@Bernard Chantal - stock.adobe.com
TDAH : les prescriptions de Ritaline ont explosé ces dernières années
Une étude réalisée en Ile-de France montre que les patients traités par méthylphénidate (MPH, Ritaline) ont fortement augmenté ces dernières années.
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Selon un courrier adressé aux praticiens par l’Assurance maladie, le nombre de patients traités par méthylphénidate (MPH) a augmenté de 122 % en Ile-de-France entre 2021 et 2025. Ils étaient ainsi 22 290 en 2025. La hausse apparait "plus marquée chez les adultes", précise l’Assurance maladie : + 142% contre +42% pour la population pédiatrique.
Ces chiffres sont issus d’une étude basée sur le Système national des données de santé (SNDS), au regard des données renseignées lors de la facturation des prescriptions de méthylphénidate en ville.
En 2025, le nombre d’adultes sous MPH est désormais supérieur au nombre d’enfants et adolescents traités en Île-de-France, souligne l’étude : 11 898 contre 10 401.
Selon l’Assurance maladie, plusieurs facteurs expliquent cette évolution. Tout d’abord, les extensions d’indications et de prise en charge des produits chez l’adulte, une modification des conditions de prescription depuis 2021, mais aussi "une amélioration du repérage et du diagnostic du TDAH avec la stratégie nationale 2023-2027 pour les troubles du neurodéveloppement".
Des recommandations de prescription non suivies
L’étude met, par ailleurs, en évidence un manque de suivi des recommandations de prescription. En effet, pour éviter les mésusages et le risque de dépendance, les autorités sanitaires ont encadré la prescription et la délivrance de MPH. En particulier, la prescription initiale et annuelle est réservée à certains spécialistes (neurologue, pédiatre ou psychiatre), après bilan pré-thérapeutique (le renouvellement étant possible par tout médecin), et sur ordonnance sécurisée.
Or, selon les nouvelles données, près d'un patient sur 5 en initiation de traitement n’a pas eu une première prescription de MPH par un spécialiste autorisé. Et seulement 42 % des adultes ont bénéficié d'une consultation de cardiologie et/ou d'un ECG.
Pour l'ensemble de la population traitée par méthylphénidate, 15 % n'a pas bénéficié d'une prescription annuelle en milieu hospitalier ou en ambulatoire par un médecin spécialiste.
Enfin, 2,1 % des patients ont eu plus de 4 médecins prescripteurs, et 0,6 % plus de 4 pharmaciens. "Ce nomadisme médical et/ou pharmaceutique" laisse "suspecter fortement un mésusage", considère l’Assurance maladie.
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