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"Open bar des arrêts de travail" : une phrase "blessante" pour les médecins et les patients, dénonce MG France
En amont de son intervention devant le Medef, Edouard Philippe a affiché son intention de "mettre fin à l'open bar des arrêts de travail", qui creuse le déficit public et désorganise les entreprises. Une "formule" qui ne passe pas auprès du syndicat MG France, qui appelle à cesser de stigmatiser les médecins et les patients pour "responsabiliser" les employeurs.
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"Ce genre de petites phrases abîme notre pays. Elles sont inutilement blessantes pour les patients comme pour les médecins, et surtout déconnectées de la complexité des problèmes", assène MG France, dans un communiqué diffusé dimanche 30 août. Quelques jours plus tôt, en amont du débat des candidats à la présidentielle devant les patrons du Medef, Edouard Philippe avait affiché son intention de s'attaquer au problème des arrêts de travail, dont les dépenses d'indemnisation ont augmenté de 40% entre 2019 et 2025.
Pour l'ancien Premier ministre et candidat du parti Horizons, il faut "mettre fin à l'open bar des arrêts de travail", qui constitue "une dérive préoccupante", "pas simplement pour les comptes", mais aussi "pour l'activité des entreprises et des administrations" et "pour l'ambiance au travail", a-t-il déclaré auprès de l'AFP.
Citant l'Espagne en exemple, le maire de Reims propose de cibler les arrêts courts en instaurant pour les "arrêts ponctuels" un ou deux jours de carence "d'ordre public", c'est-à-dire qui ne pourraient faire l'objet d'aucune compensation de la part de l'employeur. Edouard Philippe souhaite également lutter contre "le phénomène de chantage à l'arrêt maladie en créant une période incompressible", de "trois, cinq ou six mois", "entre l'arrêt maladie et la rupture conventionnelle".
Chercher des boucs émissaires ne réglera pas aucun problème
Mais pour MG France, "ce n'est pas là que ce se joue l'équilibre des comptes". Les arrêts courts, "ceux qui saturent l’espace médiatique, représentent 4% de la dépense d’indemnités journalières", souligne le premier syndicat de médecins généralistes. La hausse des dépenses d'indemnisation, majoritairement imputable aux arrêts longs, s'explique largement par des facteurs économiques et démographiques, dont "le report de l'âge de la retraite" et par "la progression de la souffrance psychique", pointe MG France.
Le syndicat déplore "l’absence de propositions crédibles sur ce sujet et dénonce un système qui demanderait aux Français de travailler plus longtemps tout en étant moins malades, sans impliquer réellement l’employeur et en promettant des milliards d’euros de baisse de cotisations. Chercher des boucs émissaires ne réglera pas aucun problème."
Se tenant "à la disposition des candidats qui souhaitent réellement approfondir ces sujets", le syndicat appelle à "permettre des aménagements de poste et de temps de travail, notamment en fin de carrière", à "investir dans la santé au travail et la prévention en entreprise" et à "coordonner les prises en charge entre la médecine du travail, le cabinet du médecin traitant et le service médical de l’Assurance maladie". Soulignant "la responsabilité des employeurs", MG France propose, enfin, un "système de bonus/malus sur les cotisations couplé à une incitation ferme à la réinsertion dans l’emploi".
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