IVG

@Jérôme Rommé/stock.adobe.com

IVG : deux fois plus de femmes ont été confrontées à un refus d'accompagnement

Le Planning familial a publié, ce lundi 28 septembre, son deuxième baromètre sur l'accès à l'avortement en France. Selon la présidente de l'association, qui fête ses 70 ans, l'accès à l'IVG est "de plus en plus" difficile dans le pays. 

28/09/2026 Par Chloé Subileau
IVG

@Jérôme Rommé/stock.adobe.com

"Il y a de plus en plus de difficultés d'accès à l'avortement", a affirmé ce lundi 28 septembre la présidente du Planning familial, sur France Inter. Pour Sarah Durocher, dont l'association publie le deuxième baromètre sur l'accès à l'avortement en France*, cette tendance s'explique notamment par "des pressions" ou "un manque d'informations" auxquelles font face les femmes.  

D'après l'enquête parue aujourd'hui, 3 femmes sur 4 ayant avorté dans un établissement de santé ont dû attendre plus de 7 jours pour obtenir leur rendez-vous, contre 54 % en 2024. Et ce, alors que la loi prévoit un délai maximal de 5 jours.  

De plus, 1 femme sur 2 indique qu'un professionnel de santé a refusé de l'accompagner pour pratiquer une IVG (contre 27 % en 2024). "On a des témoignages [rapportant] des professionnels qui vont être très jugeants, très culpabilisants […] Heureusement que les sages-femmes sont là, puisque ce sont elles qui pratiquent la majorité des avortements aujourd'hui." 

"Il m'a dit qu'à 32 ans, je devais avoir des enfants" 

Selon la Drees, en 2025, les sages-femmes libérales ont effectué une IVG sur quatre, soit 54 % des IVG en ville, contre 23 % pratiquées par les généralistes et 23 % par les gynécologues médicaux ainsi que par les gynécologues-obstétriciens.  

"Je sors de chez le gynécologue (commence à pleurer). Ça faisait une semaine que je n'avais pas mes règles donc j'ai fait un test qui a été positif. J'ai consulté un gynécologue. Il m'a fait une échographie, il a refusé de me dire si je peux encore avorter. Il m'a dit qu'à 32 ans, je dois avoir des enfants", témoigne notamment une femme, citée dans le baromètre. 

Par ailleurs, le baromètre met en évidence que près d'1 femme sur 4 ne s'est pas vu proposer d'antidouleurs lors de son IVG ; 1 femme sur 5 n'a pas eu le sentiment d'avoir pleinement le choix de sa méthode d'IVG. 

Pour Sarah Durocher, ces résultats sont "une alerte". Alors que ce 28 septembre est marqué par la Journée mondiale du droit à l'avortement, la présidente du Planning familial appelle à la mise en œuvre de "vraies politiques publiques", avec des "moyens, des campagnes nationales"… Elle a, par ailleurs, appelé à la suppression de la cause de conscience des médecins en matière d'IVG. "C'est le seul acte où il y a une clause de conscience spécifique […] Ça participe à la stigmatisation [de cet] acte", a avancé Sarah Durocher.  

*Pour établir ce baromètre, la société Kantar a mené une étude quantitative en ligne du 18 au 30 juin 2026 auprès de 2 000 personnes, ainsi que d’un échantillon de 339 femmes ayant eu recours à une IVG au cours des cinq dernières années. Elle est complétée par une étude qualitative menée auprès de 11 femmes ayant eu recours à une IVG, interrogées lors d'entretiens individuels du 19 au 31 août 2026. 

De nouvelles actions en faveur de l'IVG et de la contraception :

Début septembre, le ministère de la Santé a présenté la feuille de route 2026-2030 de la Stratégie nationale de santé sexuelle, a rappelé ce lundi le cabinet dans un communiqué. Parmi les priorités de ce plan, la contraception avec notamment des réflexions sur l'amélioration de "la prise en charge du parcours contraceptif des moins de 26 ans" ou sur la facilitation de "l'accès au dispositif intra-utérin (DIU) en cuivre comme contraception d'urgence". 

Concernant l'IVG, la feuille de route prévoit de "simplifier les parcours, réduire les inégalités territoriales et sociales", et de "diversifier l'offre d'IVG". Sont également prévues "la modernisation des forfaits de prises en charge, la suppression du délai de carence en cas d'arrêt de travail consécutif à une IVG et la prise en charge des frais de transport lorsqu'aucun structure de proximité ne propose la méthode choisie", détaille le communiqué.  

Les oraux ont-ils leur place dans les examens de médecine ?

Suzanne 42

Suzanne 42

Non

Les oraux CLASSANTS n'ont pas leur place à mon avis car, si imparfaites que puissent être les épreuves écrites, celles-ci demeuren... Lire plus

1 débatteur en ligne1 en ligne
 
Vignette
Vignette

La sélection de la rédaction

Histoire
De jeune médecin inconnu à bourreau… Un historien retrace le parcours de Mengele, "l'Ange de la mort"
07/05/2026
0
Témoignage
Après la leucémie de son fils, elle se lance dans des études de médecine : "J'ai voulu redonner ce qu’on m...
05/05/2026
3
Témoignage
"Ma concentration ne dépassait pas les 30 minutes" : médecin généraliste, elle raconte "l'enfer" de son burn...
15/04/2026
22
Enquête Gynécologie-Obstétrique
Mal payés, épuisés, trop exposés : les gynécologues désertent les maternités
02/04/2026
16
Maladies rares
Qu’est-ce que le syndrome de Moersch-Woltman, dont est atteinte Céline Dion ?
01/04/2026
14
Chirurgie
Grands brûlés : les défis de la reconstruction cutanée
06/03/2026
3
La Revue du Praticien
Diabétologie
HbA1c : attention aux pièges !
06/12/2024
2