Enfermement d'enfants : suspension en urgence de 4 services d'un hôpital pédopsychiatrique du Val-de-Marne
L'ARS d'Ile-de-France a suspendu en urgence l'activité de quatre services de l'hôpital pédopsychiatrique public Fondation Vallée dans le Val-de-Marne pour ses pratiques d'enfermement d'enfants. L'établissement faisait l'objet d'une inspection après plusieurs signalements et une enquête parue dans l'Express.
"Cette décision fait suite à plusieurs signalements concordants de pratiques non conformes d'enfermement de patients mineurs, et s'appuie sur l'inspection diligentée en novembre dernier", a déclaré l'ARS dans un communiqué.
Les services suspendus, à compter du 27 février au soir, sont les quatre services faisant de l'hospitalisation complète, qui comptent actuellement "moins d'une vingtaine de patients". Il s'agit de l'unité "Bourneville" pour les adolescents de 12 à 17 ans, "Dolto" pour les 4-12 ans, "Winnicott" (6-12 ans), et l'Unité d'évaluation de traitement et d'évaluation des adolescents (UETA), cette dernière étant "sans activité de fait car en cours de reconversion".
Les services d'hospitalisation de jour et ambulatoires "ne sont pas concernés par cette décision et continuent d'accueillir des patients", a indiqué l'ARS.
"Les constatations conduisant à cette décision [...] décrivent un recours à l'isolement et à la contention, et des durées d'hospitalisation injustifiées au regard de l'état de santé des patients, de leurs besoins et du consensus professionnel actuel", a indiqué l'ARS. D'après le témoignage d'un adolescent de 13 ans recueilli par L'Express, les enfants se faisaient enfermer dans la "panic room" "seuls, pour un oui ou pour un non, plusieurs fois par jour, parfois durant des heures, même pas pour des grosses colères ou des crises, juste pour des petites bêtises". "J'avais si peur qu'on m'y mette que je suis resté sage et calme tout le temps", raconte le jeune garçon, hospitalisé pendant six semaines à la Fondation Vallée, il y a quatre ans.
Après l'annonce de l'ARS, la CGT Santé du Val-de-Marne s'est déclarée "très inquiète de cette décision brutale de supprimer une partie importante de l'offre de soins pédopsychiatriques dans le département et dans la région". "Les agents de l'hôpital contestent formellement les accusations de mauvaises pratiques", a indiqué à l'AFP David François, secrétaire départemental de la CGT Santé. Par ailleurs, pour l'instant, les enfants présents dans les unités suspendues sont "sans solution alternative", a-t-il ajouté.
L'ARS a affirmé de son côté que ces solutions alternatives "seront effectives à la fin des vacances scolaires" - période durant laquelle les enfants reviennent traditionnellement dans leurs familles.
La Fondation Vallée figure parmi les plus grosses structures pédopsychiatriques de la région Ile-de-France. Ancien établissement de référence en pédopsychiatrie, sa réputation s'est progressivement étiolée, sur fond notamment de conflit entre tenants de la psychanalyse, historiquement très présents dans la psychiatrie française comme à la Fondation Vallée, et partisans des techniques dites comportementales et développementales, basées sur des processus plus normés.
La semaine dernière, la Haute autorité de santé a clairement indiqué que l'approche psychanalytique était "non recommandée" dans la prise en charge de l'autisme, car elle ne dispose "que d'un niveau de preuve insuffisant".
[Avec AFP]
La sélection de la rédaction
Le montant de la cotisation ordinale vous semble-t-il justifié?
Frédérique DEPUISET
Non
J'ai habité en appartement sous des voisins extrêmement bruyants. Comme dit dans les textes, j'ai essayé de discuter avec eux, ava... Lire plus