Justice

Poursuivie pour homicide involontaire après le suicide d'une patiente, une psychiatre relaxée

Mardi 27 août, le tribunal correctionnel de Tarbes a relaxé la psychiatre responsable du service dans lequel une jeune patiente de 18 ans s'était donné la mort en 2017. Sa famille dénonçait un défaut de surveillance. 

28/08/2024 Par Aveline Marques
Faits divers / Justice
Justice

Le 17 juin dernier, l'une des psychiatres de l'hôpital de Lannemezan (Hautes-Pyrénées) comparaissait pour homicide volontaire suite au suicide en 2017 d'une patiente de 18 ans, Julie Rasquin, qui était prise en charge dans son service.

La jeune femme "voulait à tout prix en finir", rapporte La Dépêche du Midi. "C'est justement pour la protéger d'elle-même que nous l'avons fait hospitaliser sous contrainte. Ils ne l'ont pas surveillée", avaient déclaré lors de l'audience le père et la sœur de Julie Rasquin, qui s'est donné la mort avec une écharpe.

La psychiatre a quant elle rappelé que sa patiente souffrait d'un trouble grave de la personnalité et non de dépression. Toutefois, "nous avions tous relevé une amélioration de son état", a-t-elle souligné.

Si les experts mandatés par le tribunal ont pointé une absence d'évaluation systématique du risque suicidaire de la part de la médecin, ils ont toutefois conclu qu'"aucune prise en charge médicale, même irréprochable, ne peut suffire à empêcher un suicide, dont les causes sont multifactorielles". 

Dans un jugement rendu mardi 27 août, le tribunal a prononcé la relaxe de la psychiatre. Mis en cause dans un premier temps, l'établissement avait bénéficié d'un non-lieu en 2020.

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Médecins (CNOM)
il y a 2 ans
Nous vivons dans une société qui refuse de voir la mort en face alors qu'elle n'est que le point final de toute vie. Arrivé à un certain tournant de mon existence, je considère que j'ai le droit absolu de décider de mourir quelque soit les circonstances et que la responsabilité de cette décision n'incombe qu'à moi seul. Certes, il y a des cas où un suicide peut avoir été induit consciemment ou inconsciemment par l'entourage du suicidé, et la justice a alors son mot à dire, mais dans ce cas précis, pourquoi vouloir à tout prix chercher à faire reposer cette responsabilité sur une tierce personne ? D'ailleurs, l'attitude de la famille qui cherche à faire peser la responsabilité du suicide sur le corps médical ne traduit-elle pas un déni de cette dernière de sa propre responsabilité dans le genèse des conditions qui ont pu amener cette jeune fille à développer le trouble grave de la personnalité à l'origine de sa décision de mourir ?
 
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