@david-franklin/stock.adobe.com
Un ostéopathe condamné à 17 ans de prison pour des viols et agressions sexuelles sur 29 patientes
Un ostéopathe a été condamné, ce mercredi 10 juin, à 17 ans de prison ferme pour des viols et des agressions sexuelles sur 29 patientes. Les juges ont retenu le "caractère sériel des faits".
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L'accusation l'avait décrit comme un "prédateur". Il affirmait, de son côté, avoir agi dans un but thérapeutique. Un ostéopathe était jugé à Strasbourg pour des viols et des agressions sexuelles sur 29 patients. Il a été condamné à 17 ans de prison ferme, ce mercredi 10 juin, relate l'AFP qui a suivi le procès.
Pierre Garitte, 37 ans, se voyait reprocher des viols sur six patientes, aujourd'hui âgées de 30 à 83 ans, des agressions sexuelles sur 21, et à la fois des viols et agressions sexuelles sur deux dernières patientes. Les juges ont ainsi retenu le "caractère sériel des faits".
L'ostéopathe était accusé d'avoir, sous couvert de soins, touché ou pénétré les parties intimes des patientes sans leur consentement, dans son cabinet d'Eschau, en banlieue sud de Strasbourg. À la barre, les victimes ont décrit un mode opératoire similaire : l'ostéopathe mettait sa main contre la leur et la dirigeait vers leurs parties intimes.
Dans certains cas, il leur glissait, par surprise et sans gants, un ou plusieurs doigts dans le vagin, tout en respirant fort, ce qui a laissé penser à certaines qu'il était excité.
"Salie, dégoûtée"
"Je pense que j'ai été utilisée comme un objet sexuel par destination, et il a profité de moi, profité de la confiance qu'on met dans un sachant", avait déclaré Caroline, 50 ans, citée sous un prénom d'emprunt, comme toutes les femmes ayant parlé devant la cour pour préserver leur anonymat. Une autre patiente, Chantal, avait dit s'être sentie "salie, dégoûtée".
Dans sa dernière prise de parole, l'accusé avait demandé pardon aux victimes, disant avoir toujours été animé par une "volonté de soigner" mais regrettant d'avoir causé "de la souffrance" en expliquant mal ses gestes et en ayant omis de "questionner leur bien-fondé".
"Je ne suis pas dangereux, je ne suis pas un violeur", a-t-il dit, en larmes. "Je suis prêt à passer ma vie à réparer les dégâts que j'ai faits en travaillant dur", a ajouté le père de deux enfants, qui n'exerce plus aujourd'hui.
Tout au long du procès, Pierre Garitte a nié la plupart des pénétrations et affirmé avoir toujours agi dans un but thérapeutique, sans arrière-pensée sexuelle et en expliquant ses actes aux patientes. "J'ai dû être nul en anatomie", s'est-il défendu vendredi, invoquant des "maladresses".
Pourtant, c"est bien un "comportement de prédateur" qui a été décrit par l’avocate générale, Agnès Robine, et qui a agi dans des "circonstances particulièrement détestables". Deux experts ont également évoqué une personnalité "narcissique" tendant à outrepasser les règles ou à renverser la culpabilité.
En plus de la prison ferme, la cour a également prononcé à son encontre une interdiction d'exercer la profession d'ostéopathe, ainsi que toute activité professionnelle ou bénévole impliquant un contact habituel avec des mineurs.
[avec AFP]
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