@Alexis Vignais / Egora
Pour ses 13e rencontres nationales, Reagjir veut en finir avec "l'image d’Épinal du médecin"
À l'occasion de l'ouverture des 13e Rencontres nationales du syndicat Reagjir, son président, Kilian Thomas, a abordé l'engagement différent de la nouvelle génération de médecins généralistes qui doit toutefois faire face à de nombreux clichés heurtant encore la profession. Des sujets qui seront au cœur des échanges, ce jeudi 4 et vendredi 5 juin, à Épinal. : "L’engagement des jeunes médecins généralistes reste entier et plus que jamais d’actualité", a assuré Kilian Thomas en lançant officiellement le congrès.
@Alexis Vignais / Egora
Pour lancer comme il se doit les treizièmes rencontres du Regroupement autonome des généralistes jeunes installés et remplaçants (Reagjir), la référence était inévitable. Kilian Thomas, son président, n'y a pas manqué. C'est en effet, au bout de quelques secondes de son discours introductif, que le médecin généraliste a évoqué "l'image d'Épinal". Une manière de rendre hommage au lieu accueillant l'événement, dont Egora est partenaire, mais aussi d'expliquer cette expression faisant référence à une vision "idéaliste", "embellie", "simpliste", et "le plus souvent déconnectée de la complexité du réel".
Des mots qui touchent également le monde de la médecine généraliste, selon Kilian Thomas, à travers notamment des patients nostalgiques "d'une ancienne génération" de médecins. "Qui n’a pas déjà entendu : "avant le docteur venait en visite", "le médecin me donnait son numéro personnel", "mon médecin me mettait sous antibiotique systématiquement et ça marchait", "mon médecin il travaillait plus"", énumère le président de Reagjir, devant l'assemblée. "L’image d’Épinal du médecin c’est cet homme, corvéable à merci, disponible à tout moment et qui répond positivement à toutes les demandes."
"La société, elle a changé"
Mais si les visites étaient plus fréquentes, "c’est parce que le transport individuel n’était pas démocratisé", si les numéros de téléphone étaient donnés, c'est car "’il n’y avait pas de permanence des soins organisée" ou "que certains médecins avaient peur de perdre leur patientèle au profit d’un nouveau et plus jeune collègue", justifie Kilian Thomas. Cela associé au fait qu'en 2026, "la société, elle a changé", relance le président de Reagjir, dans un discours tout en référence.
Ainsi, "les obligations personnelles" des médecins et l'évolution des besoins de santé, avec "l'explosion des maladies chroniques" ou encore l'augmentation des personnes en ALD, change la donne pour les jeunes généralistes. "Nous devons également faire face aux évolutions numériques, qui nous simplifient la vie, mais apportent aussi leur lot de contraintes, soucis d’identité, de sécurisation des données, sans parler de l’intelligence artificielle qui impacte déjà notre exercice."
Tout cela dans "un contexte démographique tendu" et un "contexte politique instable avec une valse de ministres inédites dans l’histoire de la Ve République" empêchant la mise en place "[d']une vision sur le long terme".
Face à ce contexte difficile, l'optimisme n'a toutefois pas disparu. "Les postes de l’internat en médecine générale sont tous pourvus", "à l’échelle de sa patientèle le médecin s’entoure d’une équipe" et "à l’échelle des territoires, il assume sa volonté de mener une politique d’aller vers". De quoi apercevoir les traits d'un engagement différent qui souhaite correspondre aux évolutions de la société.
"C’est pour cela que nous vous proposons un atelier sur la santé de la femme, une table ronde sur les violences faites aux patientes et patients", image Kilian Thomas évoquant également un atelier sur la gestion des retards en consultation et un autre sur le numérique. "Finalement ces ateliers sont à l’image de notre engagement : humain, porté vers l’avenir, pour une médecine pertinente, solidaire et libre." Et Kilian Thomas l'assure, pour ceux qui en douteraient : "L’engagement des jeunes médecins généralistes reste entier et plus que jamais d’actualité."
À ces mots se sont ajoutés ceux du maire d'Épinal, Benoît Jourdain, qui a notamment salué une "génération de médecin qui ne se contente plus de s'adapter mais souhaite être pleinement entendu" tout en indiquant que son territoire est "prêt" à les accueillir, et ceux du président du conseil départemental des Vosges, François Vannson, détaillant le panel de mesures que le territoire des Vosges met en place pour encourager les jeunes médecins à venir s'installer "dans le plus beau département de France". De quoi donner par la même occasion le coup d'envoi officiel de ces Rencontres nationales.
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