L'Académie de médecine réclame "un service citoyen médical d’un an pour tout médecin nouvellement diplômé"

27/10/2022 Par Aveline Marques
L'Académie de médecine livre ce jeudi 27 octobre une série de recommandations pour promouvoir l'exercice en zone sous-dense, issues d'un groupe de travail dédié. Parmi elles, l'instauration d'une obligation d'exercice dans les déserts médicaux durant un an. 

 

Pour lutter contre les déserts médicaux, il faut "mettre en place d'urgence un service citoyen médical d'un an pour tout médecin nouvellement diplômé", estime l'Académie de médecine. Une mesure justifiée "par l'extrême gravité de la pénurie de médecins", et qui devra être maintenue tant que la situation l'exigera. Ce service "serait organisé dans le territoire par l’ARS en coordination avec la faculté de médecine. Cela se fera dans le cadre d’un salariat et en utilisant les infrastructures mises à disposition par les territoires", développe l'Académie dans ce communiqué, synthétisant les propositions d'un groupe de travail dédié aux zones médicalement sous-denses.  

En revanche, la 4e année d'internat de médecine générale, si elle est actée, ne doit comporter "aucune obligation territoriale". Cette année "ne peut être une solution pour pallier les déficits dans les zones sous-dotée", insistent les rapporteurs, les Prs Patrice Queneau et Rissane Ourabah. Cette année supplémentaire doit être professionnalisée grâce à des stages ambulatoires et les étudiants "encadrés par des MSU et des tuteurs". Elle doit comporter une formation "au management du cabinet médical, à la gestion et à la fiscalité". Les stages ambulatoires doivent également être développés au cours du 2nd cycle. 

 

Majoration des consultations en zones sous-denses 

Pour libérer du temps médical, l'Académie plaide pour le développement des délégations de tâches à d'autres professionnels de santé, notamment infirmiers. Mais elles doivent "s’inscrire dans des parcours de soins coordonnés par le médecin, en respectant le champ de compétence de chacun". Elle propose également de "majorer les honoraires" à hauteur de 20% pour tous les médecins exerçant dans les zones sous-denses. 

Considérant qu'"il faut en moyenne plus de deux médecins pour remplacer un médecin partant à la retraite", il convient d'"augmenter immédiatement et de manière conséquente le 'numerus apertus', en l’adaptant aux besoins réels des territoires grâce à une cartographie précise et actualisée, comportant le nombre des médecins exerçant à temps partiel, le nombre des médecins exerçant une profession non soignante et le nombre des médecins n’exerçant pas ou que très peu", insiste l'Académie. 

L'institution plaide enfin pour la facilitation du cumul emploi-retraite (avec des cotisations permettant l'acquisition de droits supplémentaires), de l'exercice multisite et des consultations délocalisées et pour favoriser le recrutement d'assistantes médicales et de secrétaires par des aides financières pérennes.

Faut-il supprimer les ARS ?

Marie GILARDI

Marie GILARDI

Oui

Leur communication est opaque Ils ne comprennent rien au terrain Ils ont une logique comptable Ils ont et ont participé à la... Lire plus

10 débatteurs en ligne10 en ligne
 
Vignette
Vignette

La sélection de la rédaction

Témoignage
"Ma concentration ne dépassait pas les 30 minutes" : médecin généraliste, elle raconte "l'enfer" de son burn...
15/04/2026
21
Enquête Gynécologie-Obstétrique
Mal payés, épuisés, trop exposés : les gynécologues désertent les maternités
02/04/2026
15
Psychiatrie
"La caisse me réclame plus de 40.000 euros" : le combat d'un psychiatre pour des prescriptions basées sur les...
08/04/2026
20
Maladies rares
Qu’est-ce que le syndrome de Moersch-Woltman, dont est atteinte Céline Dion ?
01/04/2026
14
Déontologie
"On m'a sali alors que je n'ai fait que rendre service" : un médecin retraité jugé pour avoir continué à...
10/03/2026
0
Chirurgie
Grands brûlés : les défis de la reconstruction cutanée
06/03/2026
3
La Revue du Praticien
Diabétologie
HbA1c : attention aux pièges !
06/12/2024
2