L'anesthésiste de Besançon a-t-il tenté d'empoisonner sa collègue ?

24/05/2019 Par Aveline Marques
Faits divers / Justice
C'est la conclusion à laquelle seraient arrivés les enquêteurs dans l'affaire des empoisonnements de patients à Besançon. En 2016, une anesthésiste de la clinique Saint-Vincent subit une intervention. Au dernier moment, l'ordre de passage est bousculé : la patiente qui prend sa place fait un arrêt cardiaque, victime d'une surdose médicamenteuse. C'est l'un des 24 victimes présumées du Dr Frédéric Péchier, mis en examen. 

Cette anesthésiste travaillait avec le Dr Péchier depuis dix ans à la clinique Saint-Vincent de Besançon. Ils étaient d'ailleurs amis, dînant fréquemment ensemble en compagnie de leurs conjoints, également médecins. Jusqu'à ce que les deux couples se brouillent. Six semaines plus tard, le 15 avril 2016, l'anesthésiste doit subir une intervention. Au dernier moment, elle demande à être endormie par son époux, lui-même anesthésiste, bousculant ainsi les ordres de passage, explique Le Parisien. La patiente qui prend sa place, âgée de 50 ans et en parfaite santé, ne se réveillera pas. Alors présent à la clinique, le Dr Péchier était intervenu pour tenter de la ranimer mais "n'a pas pu (la) sauver et il n'aurait peut-être pas sauvé" sa consoeur, selon l'avocat de cette dernière, Me Dreyfus-Schmidt. La patiente est décédée d'un arrêt cardiaque dû à une surdose de Mépivacaïne et de Tramadol, ont conclu les analyses. Elle fait partie des 24 victimes présumées (dont 9 décès) du Dr Péchier, mis en examen pour empoisonnements mais laissé en liberté sous contrôle judiciaire. Pour les enquêteurs, c'est bien la consœur du Dr Péchier qui était visée jusque-là "Dans un contexte de conflit aigu avec ses collègues", l'anesthésiste aurait sciemment empoisonner les poches, pour apparaître aux yeux de ces collègues comme un sauveur. "Je suis désolé de le dire […], mais mes collègues ne savent pas prendre en charge des malades faisant un arrêt cardiaque", aurait-il déclaré. Il assure aujourd'hui que n'importe qui aurait pu trafiquer les poches. Ses avocats soulignent que sa consoeur anesthésiste ne fait pas partie des cas retenus par le juge d'instruction pour lesquels le Dr Péchier a été mis en examen. "A force d'hypothèses, on construit un roman, pas un dossier", alerte Mr Jean-Yves Le Borgne. L'affaire n'est pas sans rappeler celle des "médecins de Poitiers", relève Le Monde. Le 30 octobre 1984, une femme de 33 ans avait trouvé la mort lors d'une opération bénigne au service ORL du CHU de Poitiers. Les deux tuyaux amenant le gaz au respirateur avaient été inversés. Le docteur Bakari Diallo, mis en cause par son chef de service, et incarcéré pour assassinat. Il a finalement été acquitté, faute de preuves. Une affaire, sur fond de conflits internes, suivie de près par la famille Péchier. Le père de Frédéric Péchier est en effet anesthésiste au CHU de Poitiers, et ce dernier y a fait ses études. [avec LeParisien.fr, LeMonde.fr et AFP]

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