, et assuré que "les impressions des patientes ne sont donc pas liées à un comportement inapproprié de sa part".
Il a assuré ne s'être jamais présenté comme médecin, et expliqué que les patientes avaient signé un document et étaient informées du déroulé de l'examen. La chambre disciplinaire de l'Ordre souligne ne pas avoir "le sentiment que les comportements reprochés [...] étaient en lien avec des motifs de nature sexuelle", un point sur lequel la justice pénale devra désormais se pencher.
Interrogé par l'AFP, Imagerie Cardinet est aujourd'hui "en conflit juridique" avec Alain Bourcier aux prud'hommes et rejette "toute accusation de complicité ou de dissimulation". Selon une source proche du dossier, le groupe pourrait se voir reprocher par la suite une complicité et être mis en examen.
[avec AFP]
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