L’accès à l’IVG médicamenteuse autorisé à domicile jusqu’à 9 semaines

14/04/2020 Par Louise Claereboudt
Santé publique
La Haute autorité de Santé (HAS) a annoncé dans un communiqué qu’elle validait la possibilité de proposer aux femmes une interruption volontaire de grossesse médicamenteuse à domicile jusqu’à 9 semaines d’aménorrhée.
 

Pour “garantir le droit des femmes à l’IVG” pendant l’épidémie de Covid-19, le Haute autorité de Santé a donné, vendredi 10 avril, son feu vert pour étendre à neuf semaines, contre sept actuellement, l'accès à l'interruption volontaire de grossesse médicamenteuse à domicile. Un arrêté du 14 avril officialise, par ailleurs, la possibilité pour les médecins et sages-femmes de prescrire et de suivre des IVG médicamenteuses en téléconsultation. Jusqu’à présent, l’IVG médicamenteuse ne pouvait être effectuée qu’à l’hôpital lors de la huitième et neuvième semaine d'aménorrhée car ‘’les conditions de conservation des médicaments utilisés dans le protocole ad hoc (congélation) ne sont en effet pas adaptées à une prise à charge à domicile”, note la HAS. Pour permettre aux femmes d'accéder à l’IVG médicamenteuse à domicile jusqu’à neuf semaines pendant l’épidémie, la Haute autorité de Santé a défini deux nouveaux protolocoles médicamenteux. Ces derniers, validés par le Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF) et l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM), reposent sur l’association d’une antiprogestérone (mifépristone), suivie d’une prostaglandine (misoprostol).

La HAS rappelle toutefois la nécessité de prévenir la douleur, “en prescrivant du paracétamol associé à l’opium ou à la codéine” à la place de l’ibuprofène, et d’éviter, dans la mesure du possible, que la femme ne soit seule à domicile. La Haute autorité de Santé rappelle également que l’administration de ces médicaments par voie vaginale est à proscrire puisqu’elle peut induire des chocs toxiques et septiques. Ces dernières semaines, de nombreuses associations s’inquiétaient de voir l’accès à l’IVG se compliquer au vu de la crise sanitaire et, de fait, que certaines femmes ne dépassent le délai légal autorisé. Le ministère de la Santé avait alors assuré fin mars que l’interruption volontaire de grossesse demeurait bien une intervention urgente et que leur continuité devait “être assurée”.

Faut-il supprimer les ARS ?

Marie GILARDI

Marie GILARDI

Oui

Leur communication est opaque Ils ne comprennent rien au terrain Ils ont une logique comptable Ils ont et ont participé à la... Lire plus

1 débatteur en ligne1 en ligne
 
Vignette
Vignette

La sélection de la rédaction

Témoignage
"Ma concentration ne dépassait pas les 30 minutes" : médecin généraliste, elle raconte "l'enfer" de son burn...
15/04/2026
21
Enquête Gynécologie-Obstétrique
Mal payés, épuisés, trop exposés : les gynécologues désertent les maternités
02/04/2026
15
Psychiatrie
"La caisse me réclame plus de 40.000 euros" : le combat d'un psychiatre pour des prescriptions basées sur les...
08/04/2026
20
Maladies rares
Qu’est-ce que le syndrome de Moersch-Woltman, dont est atteinte Céline Dion ?
01/04/2026
14
Déontologie
"On m'a sali alors que je n'ai fait que rendre service" : un médecin retraité jugé pour avoir continué à...
10/03/2026
0
Chirurgie
Grands brûlés : les défis de la reconstruction cutanée
06/03/2026
3
La Revue du Praticien
Diabétologie
HbA1c : attention aux pièges !
06/12/2024
2