Les plateformes de téléconsultation, tentées de franchir la ligne rouge

11/12/2018 Par Catherine le Borgne
E-santé

Devant les excès de communication ou la multiplication des plateformes commerciales de santé promettant le remboursement des actes de téléconsultation, l'Ordre des médecins demande que la future loi de santé, annoncée en 2019, rappelle les principes de solidarité de notre système de santé qui repose sur la sécurité sociale.

Depuis début octobre, la plateforme Qare assure avoir envoyé 300 e-feuilles de soins à l'assurance maladie et, pour l'instant, aucune n'aurait été rejetée. Cette plateforme, ou encore Livi, basé sur le même principe, a pourtant été épinglée par l'Ordre des médecins, informe le Figaro. L'instance lui a rappelé les principes sur lesquels étaient fondés la télémédecine, remboursable par l'assurance maladie depuis le 15 septembre à commencer par le respect du parcours de soins. C'est le médecin traitant qui doit effectuer la e-consultation auprès d'un patient déjà connu : il doit en effet l'avoir vu physiquement au moins une fois au cours des douze derniers mois. C'est encore le médecin traitant qui enverra le patient à une téléconsultation de spécialiste le cas échéant (la téléexpertise ne sera effective et remboursable qu'à la mi-février). Si le patient n'a pas de médecin traitant le patient doit se tourner vers une maison de santé, un centre de santé ou une Cpts pour être orienté. "La téléconsultation que nous remboursons est celle effectuée sous la responsabilité du médecin qui vous connaît ou avec un spécialiste auquel il vous a adressé" explique au Figaro Anne-Laure Coury, directrice déléguée à la gestion de l'organisation des soins à la CNAM. "Les téléconsultations sur plateformes commerciales, avec des médecins que vous ne verrez qu'une fois, n'entrent pas dans ce cadre", souligne-t-elle très clairement. S'ils sortent de ce cadre, les "téléconseils", délivrés par les plateformes ne sont pas pris en charge par la collectivité. Mais ils pourront l'être par des mutuelles ou assurances privées en fonction des contrats des assurés. "Certains ne peuvent pas bénéficier de coupe-file. Notre système doit assurer la même prise en charge pour tous, dans le cadre du parcours de soins", assène le Dr Patrick Bouet, lui-même médecin généraliste en exercice et président du Conseil national de l'Ordre. Le Pdg de Care, Nicolas Wolikow, reconnaît "une maladresse de communication, mais nous voulions marquer le coup". Sa plateforme n'a pas de call center à l'étranger, mais travaille avec 300 médecins "tous français formés en France", avec l'objectif d'en compter 3 500 à 5 000 d'ici la fin 2019. Tous libéraux, ils assurent le service depuis leur cabinet. Le Figaro précise que les médecins paient un abonnement mensuel de 75 euros pour faire de la téléconsultation avec leur patientèle, ou rétrocèdent 20 % de leurs honoraires si les patients sont apportés par Qare. [Avec lefigaro.fr]  

Faut-il restreindre les conditions d'accès au secteur 2?

Herve  Koskas

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Nous restons dans le gre à grè. L information doit etre claire: pas de surprise ; pas de dessous de table; c'est le but du S2 !. ... Lire plus

 
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