@Sri Asih/stock.adobe.com
Le jetlag alimentaire, une pratique courante, associée à une augmentation du risque cardiovasculaire
Une vaste étude française suggère que le décalage des repas entre la semaine et le week-end – ou jetlag alimentaire - aurait d’importantes conséquences sur la santé cardiovasculaire, mais uniquement chez les hommes.
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On savait déjà que les perturbations de l’horloge biologique – comme celles qui sont liées au travail de nuit, par exemple - entraînent une augmentation des risques sanitaires. Mais il existait, jusqu’à présent peu de données concernant les différences d’horaire de repas entre la semaine et le week-end. Or ce "jetlag alimentaire", en grande partie lié aux contraintes du travail et aux activités familiales, est fréquent et loin d’être anodin.
Pour en savoir plus sur les conséquences cardiovasculaires de ce phénomène, une équipe de chercheurs français s’est basée sur la cohorte NutriNet-Santé. Les données de 104 806 participants adultes, recrutés entre 2009 et 2023, ont été analysées.
Ces personnes étaient classées en 3 catégories en fonction de l’existence ou non d’un jetlag alimentaire, calculé à partir des horaires de la première et de la dernière prise alimentaire de la journée. Ainsi, dans le groupe "Avance", les repas étaient pris plus tôt le week-end par rapport à la semaine, avec en moyenne 2 h d’avance. Dans le groupe "Maintien", les fenêtres de prises alimentaires étaient pratiquement identiques entre la semaine et le week-end. Enfin, les patients du groupe "Retard", prenaient leur repas plus tardivement le week-end, avec en moyenne 1 h 40 de retard dans la fenêtre de prise alimentaire.
Pas de différence chez les femmes
Après élimination des facteurs confondants - tels que l’âge, le statut marital et le nombre d’enfants vivant au foyer, la catégorie socio-professionnelle, le tabac, l’alcool, mais aussi le niveau d’activité physique, la qualité de l’alimentation, ou encore la durée du sommeil - , les auteurs de l’étude ont alors pu observer que le jetlag, quelle que soit sa direction, avait un impact sur le plan cardiovasculaire, mais uniquement chez les hommes. Ainsi, chaque heure supplémentaire de jet-lag alimentaire augmentait le risque de maladies cardiovasculaires de +14 % en moyenne et plus spécifiquement celui de maladies coronariennes de +21 % en moyenne. Ces différences étaient observées dans les groupes "Avance" et "Retard" par rapport au groupe "Maintien". En revanche, chez les femmes, il n’y avait pas de différence significative.
"Plusieurs hypothèses peuvent expliquer cette différence", détaille un communiqué de l’Inserm, l’Inrae, l’Université Paris Cité, Sorbonne Université et le Cnam, qui accompagne la parution de cette étude. "La première serait liée à un dimorphisme sexuel, c’est-à-dire à des différences dans le fonctionnement physiologique entre les 2 sexes biologiques. La seconde serait liée aux différences dans les comportements de mode de vie et les situations socioprofessionnelles entre les femmes et les hommes dans la société, qui pourraient engendrer des rythmes différents."
Les auteurs restent prudents assurant que de nouvelles études sont nécessaires pour établir des liens de cause à effet. Cependant, pour Bernard Srour, directeur de recherche Inrae, et dernier auteur de ce travail, "cette nouvelle étude suggère qu’au-delà des prises tardives, la régularité des rythmes alimentaires entre les jours de semaine et le week-end paraît tout aussi importante. Ces associations semblent être indépendantes de la durée du sommeil, suggérant que la régularité des prises alimentaires pourrait indépendamment resynchroniser les rythmes biologiques."
Références :
Le Folcalvez, X., et al. Commun Med 6, 453 (2026). Communiqué de presse de l’Inserm/Inrae/Université Paris Cité/Sorbonne Université/le Cnam (1er septembre 2026)
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