Justice et stéthoscope

Suicide d'une patiente : une psychiatre jugée pour homicide involontaire

Une médecin psychiatre doit être jugée, mardi 11 juin, pour homicide involontaire après le suicide d'une jeune femme en 2017, au sein de l'hôpital de Lannemezan (Hautes-Pyrénées). Le procès doit établir s'il y a eu des manquements dans la prise en charge de l'adolescente de 18 ans.

07/06/2024 Par Chloé Subileau
Faits divers / Justice
Justice et stéthoscope

Une psychiatre sera jugée pour homicide involontaire après le suicide d'une jeune fille, survenu en 2017 à l'hôpital de Lannemezan (Hautes-Pyrénées). Ce procès doit s'ouvrir mardi 11 juin devant le tribunal correctionnel de Tarbes. Il doit permettre de déterminer la culpabilité de cette médecin psychiatre, responsable du service où s'est suicidée la jeune femme de 18 ans, rapporte France 3 Régions.

Les faits remontent au 12 février 2017. Ce jour-là, l'adolescente – qui était hospitalisée après plusieurs tentatives de suicide – est retrouvée morte dans sa chambre d'hôpital. Elle s'est ôtée la vie à l'aide d'un foulard.

 

"Il y a peut-être quelque chose qui s'est passé ce jour-là"

Après l'annonce de son décès, ses parents se rendent à l'hôpital de Lannemezan, mais "ont l'impression" que les circonstances autour de la mort de leur fille sont "un petit peu opaque[s]", explique leur avocat, cité par nos confrères. Ils ont "toujours eu le sentiment qu'on leur cachait quelque chose. Qu'il y a peut-être quelque chose qui s'est passé ce-jour-là", poursuit-il.

Le lendemain de son décès, les parents de la jeune femme portent plainte pour homicide involontaire, d'abord à l'encontre de l'établissement hospitalier. En l'absence d'avancées, ils déposent une nouvelle plainte avec constitution de parties civiles en juillet 2018. Mais le juge d'instruction rendra un non-lieu en 2020. Les parents font appel, amenant la chambre d'instruction de Pau à ordonner, en 2022, la mise en examen de la responsable du service psychiatrique de l'hôpital.

Y a-t-il eu des manquements dans le suivi et la surveillance de la jeune femme ? A-t-elle montré des signes avant-coureurs de ce passage à l'acte ? L'audience, qui s'ouvre mardi, doit permettre de répondre à ces questions.

[avec France 3 Régions]

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1 débatteur en ligne1 en ligne
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820 points
Incontournable
Psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent
il y a 2 ans
On ne connait pas le dossier si ce n'est que la patiente était suicidaire et que l'hôpital n'est plus mis en cause. Toujours plus facile de prendre pour cible un médecin... On ne peut que constater une judiciarisation galopante de ces situations. Bien sûr quand on hospitalise une patiente suicidaire, eh bien, figurez-vous il y a des risques de suicide. On en a tous connu à l'hôpital psychiatrique... Et quand, en plus on connait les conditions de travail actuelles dans la plupart des services de psychiatrie, le manque de personnel, les dysfonctionnements divers, le risque est forcément plus élevé encore... Et badaboum sur la tête du médecin, bien entendu...
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276 points
Incontournable
il y a 2 ans
Avant de critiquer les parents, on peut se demander s'il est normal qu'on puisse se suicider dans un hôpital psychiatrique: c'est quand même la raison d'être de l'hospitalisation des dépressifs que d'empêcher leur passage à l'acte. Quant à savoir s'il faut juger l'hôpital ou le chef de service, c'est un de ces problèmes dont notre justice à le secret. Par ailleurs, sans préjuger des événements, il y a des études qui montrent que les poursuites judiciaires contre les médecins sont moins fréquentes lorsque le médecin s'explique franchement avec le patient ou à sa famille. Un psychiatre ne devrait-il pas le savoir et pouvoir désamorcer une relation conflictuelle avec une famille?
Photo de profil de PAUL BAUD
1,1 k points
Débatteur Passionné
Médecins (CNOM)
il y a 2 ans
Alors je comprends plus rien On nous dit que le suicide médicalisé est extraordinaire et une preuve d’amour Et dans le même temps on met en examen un médecin qui n’a pas vu venir un suicide En 40 ans de carrière j’ai toujours vu qu’en cas de drame il fallait un coupable et le médecin est le coupable idéal
 
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