Infarctus mortel : l’AP-HP condamnée pour erreur de diagnostic après le décès d’un patient

04/10/2021
Faits divers / Justice
L’AP-HP a été condamnée à verser 14.000 euros à la famille d’un homme, décédé en 2019 à la suite d’une mauvaise prise en charge par le Samu.  
 

Dimanche 6 janvier 2019, un homme, âgé de 44 ans et résidant à Paris, téléphone au Samu. Il explique à son correspondant qu’il pense faire un malaise cardiaque. "J'ai extrêmement mal à la cage thoracique (…). Comme une compression, j’ai très mal au crâne, j’ai, j’ai un peu la nausée, j’ai des tremblements”, cite-t-il clairement au téléphone. Malgré ces symptômes, aucune procédure d’urgence ne va être lancée. Seule une ambulance est envoyée sur place.  

Toutefois, lorsqu’ils arrivent à 22h55, les ambulanciers trouvent la porte close. Ils font donc appel aux pompiers pour forcer l’entrée et découvrent l’homme inconscient. Le Smur est alerté à 23h33, arrive sur place 7 minutes plus tard, mais le décès du quadragénaire est prononcé à 00h40. D’après les constatations, sa mort est effectivement d’origine cardio-pulmonaire.  

Saisi, le tribunal administratif a diligenté une expertise médicale, qui a pointé une série de manquements. “Le tableau clinique décrit par l’ARM aurait dû évoquer au médecin régulateur du Samu les symptômes d’un infarctus du myocarde en cours d’installation”, rapporte le jugement, que Le Parisien a pu consulter.  

Le tribunal reproche notamment au Samu de ne pas avoir mené un interrogatoire plus approfondi et de ne pas avoir déclenché le Smur. Les parents déplorent également, de leur côté, qu’aucun interlocuteur de la victime lui ait demandé de laisser la porte de son domicile ouverte - l’intervention des pompiers ayant retardé sa prise en charge - bien qu’aucune préconisation ne soit prévue par un texte à ce jour.  

“Il résulte de tout ce qui précède que l’AP-HP est responsable d’une perte de chance de 40 % d’éviter le décès”, estime le jugement. En réparation, l’AP-HP est donc condamnée à verser près de 14.000 euros aux parents de la victime. L’affaire fait également l’objet d’une enquête pénale, au cours de laquelle le médecin régulateur a expliqué avoir pensé à d’autres pathologies que le malaise cardiaque.  

 [avec Le Parisien]  

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Marie GILARDI

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