Le microbiote intestinal des enfants à la loupe
[DOSSIER ENJEUX 2026] Après le succès du French Gut, qui vise à cartographier le microbiote des Français à partir d’échantillons de selles récoltés auprès de 100 000 volontaires d’ici à 2029, le projet s’élargit désormais aux enfants de 3 à 17 ans, via Le French Gut Kids.
Conjointement avec l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae) vient de lancer l’extension du projet français Le French Gut – le microbiote, dans sa version "enfants", Le French Gut Kids. Avec pour ambition la collecte et l’analyse des selles de 10 000 enfants de 3 à 17 ans pour mieux comprendre les déterminants de sa construction.
Au moins 30 000 adultes aujourd’hui se sont prêtés à l’exercice ; 100 000 sont espérés d’ici à 2029 dans un contexte d’explosion de maladies chroniques (hypertension artérielle, syndrome de l’intestin irritable et asthme en tête) dont une des clés est probablement l’environnement. Certes, les humains sont plus nombreux, l’espérance de vie plus grande… mais l’incidence du cancer du côlon avant 50 ans, par exemple, a crû notablement. Les données du French Gut étant adossées à celles du Système national des données de santé (SNDS), un suivi passif est possible et une association mise en lumière entre le microbiote et la santé.
"Selon les tout premiers résultats des 5 000 échantillons de microbiote adulte aujourd’hui séquencés, ils sont d’autant plus pauvres que la personne souffre d’un plus grand nombre de pathologies chroniques", observe le Dr Patrick Veiga, directeur scientifique de MetaGenoPolis et du French Gut.
Une étude participative
Reste à mettre en évidence, sans doute dans plusieurs années, un lien causal. "Grâce aux nouveaux échantillons d’enfants et de jeunes adultes aujourd’hui sollicités, nous devrions avoir une idée de la façon dont le microbiote évolue au-delà de l’âge de 3 ans (la naissance de l’écosystème intestinal contemporaine de la naissance proprement dite étant largement étudiée), sa diversité, l’influence du mode de vie, la transmission du microbiote parental, la survenue de maladies chroniques (telles que l’allergie ou les troubles de la santé mentale)...", indique le Dr Alexis Mosca, gastropédiatre dans le service de gastroentérologie et nutrition pédiatriques de l’hôpital Robert-Debré à Paris.
La participation à ce projet de sciences participatives est gratuite, bien sûr, et anonymisée : il suffit de s’inscrire sur le site avec éventuellement l’aide d’un parent pour les plus jeunes, de compléter deux séries de questionnaires sur les habitudes alimentaires et la santé, puis de faire le don d’un échantillon de ses selles avec le kit de collecte reçu par la Poste directement au domicile. Les informations ainsi générées devraient permettre de répondre à cette question cruciale de l’œuf et de la poule : est-ce le microbiote qui favorise l’éclosion d’une maladie chronique ou la pathologie qui modifie le microbiote ?
Au sommaire de ce dossier sur les principaux enjeux médicaux en 2026 :
- "Sans de nouveaux antibiotiques, nous pourrions de nouveau mourir d’une otite" : la recherche face à l'antibiorésistance
- Projet EUnetCCC : relever le défi de l’équité des soins en cancérologie en Europe
- Les allergies : des maladies de plus en plus fréquentes, complexes et sévères
- Dyslipidémies : un nouveau consensus français
- IA et nouveaux traitements : la révolution a déjà commencé
- Lutter contre l’iatrogénie du sujet âgé
- La vaccination pour prévenir la perte d’autonomie
Références :
D’après une conférence de presse de l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae, 21 novembre). www.lefrenchgut.fr
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