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@Andrey Popov/Stock.adobe.com

Sahos : le médecin généraliste en première ligne à toutes les étapes

Touchant près de 4 % de la population française, le syndrome d'apnées-hypopnées obstructives du sommeil (Sahos) augmente fortement le risque cardiovasculaire. Son repérage précoce en médecine générale est déterminant pour prévenir les complications.

22/07/2026 Par Hélia Hakimi-Prévot
Wonca/CMG 2026
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"Les apnées du sommeil sont dans nos salles d'attente. Encore faut-il penser à les chercher !", affirme haut et fort le Dr Raphaël Lozat, médecin généraliste à Moissac, membre du conseil d'administration du Collège de la médecine générale (CMG). De fait, le syndrome d'apnées-hypopnées obstructives du sommeil (Sahos) provoque des interruptions répétées de la respiration pendant le sommeil et constitue ainsi un véritable facteur de risque cardiovasculaire et métabolique. Pourtant, 85% des personnes atteintes restent non diagnostiqués.

"Le réflexe du généraliste ne doit pas se limiter au dépistage du patient qui consulte pour des ronflements. Plus de 50 % des patients coronariens, près de 60 % de ceux atteints d'hypertension résistante et une très forte proportion des personnes souffrant de fibrillation atriale présentent un syndrome d'apnées du sommeil", rappelle le Dr Lozat. Le Sahos est également fréquent chez les patients atteints de diabète de type 2, d'obésité ou d'insuffisance cardiaque. Le praticien recommande ainsi un dépistage systématique chez les patients présentant ces comorbidités, mais aussi devant une somnolence diurne, une fatigue chronique, une hypertension difficile à équilibrer, un reflux gastro-œsophagien nocturne ou des troubles de l'humeur. "En France, près d'une consultation sur cinq concerne un problème de santé mentale. Derrière une fatigue, une irritabilité ou un syndrome dépressif, en particulier chez les femmes de moins de 50 ans, il peut en réalité se cacher un trouble du sommeil", souligne-t-il.

Le diagnostic commence au cabinet. Le médecin généraliste doit rechercher les signes évocateurs : sommeil non réparateur, somnolence ou syndrome des jambes sans repos (SJSR) diurne, pauses respiratoires rapportées par l'entourage, sensation d'étouffement nocturne, céphalées matinales, nycturie, troubles de la concentration ou baisse de la libido. "Il s'agit dune question qu'il ne faut pas oublier. La libido est souvent l'un des premiers symptômes qui s'améliore après le traitement", assure le Dr Lozat. L'examen clinique est tout aussi important : calcul de l'indice de masse corporelle, mesure du périmètre cervical, recherche d'une obstruction ORL, score de Mallampati (outil utilisé pour évaluer la visibilité des structures dans la gorge) ou encore, évaluation des facteurs de risque cardiovasculaire. "Le questionnaire Stop-Bang* reste, par ailleurs, l'outil de dépistage de référence en médecine générale pour identifier les patients à haut risque", note le spécialiste en médecine générale.

Plusieurs options de traitement

Toute suspicion de Sahos doit être confirmée par un enregistrement du sommeil, via une polygraphie réalisée durant dix heures à domicile. En cas de forte suspicion clinique malgré un examen normal, une polysomnographie est indiquée. Le traitement repose ensuite sur une approche individualisée. Si la pression positive continue (PPC) demeure la référence dans les formes modérées à sévères, elle n'est pas l'unique option. "Notre rôle est de trouver le traitement le plus adapté au patient", rappelle le Dr Lozat. Selon les situations, une orthèse d'avancée mandibulaire, une thérapie positionnelle chez les patients présentant un Sahos de décubitus ou la prise en charge d'une obstruction nasale peuvent notamment être proposées.

Le médecin traitant conserve un rôle central. Il accompagne la perte de poids, encourage l'activité physique, réduit les facteurs aggravants (alcool, benzodiazépines, opioïdes), traite les pathologies ORL associées et veille à l'observance de la PPC. "Le généraliste prend le temps d'écouter son patient : évolution des symptômes, antécédents médicaux, vécu vis-à-vis d'un traitement qui lui a été proposé pour son Sahos. Son objectif est de favoriser l'observance, la qualité de vie et si possible, d'inclure le patient dans un parcours de soins coordonné", assure le Dr Lozat.

