@Horváth Botond/ stock.adobe.com
"Du temps pour profiter de la vie sous le soleil" : le Vaucluse veut attirer des médecins salariés
Le département a lancé en 2022 son Plan santé "afin d'agir concrètement pour renforcer l'offre de soins sur le territoire". Sa mesure phare ? La création d'un réseau de centres de santé salariant des médecins "là où les besoins sont les plus criants".
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"Être déchargé de toutes les contraintes de gestion et travailler au sein d'un réseau où ils ne sont plus isolés" : c'est ce que promet le Vaucluse aux médecins exerçant dans l'un de ses quatre centres de santé. Le département a lancé en 2022 un Plan santé pour lutter "concrètement" contre la désertification médicale. Son ambition ? Faire du "cousu main" et s'adapter aux besoins des communes. Comment ? Via, notamment, la création d'un réseau de centres de santé "là où les besoins sont les plus criants".
Quatre établissements de la sorte ont d'ores et déjà vu le jour à Avignon, Cadenet, Apt et Sorgues. Treize médecins ont été recrutés entre 2023 et 2025 pour exercer dans ces centres (des retraités, des jeunes tout juste diplômés, ou encore des internes exerçant en qualité de remplaçant), ainsi que quatre secrétaires et une assistante. Au total, 8 173 patients ont été accueillis l'an dernier, et 12 526 depuis 2023, date d'ouverture du premier centre. Et plus de 43 900 consultations ont été réalisées, dont 17 800 en 2025.
Environnement "très concurrentiel"
Le département ne compte pas s'arrêter en si bon chemin. En 2026, un nouveau centre de santé doit ouvrir à Pernes-les-Fontaines, près de Carpentras. Un bus itinérant permettra aussi d'apporter des soins à des populations qui en sont éloignées, comme dans le nord-est du département. Et une deuxième campagne de communication pour recruter de nouveaux médecins généralistes sera lancée afin de "quadriller" le territoire, avance la présidente du département, Dominique Santoni.
Souhaitant "se démarquer" dans un "environnement très concurrentiel", le département a opté pour un ton décalé pour cette nouvelle campagne, comme il l'avait fait avec la précédente. "Docteur, venez prendre notre température et profiter de celle du Vaucluse", avance l'un des visuels de cette campagne, qui sera déployée entre la mi-avril et la fin mai. Ou encore : " Docteur, venez profiter d'un secrétariat et vous perdre ailleurs que dans les papiers".
Pour le département, le salariat est "un statut idéal pour les praticiens rebutés par les tâches administratives et en quête d'un bon équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle". En cela, il peut attirer les jeunes comme les moins jeunes. Le Vaucluse n'hésite pas à mettre sur la table des arguments de taille : un secrétariat donc, des congés payés et remplacés, une rémunération indexée sur la grille hospitalière, un travail en équipe…
Ce n'est pas tout. Le département met en avant la possibilité de faire du temps partiel mais aussi de bénéficier d'un complément de revenus en cas de participation à la permanence des soins ambulatoires (PDSA). Sans oublier de mentionner les atouts du territoire : des sites naturels "réputés" une "offre culturelle très riche"… et "300 jours de soleil par an".
Le Vaucluse n'est pas le seul département à avoir décidé de prendre le problème à bras le corps, bien que la santé ne soit pas de sa compétence. Il s'est d'ailleurs largement inspiré des "politiques innovantes" mises en place en Saône-et-Loire, Dordogne, Charente-Maritime ou dans les Alpes-Maritimes. Le département se défend toutefois de "concurrencer l'offre médicale existante". L'idée est de la "compléter", assure-t-on.
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