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"On veut des urgentistes, ils proposent des réunions de soutien moral" : rien ne va plus à l’hôpital de Mulhouse

Démissions des 3/4 des praticiens titulaires en septembre. Arrêts maladie de l'ensemble des internes en octobre. Arrivée d'internes remplaçants, secondés de profs, en novembre… Les urgences de Mulhouse s'enlisent dans la crise et les mesures pansement proposées ne colmatent pas les brèches.

"Nous avons un effectif médical très amoindri. La situation est très difficile. […] Des fois, honnêtement, je ne suis pas sûre de la sécurité de tous les patients", confie à Egora une infirmière des urgences de Mulhouse qui souhaite garder l'anonymat. Parmi l'ensemble des services des urgences actuellement en grève, celui de cet hôpital du Haut-Rhin est l'un des plus touchés.

À la rentrée de septembre, seuls 7 praticiens titulaires reprenaient du service contre 26 quelques mois plus tôt. Ce mois d'octobre, l'ensemble des internes en formation ont déposé leur arrêt maladie allant d'une semaine à un mois pour épuisement professionnel. Du jamais-vu. Des mesures pansement sont mises en place pour continuer de faire tourner le service : appel récurrent aux intérimaires, envoi prévu d'universitaires pour encadrer les internes en souffrance… Mais rien n'y fait, les urgences de Mulhouse s'enracinent dans la crise.

 

Des internes en souffrance

"Toutes les urgences en France sont en tension. C'est connu. Mais Mulhouse a été pendant longtemps un symbole avec des médecins sérieux qui tenaient bien la boutique. Ils n'ont pas pu tenir, ils sont partis. […] Depuis leur départ, les internes se retrouvent perdus, seuls ou alors encadré par des intérimaires", explique Lucas Gauer président du syndicat autonome des internes des hospices civils de Strasbourg (SAIHCS), qui dénonce cette situation intenable.

Les internes, dont la quasi-totalité sont en première année d'internat, ont dû régulièrement gérer seuls des détresses respiratoires en passant par des chocs septiques. Régulièrement, ils ont dû prendre, seuls, des décisions importantes pour la santé des patients. "Un interne s'est retrouvé seul dans le service des urgences. Il a appelé à l'aide son senior, mais la personne était injoignable. Ce n'est pas une situation anecdotique, mais récurrente", affirme le président du SAIHCS. Pour ces internes, le semestre aux urgences touche à sa fin, mais 19 nouveaux viendront prendre leur place le mois prochain, malgré le désaccord profond des syndicats d’internes.

 

Des universitaires pour pallier l'encadrement défaillant

"Les internes attendus en novembre ne seront que de jeunes étudiants. […] Aux urgences, on peut être confronté à des cas extrêmement graves. On ne peut pas les laisser seuls sans encadrement", pointe le doyen de la faculté de médecine de Strasbourg, le Pr Jean Sibilia. Alors, une solution inhabituelle a été trouvée : 4 à 5 universitaires se relaieront aux urgences de Mulhouse pour accompagner les internes.

Cette mesure, dont le cadre sera précisé dans les jours à venir, est jugée "symbolique" par les internes qui jugent l'encadrement défaillant. Elle ne peut surtout...

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