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Cancer de la peau : pourquoi la multiplication des centres privés de dépistage cutané inquiète les dermatologues

"Ces structures privées s'installent sur le 'terreau fertile de la pénurie' et surfent ouvertement sur l'angoisse légitime de la population face aux cancers de la peau", dénonce le Syndicat national des dermatologues-vénérologues dans un communiqué.  

30/06/2026 Par Louise Claereboudt
Dermatologie Spécialistes
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Présentée comme "une réponse à la pénurie critique de spécialistes", l'ouverture récente de centres privés de dépistage dermatologique pose "de graves questions éthiques, médicales et économiques", estime le Syndicat national des dermatologues-vénérologues (SNDV), dans un communiqué de presse publié sur son site Internet.  

Ces structures privées, qui "surfent ouvertement sur l'angoisse légitime de la population face aux cancers de la peau", transforment en effet "un enjeu de santé publique en marché lucratif", selon le syndicat. Guidées par une "logique de rentabilité", elles facturent des consultations à "des tarifs élevés", "laissant un reste à charge important pour le patient".  

En proposant un "dépistage de masse", elles s'écartent, en outre, de l'objectif de pertinence, via le "dépistage ciblé" que le SNDV défend. "Dépister l'ensemble de la population de manière indifférenciée et multiplier les 'cartographies complètes du corps' n'a aucune pertinence scientifique", juge ainsi le syndicat. Pour ce dernier, "cette approche favorise le surdiagnostic, sature inutilement les filières de soins et génère une anxiété de masse infondée en instrumentalisant les peurs du public". "Seules les personnes à risques de cancers de la peau doivent être suivies régulièrement", soutient le SNDV.  

L'explosion de ces centres privés de dépistage s'accompagne, selon le syndicat, d'une utilisation excessive de l'intelligence artificielle. "Le modèle de ces centres repose de manière disproportionnée sur la délégation des tâches à des logiciels d'intelligence artificielle", écrit ainsi l'organisation. "L'intégration de l'IA en dermatologie représente un progrès notable pour l'aide à la détection et l'analyse d'images. Cependant, cette technologie n'a absolument pas fait ses preuves en tant qu'outil de diagnostic autonome en vie réelle", rappelle le syndicat. Et d'ajouter qu'un "système certifié ne peut se substituer à la finesse de l'œil humain et à l'approche holistique du médecin". En outre, l'IA doit "impérativement rester sous la supervision directe et le contrôle exclusif des dermatologues", insiste le SNDV. "Confier des examens aux autres professionnels, sous prétexte qu’ils sont secondés par une machine, fait courir un risque majeur de faux négatifs ou de fausses réassurances, avec leurs conséquences économiques."  

Le syndicat appelle à miser non pas sur les centres "mercantiles" mais sur les équipes de soins spécialisés (ESS), qui apparaissent comme "une alternative vertueuse". "Initiée de manière pionnière en Ile-de-France, cette organisation est désormais pleinement inscrite dans le cadre conventionnel, validée et financée par les autorités de santé", rappelle le SNDV.  

A ce jour, cinq ESS en dermato-vénéréologie ont déjà été validées, selon le syndicat. D'autres sont en cours de validation. Elles permettent de tisser "un réseau solide entre les médecins généralistes de terrain et les dermatologues du territoire". En outre, "les données cliniques recueillies sur plusieurs années démontrent une efficacité remarquable : accélération de la prise en charge des mélanomes, diminution des délais de rendez-vous pour les cas urgents, et orientation pertinente des patients", vante le SNDV. Et ce, sans surcoût pour le patient.

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Thierry Wattelle

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FRANCOISE FAISANDIER
39 points
Médecins (CNOM)
il y a 1 mois
Si les dermatologues cessaient de donner des RV à 1 an et faisaient moins de pratique esthétique ils pourraient se plaindre mais à ce jour même si le Médecin traitant appelle un confrère pour un patient en cas de doute les RV sont à 6 mois !!!! Si on manque de Dermatologue il faut en former mais cette « pénurie« s’aggrave chaque année depuis 20 ans!!! Les généralistes ne peuvent pas être gynécologues, dermato, ophtalmo, psychiatre même si la FMC obligatoire les incite à être tout cela ……. pour 30 euro !!!! Dr FF
 
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