Au-delà de l'amélioration de la vie quotidienne, le traitement du Sahos réduit significativement le risque d'accidents cardiovasculaires, d'AVC, d'accidents de la route et donc, de décès. Une raison supplémentaire, selon le Dr Lozat, d'intégrer quasi-systématiquement le dépistage des apnées du sommeil dans la pratique.

* Chung F et al. J Clin Sleep Med. 2014 Sep 15; 10(9): 951–958. 

 

Références :

30ème congrès de la World Organization of National Colleges, Academies and Academic Associations of General Practitioners/Family Physicians (Wonca) Europe (30 juin, 3 juillet).D’après la session « Syndrome d’apnées obstructives du sommeil en médecine générale en France : du repérage au suivi des patients appareillés » (30 juin)

* Chung F et al. J Clin Sleep Med. 2014 Sep 15; 10(9): 951–958. 

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Jean-Stéphane HOUOT
568 points
Débatteur Passionné
Psychiatrie
il y a 15 jours
Chères consœurs, Chers confrères, Attention le SAHOS n’est pas la seule maladie du sommeil ! il y a le travail posté, l’insomnie, le travail de nuit, les douleurs inflammatoires ou arthrosiques, les trajets domicile-travail de plus de30 minutes aller. ll y a aussi les décalages de phases comme le sommeil couche-tard-lève-tard avec lever trop précoce même à 7h du matin. On peut avoir un IAH à 35/h et ne pas être régénéré par une PPC bien utilisée car il y a d’autres causes de fatigue ou de somnolence diurne (troubles thyroïdiens, corticoïdes, diabète, SEP ou Parkinson, carences en B12 ou Folates), le syndrome des jambes sans repos, La dépression, la bipolarité, le TDAH et le trouble du spectre autistique ont aussi des troubles de sommeil intrinsèques non encore explorés. L’insomnie est la première cause de troubles de sommeil, pas les apnées… La gestion d’une ventilation nocturne PPC n’est pas toujours banale. Et arrive l’aptitude à la conduite automobile selon l’arrêté de mars 2022 portant sur la compétence à la conduite automobile avec un permis temporaire de 3 ans pour les usagers d’une ventilation nocturne (personne n’est au courant, c'est normal) … Si vous faites des polygraphies ventilatoires nocturnes au domicile, bornez bien le début du sommeil et sa fin, isolez les séquences motrices intra-nuit et regardez aussi l’allure de la respiration, de la variation du pouls au-delà de l’IAH qui deviendra de moins en moins pertinent dans le futur au profit des symptômes, des indicateurs cardio, l’agitation corporelle… De nouveaux indicateurs vont arriver… Et puis , l’homme est allé sur la lune en 1969 avant de comprendre les cycles de sommeil et leur signification. Le prix Nobel des horloges de sommeil date de 2017. On ne connait pas grand-chose en fait… le continent le plus inconnu reste notre cerveau car on manque d’instruments fins et précis pour l’explorer. Le sommeil est un ensemble de fonctions ; ce n’est pas une anatomie fixée, ni un os fracturé, ou microbe ni une hormone déstabilisée avec des traitements établis sur des L’homme est un animal ! Tous les animaux dorment en en fonction de leur niche écologique, certains en volant, d’autres 5 sec 5000 fois/jour, ou debout sur 3 pattes, en apnées dans l’eau ou en réduisant leur métabolisme ; L’homme est primate, bipède, diurne, prédateur et social : il dort donc longtemps, avec des compagnons ou des conjoints, allongé en changeant de côté, la nuit, environ huit heures, endormissement en 15 minutes avec un éveil intra-nuit de 15 à 30 minutes et avec une sieste de 15 à 20 minutes en principe. Mais on a mesuré le sommeil statistique essentiellement de l’occidental des années 1950 à 1980, pas le papou mélanésien ou le pygmée d’Afrique centrale… Alors, c’est quoi le sommeil naturel ?
 
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