Plus de 43 000 médecins inscrits à une action de DPC en 2021

09/02/2022 Par Aveline Marques
Après une année 2020 bousculée par la crise sanitaire, l’année 2021 a été celle de la "reprise" de l’activité pour le développement professionnel continu (DPC), avec un nombre de professionnels de santé inscrits en hausse de 7%. Lors d’une conférence de presse dressant le bilan de l’année écoulée, mardi 8 février, l’Agence nationale du DPC est également revenue sur les polémiques relatives à l’"exclusion" des médecins remplaçants et la restriction du financement pour les formations à la maitrise de stage universitaire (MSU). 

Alors que l’année 2020 avait été marquée par une baisse de 9.7% du nombre de professionnels de santé inscrits à au moins une action de DPC, l’année 2021 s’achève sur une hausse de 7%, signe d’une "reprise" de l’activité, a souligné Michèle Lenoir-Salfati, directrice générale de l’ANDPC, lors d’une conférence de presse dressant le bilan l’année écoulée.  

Sur les 156.943 professionnels de santé inscrits à un moins une action l’an dernier, 46% accédaient pour la première fois au dispositif au titre de la triennale 2020-2022. Avec 43.193 inscrits (dont 39% de nouveaux) en 2021, les médecins ont formé le gros du bataillon, juste derrière les infirmières (49.086 inscrits). En moyenne, un professionnel s’est inscrit à 1.6 action l’an dernier. 

En 2021, l’attrait pour la formation distancielle s’est confirmé : 64,1% des inscriptions ont porté sur des actions non présentielles (qui représentent 17% de l’offre). Une tendance qui n’est pas seulement conjoncturelle, mais structurelle, analyse Michèle Lenoir-Salfati. "C’est un changement de paradigme sur lequel il faut que l’on réfléchisse. Un nouveau modèle pédagogique est en train de s’installer." 

Ce qui en revanche ne change pas, ou trop peu, c’est la prédominance des actions de formation continue : elles ont représenté 88% des actions publiées en 2021 contre seulement 8% de programmes intégrés (mixte formation continue/évaluation des pratiques), 3% d’actions d’évaluation des pratiques professionnelles et 0.3% d’actions portant sur la gestion des risques. Afin de valoriser davantage les EPP, les actions de gestion des risques et les programmes intégrés, jugés "plus efficaces", les sections professionnelles ont choisi de mettre fin au forfait unique de 95 euros qui finançaient jusqu’ici les frais pédagogiques des organismes gestionnaires : le forfait des actions de formation continue non présentielle ou mixte sera abaissé à 70 euros, tandis que celui des autres types d’action sera réhaussé à 104.5 euros. Autre tendance lourde : la majorité des actions proposées restent à destination d’une seule profession (62.8%). 

Le budget rectificatif voté en mars 2021, porté à 211.9 millions d’euros, a été respecté. "Nous avons terminé l’année à l’équilibre", s’est félicitée Michèle Lenoir-Salfati, insistant sur la nécessaire régulation grâce à la "fongibilité" des enveloppes prévues pour chaque profession. Sur les 191 millions d’euros budgétés, 182 millions ont été effectivement engagés dans le cadre du financement du dispositif dit "de guichet" pour les professionnels éligibles au financement de l’Agence, ce qui représente une hausse de 13,3% par rapport à l’engagement de 2020 (160,7 M€).  

 

Plus de 79 millions d’euros pour les médecins en 2022 

Pour l’année 2022, l’ANDPC s’attend logiquement "à une montée des inscriptions" de la part des professionnels de santé qui n’auraient pas encore rempli leur obligation de DPC au titre de la triennale 2020-2022. C’est notamment le cas d’une "grande majorité" de médecins généralistes. Le budget initial pour 2022 est de 191.9 millions, frais de fonctionnement de l’ANDPC inclus. Celui consacré à l’activité de guichet est de 176.4 millions, en légère hausse de 0.2% ; l’enveloppe dévolue aux médecins s’élève à plus de 79 millions d’euros. Cette année encore, le budget pourra être rectifié. 

Revenant sur l’ "exclusion" des médecins remplaçants, la directrice générale du DPC a justifié une décision de mise en conformité avec la loi. La mise en œuvre du document de traçabilité, qui permet aux professionnels de justifier du respect de l’obligation de DPC auprès de leur ordre, "s’est accompagnée d’un changement radical dans la gestion des comptes", qui fonctionnaient jusqu’ici sur mode "déclaratif", a expliqué Michèle Lenoir-Salfati. "Nous avons souhaité sécuriser les comptes et nous nous appuyons désormais sur les données de l’annuaire santé, géré par l’Agence du numérique en santé. Nous parvenons désormais à identifier les libéraux là où certains salariés avaient pu se déclarer comme libéraux au cours des années précédentes et nous arrivons désormais à identifier les libéraux conventionnés", a-t-elle détaillé. Et d’insister : "Le code de santé publique dit clairement que l’Agence ne finance pas les libéraux en général, mais les libéraux conventionnés et les centres de santé conventionnés." "Ça ne veut pas dire que les médecins remplaçants sont privés de tout financement de leur DPC", a-t-elle précisé, renvoyant ces derniers au Fonds interprofessionnel de formation des professionnels libéraux. 

Autre polémique : la restriction du financement de la formation à la maitrise de stage universitaire. Un arrêté daté du 22 décembre dispose que seule la formation initiale à la MSU, en vue d’un premier agrément à l’accueil des étudiants en médecine en stage, sera désormais financée en "hors quota", sur 10 heures. Les MSU déjà agrées qui souhaiteraient mettre à jour leurs connaissances et compétences en la matière devront piocher dans le quota des 21 heures financées annuellement par l’ANDPC. "L’enjeu est de permettre qu’il y ait de plus en plus de maitres de stage", a justifié Michèle Lenoir-Salfati. Ce choix de restreindre le financement hors quota à la formation initiale a été fait par la section professionnelle des médecins, a-t-elle précisé.

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Valérie Briole

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