@Pete/Stock.adobe.com/ Générée par IA
"Il faut arrêter d’empêcher les généralistes de faire des injections à visée esthétique" : 5000 médecins alertent sur les injections illégales
Alors que deux femmes sont mortes en l'intervalle de 4 mois après des injections esthétiques illégales, le syndicat des médecins libéraux et le cercle des bonnes pratiques en médecine esthétique, adressent une lettre ouverte à la ministre de la Santé, dans laquelle ils lui demandent de se saisir d’urgence du problème.
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En l'espace de quatre mois, deux femmes, âgées de 40 et 25 ans, sont décédées alors qu'elles souhaitaient recevoir des injections de botox dans les fesses par de simples esthéticiennes. Dans une lettre ouverte, titrée "Madame la Ministre, combien de morts faudra-t-il encore ?" et dont Le Parisien publie des extraits, le syndicat des médecins libéraux et le cercle des bonnes pratiques en médecine esthétique, représentants près de 5 000 praticiens enjoignent les autorités à agir. "Madame la Ministre, vous ne pourrez plus dire que vous ne saviez pas. Vous connaissez les chiffres. Vous connaissez les mécanismes. Vous connaissez les solutions. Vous connaissez désormais le prix de l’inaction", écrivent-ils.
Dans leur missive, les signataires appellent l’État à mettre en place une stratégie nationale pour lutter contre ces réseaux clandestins et réclament la création d’un observatoire national de la médecine esthétique afin de disposer de données fiables sur le nombre d’actes pratiqués, les professionnels qui les réalisent et les conditions dans lesquelles ils sont effectués. "Il faut agir vite", pressent-ils.
"Voilà des années que l’on alerte sur les graves mutilations causées par ces fausses injectrices, issues du milieu de l’esthétique, de la coiffure, du bien-être qui jouent aux médecins dans des cabinets clandestins, salons esthétiques, Airbnb, dans des caves comme dans des palaces. Elles provoquent des nécroses cutanées et séquelles par centaine chaque année. Je parle là de nez qui tombent, de lèvres détruites, de tissus qui pourrissent. Partout en France, des hôpitaux réparent des jeunes défigurées. On est passé à un niveau supérieur, désormais ces fakes injectors tuent", alerte Dominique Bellecour, président de l’Union de la médecine esthétique du syndicat des médecins libéraux, interrogé par Le Parisien.
Les signataires demandent également un assouplissement des règles encadrant les injections esthétiques pratiquées par les médecins généralistes. "Jusqu’à maintenant, les autorités acceptaient que les médecins généralistes fassent des injections esthétiques de botox. Ils l’achetaient en pharmacie, sauf que depuis quelques mois et sans aucune explication, ce n’est plus possible, les officines ne veulent plus leur en délivrer ! Il y a une grande réticence des autorités qui craignent que les médecins ne fassent plus que de l’esthétique, c’est faux", pointe Dominique Bellecour, "il faut arrêter d’empêcher les médecins généralistes de faire des injections à visée esthétique", plaide-t-il.
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