Les étudiants en médecine repensent le deuxième cycle

21/11/2017 Par Sandy Bonin

Après le fiasco des ECNi 2017, l’Association nationale des étudiants en médecine de France (Anemf) a lancé sa Grande concertation nationale (GCN) sur le second cycle des études de médecine. Les propositions viennent d'être publiées.

Au début du mois d'août 2017, l'Anemf a lancé une grande concertation nationale sur le deuxième cycle des études de médecine. Après un vaste sondage auprès des étudiants, l'association s'est déplacée dans 29 UFR de médecine sur les 37 que compte la France pour co-animer des assemblées générales locales avec les étudiants. Cette concertation a confirmé la volonté des étudiants de sortir du système ECNi actuel. Il lui est reproché son critère unique (évaluation des connaissances) qui ne reflète pas une affinité entre un étudiant et un poste, ses modalités pratiques mais aussi son effet pervers sur le reste de la formation (par exemple le désinvestissement en stage). Pour la plupart des étudiants, l’évaluation des connaissances théorique doit être étalée et composée de plus d’épreuves que les ECNi, qui constituent une évaluation trop ponctuelle. L'Anemf propose donc de supprimer les ECNi au profit d’un système de matching entre un étudiant et un poste d’interne, se basant sur trois critères : connaissances, compétences, parcours. Elle souhaite garantir l’égalité de traitement entre les étudiants en utilisant une procédure de matching anonyme, algorithmique et transparente, plus juste et sécurisée.  

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  Les étudiants veulent diversifier l’offre de stages en s’ouvrant à des terrains hors du CHU, en promouvant une organisation des stages en alternance "temps plein" et en accompagnant la mobilité des étudiants sur le territoire. La concertation de l'Anemf a démontré que 83,6% des étudiants jugent l'encadrement en stage insuffisant. L'association propose donc de réinvestir l’ensemble des enseignants dans la pédagogie, en stage ou à l’université. Le statut hospitalo-universitaire doit être repensé pour permettre à chacune de ses missions (recherche, enseignement...) d’être valorisée séparément, estiment les carabins. Les futurs médecins jugent que le statut de l’étudiant-hospitalier est inadapté aux exigences de flexibilité et de stabilité des étudiants. Ils souhaitent le repenser et le revaloriser (missions dévolues et place dans les équipes, salaire et accès aux aides sociales, respect des conditions de travail...)  Par ailleurs, "l’étudiant de deuxième cycle ne doit plus être seulement hospitalier !", estime l'Anemf. Le contenu des cours n'a pas été épargné par les recommandations de l'Anemf. Plus de 64% des étudiants jugent que les cours sont trop détaillés et/ou spécialisés. Les carabins souhaitent donc élaguer le programme du deuxième cycle et fournir aux étudiants un référentiel unique issu d'un travail coordonné des différents collèges de spécialité (y compris la médecine générale). Les étudiants constatent également que la limitation de la docimologie aux questions à choix multiples est très délétère. Celle-ci doit être libérée et proposer un panel beaucoup plus varié pour évaluer les connaissances de manière toujours plus performante : tests de concordance de script, questions à réponse ouverte... Pour lutter contre la désertification médicale, les carabins sont favorables à l’ouverture importante de stages hors du CHU. Ils veulent redynamiser le statut de maître de stage en le démocratisant auprès de l'ensemble des spécialités, en allégeant ses contraintes et en revalorisant sa compensation financière. Enfin, l'Anemf déplore qu'actuellement, le deuxième cycle valorise un socle de connaissances comme critère de régulation unique, avec pour conséquence l’application d’un "moule" sur l’ensemble des étudiants. Ils souhaitent donc que la sortie du "tout ECN" puisse permettre à chaque étudiant de développer son parcours en fonction de ses affinités, et de personnaliser son cursus. Mobilités, recherche, engagement, stages ou encore double cursus ne doivent plus être des obstacles à la réussite prône l'association.

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Marie GILARDI

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