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Vapotage : l'Anses alerte sur les risques

Risques cardiovasculaires, respiratoires et cancérogènes… sont des conséquences "possibles" voire "probables" du vapotage même en l'absence de nicotine dans les produits, alerte l'Anses qui vient de mener une expertise sur le sujet.

04/02/2026 Par Dre Marielle Ammouche
Santé publique Pneumologie
vapotage

Le vapotage concerne actuellement au quotidien 6% de la population en France. Surtout, il est en pleine expansion, dopé par la multiplication des dispositifs, des arômes, et des stratégies marketing ciblant des personnes de plus en plus jeunes. Ainsi, plus de 50% des vapoteurs ont entre 13 et 17 ans.

Initialement promu comme étant un outil efficace dans le cadre du sevrage tabagique, de plus en plus de personnes naïves de toute consommation tabagique les utilisent désormais, du fait d’un coût moins élevé que la cigarette, mais aussi de l’idée que le vapotage a un moindre impact sur la santé. C’est particulièrement le cas pour les femmes enceintes. Alors qu’en est-il réellement des risques sanitaires de ces produits? L’Agence nationale de sécurité sanitaire, de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses) a cherché à répondre à cette question en étudiant l’ensemble des données scientifiques et épidémiologiques actuellement disponibles. Elle vient de rendre ses conclusions dans un rapport assorti de recommandations.

L’Anses affirme ainsi que les risques sanitaires associés au vapotage sont globalement "possibles". Le risque le plus élevé – qualifié de "probable" par l’agence sanitaire - est constitué par les effets cardiovasculaires, et principalement l'augmentation de la pression artérielle et de la fréquence cardiaque que l'on retrouve en cas d'utilisation des e-cigarettes contenant de la nicotine, associé à une altération de la fonction endothéliale.

Mais l'ensemble des produits de vapotage – qu'ils contiennent ou non de la nicotine - sont potentiellement pourvoyeurs d'effets sur le système cardiovasculaire, avec un risque "possible" d’impact sur la rigidité artérielle, et d’accidents cardio-neurovasculaires, surtout chez les anciens fumeurs, mais pas uniquement. Sur le plan respiratoire, l’expertise conclut à un lien "possible" avec la BPCO. En revanche, les données sont insuffisantes concernant l’asthme.

Le niveau de preuve est aussi évalué à "possible" concernant la cancérogénèse.

Enfin, chez la femme enceinte, les données sont aussi en faveur d’effets "possibles" sur le développement cardiovasculaire et respiratoire du fœtus, et ce même avec les produits sans nicotine.

L’Anses met cependant en perspective ces risques avec ceux du tabac qui, eux, sont "à la fois graves, avérés et très documentés".

Dans son rapport, elle a aussi évalué les risques liés à l'inhalation de certaines substances, en particulier des aldéhydes, reconnues pour leurs effets toxiques, notamment cancérogènes. La question se posait du fait que ces produits étaient chauffés, mais non soumis à une combustion. Or les experts ont montré que "l’absence de combustion n’empêche pas la présence d’aldéhydes dans les émissions du vapotage, et que l’inhalation de ces substances présente un risque sanitaire pour le vapoteur".

Lutter contre les initiations chez les jeunes et les non-fumeurs

Dans ce contexte, les experts de l’Anses recommandent de mieux contrôler les ingrédients du vapotage, en restreignant certains et en interdisant ceux présentant un risque sanitaire. L'information des consommateurs doit aussi être améliorée.

Globalement, la responsabilité des fabricants sur la sécurité des dispositifs et des liquides à vapoter doit aussi être renforcée, de même que l’encadrement de leur pression marketing. Il s’agit "d’écarter les actions susceptibles d’encourager à s’initier au vapotage, en particulier chez les non-fumeurs et les jeunes, et d’éviter toute forme de banalisation de la cigarette électronique". Cela passe par l’application effective de l’interdiction de la vente aux mineurs, et de la publicité. Une réflexion doit aussi être mise en place sur la présence de nicotine, du fait de la dépendance qu’elle entraine.

Enfin concernant l’utilisation du vapotage dans le cadre du sevrage tabagique, l’Anses considère qu’il s’agit d’une option, mais qui doit rester "transitoire" et uniquement "pour les personnes rencontrant des difficultés à arrêter de fumer", "en complément des dispositifs d’accompagnement existants", et accompagnées d’un professionnel de santé (tabacologue, médecin généraliste, infirmier, pharmacien…).

Références :

Agence nationale de sécurité sanitaire, de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses, 3 février).

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