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Mort brutale d'une patiente aux urgences : 4 médecins poursuivis pour non-assistance à personne en danger et homicide involontaire

Deux médecins régulateurs et deux autres praticiens exerçant aux urgences de l'hôpital de Bayeux (Calvados) sont poursuivis pour non-assistance à personne en danger et homicide involontaire après le décès, en 2018, d'une femme. Le procès doit avoir lieu en juin 2027. 

02/09/2026 Par Chloé Subileau
Urgences
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L'affaire débute en septembre 2018. Une habitante du Calvados, qui vomit et souffre de fortes douleurs au ventre, appelle le 15 en début de matinée. Le régulateur au bout du téléphone décide de ne pas envoyer d'ambulance sur place. La femme se rend alors, avec l'aide de son compagnon, à l'hôpital de Bayeux, avant de décéder à 19h30 le même jour. 

Dans ce dossier, dont se fait l'écho Ouest-France, le tribunal administratif de Caen a déjà reconnu au civil des fautes de la part de l'hôpital. 

Une procédure a également été ouverte au pénal à l'encontre de deux médecins régulateurs du 15 pour non-assistance à personne en danger. Deux praticiens des urgences de Bayeux sont également poursuivis pour homicide involontaire, ceux-ci n'ayant "pas pratiqué un examen qui aurait permis d'établir la grossesse de la victime" et ayant "tardé sur un autre acte", détaillent nos confrères.

Une nouvelle expertise

Devant le tribunal correctionnel de Caen, l'avocate de la famille de la femme a rappelé que trois expertises judiciaires, réalisées à des moments différents, ont conclu à une prise en charge tardive ayant conduit au décès.

Les avocats de deux des médecins incriminés ont, eux, estimé que les rapports ont été faits d'un point de vue de la responsabilité administrative, "dont les critères ne sont pas les mêmes que la responsabilité pénale", rapporte Ouest-France.  Ils ont réclamé qu'un collège d'experts réalise une nouvelle expertise, avec notamment des spécialistes en médecine d'urgence et en réanimation. Une demande qui a été approuvée, mardi 1er septembre, par le tribunal correctionnel de Caen. Le procès est donc renvoyé au 24 juin 2027. 

[avec Ouest-France]

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Diedisheim Marc
19 points
Médecins (CNOM)
il y a 1 mois
Les détails sont sur le compte-rendu du tribunal administratif : Mme A présentait à son domicile des douleurs du bas ventre et des jambes, ainsi que des vomissements vers 8h30 le 22 septembre 2018. En l’absence d’amélioration de son état et sur avis du centre de régulation du Service Mobile d’Urgence et de Réanimation, Mme A a été conduite par son compagnon au service d’accueil et d’urgence du centre hospitalier Aunay-Bayeux à 12h15. A 12h33, l’infirmière d’orientation et d’accueil constate une hyperglycémie capillaire à 4,65 g/l. Les divers examens et analyses pratiqués conduisent le médecin des urgences, après échange à 13h05 avec le médecin de garde en réanimation sur l’augmentation des lactases, à poser le diagnostic d’une acidose cétose diabétique bien qu’il n’y ait aucun antécédent de diabète chez la patiente, et à entamer le traitement de cette acidocétose par perfusion d’insuline. A 14h19, face aux troponines élevées, le médecin réanimateur indique au médecin urgentiste que le tableau de la patiente est compatible avec un choc hypovolémique. Suite à l’administration d’antalgiques durant l’après-midi face à la persistance d’intenses douleurs abdominales, une première échographie abdominale pratiquée au lit de la patiente aux urgences à 16h50 par le médecin réanimateur révèle un épanchement abdominal péri-hépatique. Alors que les praticiens décident de pratiquer un scanner abdominal en urgence, Mme A se plaint de troubles visuels puis de la perte de la vue à 17h26, et présente un malaise avec trouble de la conscience, révulsion oculaire et bradycardie lors de son installation sur la table d’examen, le scanner révélant un épanchement hémorragique intra-abdominal diffus majeur. Mme A, qui a présenté un arrêt cardio-respiratoire en asystolie à l’issue de l’examen, est prise en charge au bloc opératoire à 18h pour y subir une laparotomie pratiquée en urgence absolue. Le décès de Mme A suite à un hémopéritoine majeur sur grossesse extra utérine droite rompu salpingectomie, est constaté à 19h30. Le rapport contradictoire de l’expert révèle un défaut de diagnostic rapide de grossesse au service des urgences en l’absence de test par bandelette urinaire et de dosage des Béta HCG, un retard à la réalisation d’une échographie abdomino-pelvienne devant les douleurs abdominales persistantes en dépit de la prise en charge de diagnostic d’acidocétose diabétique attribuée initialement, et un défaut d’examen clinique attentif de la patiente
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Michel Rivoal
14,2 k points
Plume
Anesthésie-réanimation
il y a 1 mois
Les articles dans la presse ne sont pas très précis. Il manque donc pas mal d'éléments pour comprendre. 10h de délai entre l'appel au SAMU et le décès à l'hôpital. Grossesse non décelée. Expertises multiples dont on n'a bien sûr pas les conclusions. Expertise contradictoire à venir en 2027 après 8 ans de procédure. Il y a trop d'hypothèses à soulever dont les réponses ne nous sont pas communiquées. Rupture de GEU? Péritonite? Occlusion?Symptômes mal décrits ou mal interprétés? Deuxième avis demandé? Quid de l'examen aux urgences? Échographie abdomino-pelvienne non faite? Biologie? On connait la fin donc difficile de ne pas évoquer un retard diagnostic donc une perte de chance. Mais était ce si simple en temps réel?
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CHAMBON dominique
6,1 k points
Débatteur Passionné
Médecine générale
il y a 1 mois
Merci à Marc D. pour sa recherche. La GEU ne se diagnostique pas en situation d’urgence comme décrite dans les livres (ma sœur a été rattrapée par les cheveux à 6 de tension). C’est un diagnostic difficile car la symptomatologie est polymorphe comme tout "ventre aigü". D’où la nécessité d’examiner soigneusement les patients, de se rappeler au bon moment nos cours de sémiologie (qui ne s’enseigne plus beaucoup, surtout au lit du malade). En plus de l’examen clinique, c’est l ’écho en urgence (geste simple et contributif dans des mains rompues à l’examen) qui aurait pu sauver la patiente. Elle saigne depuis 8h30, le choc hypovolémique est évoqué à 14h19. À ce moment-là, on comprend mal que l’écho n’ait été faite que 2h30 après, à 16h50. Le scanner n’était à ce stade pas nécessaire, le tableau hémorragique était suffisamment évocateur pour décider une laparotomie. La cour, qui n’est pas réputée tendre avec les praticiens, conclura au minimum à une perte de chance ayant contribué à l’issue fatale. Cette notion de "perte de chance" n’est pas suffisamment inscrite dans nos décisions. Elle est toujours dramatique Et pour le patient ET pour le médecin. Elle détermine la différence entre l’erreur et la faute.
 
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