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L’importance d’un dépistage précoce des troubles cognitifs
Des troubles cognitifs même légers peuvent être annonciateurs d’une démence. Leur dépistage doit être réalisé de manière précoce, possiblement par le médecin généraliste, à l’aide de différents outils : tests adaptés, interrogatoire sur les antécédents d’AVC et examen de la motricité.
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"3 à 22 % des individus de plus de 65 ans ont des troubles cognitifs légers et on suppose que 50 % d’entre eux développeront une démence", a estimé la Dre Tatjana Mladenović, médecin de famille à Belgrade (Serbie). Définis par la Société Alzheimer du Canada comme un "état clinique caractérisé par des problèmes de mémoire, du langage, de la pensée ou du jugement qui sont plus graves que ce à quoi on pourrait s’attendre dans le cas d’un vieillissement normal", ces troubles doivent être identifiés précocement, notamment chez les patients à risque de démence, pour initier une thérapie avant toute aggravation.
L’avancée en âge et les antécédents d’accident vasculaire cérébral sont des prédicteurs d’une démence. Une analyse de 2 registres de soins primaires en Serbie, incluant 200 patients (89 hommes et 111 femmes), d’âge moyen 68 ans, qui ne se plaignaient pas de problèmes de mémoire mais étaient à risque accru de démence, a conclu que 30,5 % d’entre eux présentaient des troubles cognitifs légers. "Chaque année additionnelle accroît le risque de démence d’environ 11 %", a relevé la Dre Mladenović. Et les antécédents d’AVC multiplient par plus de 4 la probabilité de trouble cognitif. En revanche, " la glycémie élevée et la fonction rénale altérée, malgré leur rôle significatif dans les analyses univariées, n’ont pas conservé d’effet indépendant après ajustement dans l’analyse multivariée", a précisé la Dre Mladenović.
Association avec les troubles moteurs
L’altération de la mobilité constitue un autre indicateur du risque de troubles cognitifs. Dans le cadre d’une étude menée à Campo Grande au Brésil, 62 patients en bonne santé, d’âge moyen 67,7 ans, ont passé des tests cognitifs (Mini Mental State Examination – MMSE- et item 14 du Geriatric Depression Scale) et un test de mobilité fonctionnelle ("Timed up and go" : se lever d’une chaise, marcher 3 mètres, faire demi-tour, revenir, se baisser et se rasseoir), en étant équipés d’un capteur de mouvements. "23 participants (37 %) ont rapporté un déclin cognitif subjectif (préclinique et perçu par eux-mêmes). Ils étaient plus âgés, avaient un score plus faible au MMSE et mettaient plus de temps à effectuer le test de marche. Ils présentaient des troubles subtils de la mobilité, indiquant un potentiel début de dysfonction motrice plus large", a exposé le Pr Gustavo Christofoletti, professeur à l’Université fédérale de Mato Grosso do Sul (Brésil).
"Mettre en œuvre une stratégie effective pour surveiller les fonctions cognitives en soins de santé primaires est essentiel pour permettre une stratification du risque plus précise, une intervention rapide et une amélioration des soins préventifs", a-t-il plaidé.
Des tests à perfectionner
Cependant, les outils d’évaluation cognitive présentent des limites car ils dépendent de la langue, la littératie, l’éducation et du niveau socio-économique du patient. "Certains tests pourraient ne pas fonctionner comme prévu chez des populations diversifiées (minorités ethniques), contribuant à des diagnostics erronés ou retardés", a pointé Emma Elliott, chercheuse post-doctorante à l’Université de Manchester (Royaume-Uni). Des alternatives existent, comme le Cross-Cultural Dementia Screening, le Brief Assessment of Impaired Cognition Questionnaire (Basic-Q) ou le Rowland Universal Dementia Assessment Scale (Rudas) qui a montré "une sensibilité similaire au MMSE mais une meilleure spécificité (moins de faux positifs)", selon 11 études comparatives.
L’étude française Trocomege a confronté les résultats obtenus par un dépistage standardisé par le médecin généraliste (36 participants), avec les diagnostics établis par des cliniques de la mémoire. 211 patients âgés de 65 ans ou plus avec plaintes cognitives ont eu une évaluation initiale en 3 étapes : jugement clinique ; évaluation fonctionnelle (GPCOG) et jugement clinique ; évaluation cognitive (6CIT) et jugement clinique. "Cette stratégie montre une bonne performance pour déceler les troubles cognitifs légers ou la démence, mais une stratégie plus rapide, combinant jugement clinique et 6CIT, serait réalisable pendant une consultation de routine ou une consultation dédiée", a rapporté le Pr Laurent Letrilliart, médecin généraliste à Villeurbanne, professeur des universités à la faculté de médecine Lyon-Est. Le test prend en effet moins de 10 minutes.
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Références :
30ème congrès de la World Organization of National Colleges, Academies and Academic Associations of General Practitioners/Family Physicians (Wonca) Europe (30 juin, 3 juillet).D’après la session « Troubles cognitifs » (3 juillet)
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