@dvlcom/Sock.adobe.com
Il avorte sa compagne à son insu : un interne condamné à deux ans de prison
Une interne en chirurgie orthopédique a provoqué, en mars 2024, l'interruption de la grossesse de sa compagne, sans que celle-ci ne soit au courant. Il a désormais interdiction d'exercer la médecine.
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Cinq ans de prison, dont trois avec sursis. C'est la peine prononcée par le tribunal correctionnel de Strasbourg, jeudi 3 septembre, à l'encontre d'un interne en chirurgie orthopédique pour avoir interrompu la grossesse de sa compagne à son insu en mars 2024. L'étudiant en médecine de 36 ans, originaire d'Haïti, ne souhaitait pas que sa conjointe, qu'il côtoyait depuis deux ans, garde cet enfant. Cette dernière, enceinte depuis février, souhaitait poursuivre sa grossesse, "conformément à ses convictions religieuses", écrivent nos confrères des Dernières Nouvelles d'Alsace.
L'interne, qui exerçait au centre hospitalier de Saverne (Bas-Rhin), a ainsi demandé l'aide d'un gynécologue de l'établissement afin d'obtenir des médicaments abortifs. Il a expliqué en avoir besoin pour aider sa belle-sœur en Haïti. Le praticien lui a fourni, sans aucune autorisation, un comprimé de mifépristone et trois cachets de misoprostol, rapportent nos confrères.
L'apprenti chirurgien a ensuite fait ingérer la première molécule à sa compagne en "l'embrassant". Celle-ci a senti "comme des petits morceaux qui s'effritent dans sa bouche, il [l'interne, NDLR] lui [a] dit que ça [devait] être du dentifrice", détaillent Les Dernières Nouvelles d'Alsace. Le lendemain, il lui a fait boire une boisson dans laquelle il avait dissout le second produit, avant de la laisser seule chez elle.
Interdiction d'exercer la médecine
La jeune femme, qui est infirmière, a alors compris qu'elle était "en train de perdre [son] bébé", a-t-elle témoigné, expliquant avoir ressenti des contractions de "plus en plus intenses".
L'homme a été condamné ce jeudi à deux ans de prison ferme et trois avec sursis, et placé sous mandat de dépôt. Il a, par ailleurs, une interdiction définitive d'exercer la profession de médecin et interdiction d'exercer pendant cinq ans toute activité de nature médicale ou paramédicale.
Son avocat, qui se "réserve le droit d'interjeter appel", a indiqué à l'AFP que l'interne – qui arrivait à la fin de ses études - avait "reconnu les faits qui lui étaient reprochés". "Il a expliqué qu'il les a commis parce qu'il n'arrivait pas à se projeter dans un projet de parentalité, qu'il n'était pas en situation psychologique, financière et matérielle de s'investir dans un projet parental", a ajouté Me Valentin Guégan.
[avec Les Dernières Nouvelles d'Alsace et AFP]
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