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Fluoroquinolones : encore trop de prescriptions inappropriées
Les médecins généralistes prescrivent encore trop souvent des fluoroquinolones de façon inappropriée. C’est ce qui ressort d’une nouvelle étude réalisée par Epi-Phare - groupement d'intérêt scientifique constitué par l'ANSM et la Cnam – qui a analysé l’évolution des prescriptions entre 2014-2023 à la lumière de l’évolution des recommandations.
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Ces antibiotiques sont en effet pourvoyeurs d’effets secondaires potentiellement graves : cardiaques, hématologiques, tendinopathies, neuropathies, photosensibilisation… Les autorités sanitaires ont donc progressivement restreint leur utilisation. Certaines molécules ont été retirées du marché, d’autres ont été réservées aux indications de 2ème ou 3ème ligne ... En 2016, la Haute Autorité de santé (HAS) a déconseillé leur utilisation dans les infections urinaires basses non compliquées et à titre prophylactique. Et en 2018-2019, l’Agence européenne des médicaments (EMA) a contre-indiqué ces molécules en cas d’infections légères ou spontanément résolutives.
Cependant, "malgré une baisse marquée des prescriptions", l’étude d’Epi-Phare montre qu’il persiste, à un niveau qualifié de "préoccupant", des prescriptions de fluoroquinolones non conformes à ces recommandations.
Ainsi, les scientifiques montrent que, globalement, les prescriptions de fluoroquinolones effectuées par les médecins généralistes ont baissé de 59% entre 2014 et 2023. Cependant, si 75% des prescriptions étaient conformes à l’autorisation de mise sur le marché (AMM) et aux recommandations anciennes de la Société de pathologie infectieuse de langue française (Spilf), datant de 2015, ce n’était le cas que de seulement 25% d’entre elles au regard des recommandations plus récentes (HAS 2016, et EMA de 2018/2019).
Des prescriptions non conformes étaient particulièrement fréquemment retrouvées chez les femmes et les patients âgés de 75 ans ou plus, ainsi qu’en cas d’infection urinaire ou de la prostate. Mais, pour les infections respiratoires ou ORL, aussi, "l’adhésion est restée faible", soulignent les auteurs : 20 à 40 % pour toutes les références.
Les auteurs concluent que "malgré la diminution de l’utilisation des FQ en médecine générale, de nombreuses prescriptions ne sont toujours pas conformes aux recommandations actualisées, ce qui met en évidence un écart persistant entre les pratiques cliniques et l’évolution des lignes directrices".
Références :
Communiqué d’Epi-Phare (20 avril) ; et Dilange L. et al. Therapies (8 avril)
https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0040595726000533?via%3Dihub
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