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Tribune anti-homéopathie : le Conseil d'Etat suspend la condamnation d'un médecin par l'Ordre

C'est officiel. Le Conseil d'Etat, dans une décision rendue le vendredi 20 février, vient de suspendre la condamnation ordinale d'un médecin pour non-confraternité après la publication d'une tribune anti-homéopathie, publiée conjointement dans Le Figaro et sur Egora en mars 2018. 

24/02/2026 Par Sandy Bonin
Faits divers / Justice Déontologie Homéopathie
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C'est la fin de cette bataille qui durait depuis exactement huit ans. En mars 2018, 124 médecins ou professionnels de santé signaient une tribune anti-homéopathie publiée conjointement dans Le Figaro et sur Egora. Après plusieurs plaintes ordinales des médecins homéopathes ou à exercice particulier contre les médecins signataires, certains ont écopé, au niveau régional, d'un avertissement voire d'une suspension avec sursis. En appel, ils ont, pour la plupart, écopé d'un avertissement de la juridiction ordinale nationale.

Mais ce vendredi 20 février, le Conseil d'Etat a accordé "le sursis à l'exécution demandé de la décision de la chambre disciplinaire nationale de l'Ordre des médecins […] jusqu'à ce qu'il ait été statué sur le pourvoi du conseil départemental du Nord". La plus haute juridiction administrative a en effet estimé que l’exécution de la décision disciplinaire (le maintien de l’avertissement) risquait d’entraîner des conséquences difficilement réparables pour le médecin condamné. La condamnation ordinale du praticien à un avertissement lui aurait fait perdre son siège au Conseil départemental de l'Ordre des médecins (CDOM) du Nord.

Ainsi, jusqu’à ce que le Conseil d’État statue sur le fond du pourvoi contre la décision de la chambre disciplinaire nationale, l’exécution de cette décision est suspendue. "S'ils suspendent l'exécution de la condamnation, c'est qu'ils pensent qu'elle n'a pas raison d'être. C'est très encourageant pour les signataires de la tribune", a commenté pour Egora le Dr Pierre de Bremond d'Ars, à la tête du Collectif No Fakemed. Il espère que "le Conseil d'Etat statuera rapidement sur le fond".

Pour rappel, lors de sa publication en mars 2018, la tribune avait fait grand bruit. "Les thérapies dites 'alternatives' sont inefficaces au-delà de l’effet placebo, et n’en sont pas moins dangereuses", écrivaient les signataires, demandant à l'Ordre et aux pouvoirs publics  de "ne plus reconnaître d’une quelconque manière les diplômes d'homéopathie, de mésothérapie ou d’acupuncture comme des diplômes ou qualifications médicales", de "ne plus faire produire en faculté de médecine ou dans les établissements de formation de santé, des diplômes appuyés sur des pratiques dont l’efficacité n’aura pas été scientifiquement démontrée" ou encore de "ne plus rembourser par les cotisations sociales les soins, médicaments ou traitements issus de disciplines refusant leur évaluation scientifique rigoureuse". 

"La tentation peut […] être grande de pratiquer des soins sans aucun fondement scientifique. Cette tentation […] est toujours, nourrie par des charlatans en tout genre qui recherchent la caution morale du titre de médecin pour faire la promotion de fausses thérapies à l’efficacité illusoire", pointait encore la tribune.

Ulcérés par ce texte, plusieurs praticiens ou représentants syndicaux, dont le Syndicat national des homéopathes (SNMHF), le Syndicat de la médecine homéopathique (SMH), l'Union collégiale ou encore le Syndicat des mésothérapeutes français (SMF) avaient déposé une soixantaine de plaintes ordinales contre des médecins signataires à travers la France. 

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2 débatteurs en ligne2 en ligne
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Débatteur Passionné
Anesthésie-réanimation
il y a 21 jours
C'est encourageant mais ce n'est, si j'ai bien compris, qu'une décision sur la forme. À savoir que les suspensions avec ou sans sursis peuvent être préjudiciables aux médecins qui en font "l'objet". On peut supposer que cet arrêt est pris compte tenu des "accusateurs". Mais on peut regretter qu'il ne soit pas pris sur le fond et qu'il faille attendre que "nos chers confrères" (ordinaux) dénoncent des pratiques sans fondement scientifique qui peuvent être exploitées par certains, en toute "mauvaise foi".
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Débatteur Passionné
Médecins (CNOM)
il y a 17 jours
Guéguerre puérile asymétrique manipulée entre un lobby homéopathie, naturopathie, acupuncture qui pèse peanuts dans les convergences systémiques d'intérêts des lobbies dont le lobby mammouth des majors de la chimie des médicaments allopathiques. Même si Boiron° est leader du marché de l'homéopathie, il n'occupe que 18% du marché mondial de l'homéopathie, marché qui occupe 0.001% du marché des médicaments allopathiques. Est-ce pour cela qu'on retrouve au front de cette guéguerre les amis de Mme A.Buzyn, NoFakesMeds, et la harcélosphère covidiste anti-IHUM ? Le CNOM arbitre en fonction des tendances. Le Conseil d'Etat arbitre en fonction de la politique. L'arbitre principal reste le $ ! On dit çà , on dit rien !
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3,5 k points
Débatteur Passionné
Médecine générale
il y a 18 jours
Shéma anthropologique remarquable . . . et persistant, que celui des guerres de religion. Le monopole politique épiscopal (théocratie) aura toujours transpiré l'intolérance à toute diversité. Dans un siècle, ou trois, la question repassera à l'étude.
 
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