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Un chirurgien soupçonné d’avoir utilisé une centaine de patients comme "cobayes"

Un médecin de l’hôpital de Gap (Provence-Alpes-Côte d'Azur) est soupçonné d'avoir expérimenté une nouvelle technique en dehors de tout cadre légal. Il aurait injecté un ciment dans les disques de la colonne vertébrale de ses patients, révèle RTL.

 

Ce sont les nombreuses accusations d’un des confrères du chirurgien de l’hôpital de Gap qui ont poussé le procureur de la ville à saisir l'Office central de lutte contre les atteintes à l'environnement et à la santé publique (OCLAESP). Selon le Dr Raouf Hammami, 52 ans, le chirurgien aurait utilisé une centaine de patients comme “cobayes” afin d'expérimenter une technique chirurgicale qui n’est pas autorisée en France.

C’est au début de l’année 2018 que le Dr Hammami, alors chef du service de chirurgie orthopédique et traumatologique de l’établissement, a découvert les manoeuvres de son confrère. “Il a joué à l'apprenti sorcier avec une centaine de patients souffrant de problèmes de dos”, a-t-il confié à RTL.

“Je suis tombé sur une étude menée entre 2015 et 2017 par ce collègue chirurgien, spécialiste du rachis, qui a expérimenté sur 87 patients une nouvelle technique, 'la cimentoplastie discale'" en dehors de tout cadre légal, raconte le praticien, qui explique qu’en France, il est autorisé d’injecter du ciment dans des vertèbres fragilisées pour les renforcer. Or le chirurgien mis en cause aurait “injecté ce ciment directement dans les disques de la colonne”.

Alertant sur un risque de “fuites de ciment” et de “complications au niveau des nerfs, des artères”, pouvant provoquer “un risque vital en cas d’hémorragie”, le Dr Hammami prévient alors le directeur de l’hôpital, l'Agence régionale de Santé, le Conseil de l'Ordre et le procureur. S’en suit alors une expertise, demandée par l’ARS à deux professeurs de médecine de Nancy.

Rapport “accablant”

Les conclusions sont “accablantes”. Selon le rapport, le chirurgien a bien “utilisé une technique non conforme aux données de la science chirurgicale au moment des faits”. Les auteurs précisent que le praticien aurait dû “demander l’avis d’un comité d'éthique ou d'un CPP (Comité de Protection des Personnes)”. De son côté, la Société de chirurgie rachidienne a confirmé “qu'en l'état actuel des connaissances, la...

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