Les pistes des Français pour lutter contre les actes inutiles

27/11/2017 Par Sandy Bonin
Système de santé

Un sondage commandité à Odoxa par la Fédération hospitalière de France (FHF) démontre la sévérité des Français vis-à-vis des actes inutiles. Ils pensent que les pouvoirs publics ne se préoccupent pas suffisamment de ce sujet, mais il n'y a que deux Français sur dix pour leur donner la responsabilité de la chasse au gaspi.

Les trois quarts des Français (76 %) jugent que les actes médicaux non justifiés constituent un problème important en France. Un sondage Odoxa pour la Fédération hospitalière de France, réalisé auprès de Français, Européens, médecins et directeurs d'hôpitaux, donne quelques pistes pour lutter contre les actes inutiles. De l'avis des Français (34 %) comme de celui des médecins (35 %), les actes inutiles représenteraient plus d'un tiers des actes médicaux. Et 88 % des médecins reconnaissent qu'il leur arrive d'en prescrire personnellement. Pourquoi ? Par crainte des poursuites juridiques intentées par les patients, expliquent 68 % des médecins concernés et 54 % des directeurs d'hôpitaux. Pour les Français, lutter contre ces actes inutiles permettrait de faire des économies. 77 % de nos concitoyens le pensent, mais 78 % estiment que les hommes politiques ne se préoccupent pas suffisamment de ce sujet. Pourtant, Agnès Buzyn vient de placer la pertinence des soins en tête de ses préoccupations et de sa stratégie nationale de santé. Quelles seraient les solutions préférées des Français ? Pour 81 % d'entre eux, la pratique d'un second avis avant la réalisation d'actes chirurgicaux lourds est privilégiée, et ils sont autant à plébisciter la mise ne place d'un service téléphonique de régulation des urgences. 85 % estiment que communiquer sur les écarts de pratique des médecins pourrait améliorer les prises en charge médicales et autant (87 %) souhaitent que les hôpitaux rendent publics leurs résultats en matière de qualité et de pertinence des soins.

 

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  Par ailleurs, 86 % considèrent qu'une plus grande responsabilisation des patients et des professionnels de santé pourrait avoir un impact positif pour diminuer le coût des soins en France. Enfin, les Français demandent la fin de la tarification à l'acte et entre 64 et 72 % d'entre eux estiment qu'un autre mode de tarification serait plus "juste", "efficace", "positif pour les Français", "moins coûteux" et "possible". Odoxa ajoute que les Français considèrent que pour lutter contre les actes inutiles, il font bien plus confiance à eux même, aux professionnels de santé ou une fédération indépendante comme la FHF qu'aux pouvoirs publics. Ils ne sont que 18 % à accorder cette confiance au ministère de la Santé, et que 8 % seulement, à la donner au gouvernement.

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