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Près de 3 milliards d'euros de déficit pour les hôpitaux publics et 36% de cliniques dans le rouge en 2024

La situation financière des hôpitaux publics s'est "fortement" dégradée en 2024, relève une étude de la Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (Drees) du ministère de la Santé. Et celle de l'hospitalisation privée n'est guère plus rassurante. 

20/05/2026 Par Aveline Marques
Economie
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2,9 milliards d'euros de déficit, soit 500 millions d'euros de plus en un an. En 2024, la situation financière des hôpitaux publics "se dégrade de nouveau très fortement", relève une publication de la Drees datée du mercredi 20 mai. Cette nouvelle dégradation est largement attribuable à la détérioration du résultat d'exploitation", négatif à hauteur de -2,7 % (après -2,3 % en 2023), "une proportion inédite depuis 2005, point de départ des observations", signale l'étude.

En cause, la poursuite de la "forte progression des dépenses, amorcée depuis la crise sanitaire" : +3,9 % en 2024 après +6,6 % en 2023, pour atteindre 110,0 milliards d’euros. Il s'agit, en particulier, des charges de personnel (+4,1 %) et des dépenses à caractère médical (+8,5 %). Les recettes, en hausse de 3,4 %, ne suffisent pas à compenser.

Conséquence : l'effort d'investissement des établissements publics fléchit en 2024, à 5,5 milliards d’euros, "malgré les fonds prévus par l'État à la suite des accords du Ségur de la santé de 2020". Pour le soutenir, la ministre de la Santé a annoncé mardi 19 mai à Santexpo une nouvelle enveloppe de 6 milliards pour financer des projets en région sur la période 2026-2035. Mais alors que l'encours de la dette des hôpitaux publics s'établit en 2024 à 29,9 milliards d'euros, le ministère conditionne l'octroi de ces nouveaux crédits à la mise en œuvre de mesures d'efficience dans les hôpitaux qui en bénéficieront.

Du côté du secteur privé, la situation financière se dégrade également. Le résultat global des cliniques privées à but lucratif reste légèrement positif à 194 millions d’euros (soit 1 % des recettes) mais il décroît aussi par rapport à 2023 (331 millions d’euros). Surtout, ce résultat "masque de fortes disparités selon les activités", pointe la Drees. "Le résultat net rapporté aux recettes des cliniques psychiatriques est plus de onze fois supérieur à celui des cliniques de MCO et de SMR."

La proportion de cliniques privées déficitaires augmente : elle s’élève à 36 % en 2024 après 33 % en 2023. Cette augmentation s'observe dans toutes les disciplines d'activité ; la proportion de cliniques déficitaires atteint 44 % en SMR (+5 points), 37 % en MCO (+3 points) et 20 % en psychiatrie (+1 point). 

Source : Drees.
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